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Saturday, 26 January 2013 11:00

Rachat du bâtiment en construction de Gooljaury par la SICOM – La transaction fait polémique Featured

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Le ton a été donné par Paul Bérenger, samedi dernier. Il avait parlé d’un « nouveau scandale ». Cela en référence à une transaction entre la SICOM et Arushi Development Ltd. Il s’agit du rachat, par la SICOM, d’un bâtiment toujours en construction sur un terrain à bail de BPML à la Cybercité d’Ébène. Une transaction faite selon la formule de Vente en État Futur d’Achèvement au coût de Rs 591 620 860.
Après les « révélations » de Paul Bérenger, la semaine écoulée a été riche en rebondissements. Notamment les réactions de la SICOM, de Business Parks of Mauritius Ltd (BPML) ou encore de Khushal Lobine qui est à la fois le président de la SICOM et aussi actionnaire dans des compagnies où  Doomeswarsing (Rakesh) Gooljaury aurait des intérêts.

C’est en fait en 2008 que Doomeswarsing Gooljaury avait fait sa demande auprès de BPML pour l’obtention d’un terrain qui serait utilisé pour la construction d’un bâtiment qui, à l’achèvement des travaux, abriterait des activités du secteur des TIC. En avril 2009, deux arpents de terrain, situés à côté de la Cybertour No1, avaient été cédés à Arushi Development Ltd au sein de laquelle Doomeswarsing Gooljaury est actionnaire à 50 %.

Le terrain avait été cédé pour la somme de Rs 5 millions par arpent et Rs 600 000 annuellement comme loyer pour le bail. Toutefois, à la fin de 2010, les travaux n’avaient pas encore débuté. Début 2011, la SICOM devait entamer des négociations pour le rachat du projet d’Arushi Development. Le 12 janvier, la compagnie des Gooljaury écrit à BPML pour demander à ce que le bail soit transféré à la SICOM. Les choses ne devaient pas tarder puisque le lendemain BPML accède à la demande et souligne qu’elle n’a aucune objection à ce que les travaux débutent en novembre 2012.


Cependant, le début des travaux connaîtra plusieurs reports. Deux aspects sont aussi à souligner au sujet de cette transaction. Premièrement, la construction est toujours assurée par Rehm-Grinaker, le promoteur d’Arushi Development Ltd, et deuxièmement, la SICOM a signé le contrat pour reprendre le bâtiment des Gooljaury alors qu’elle n’avait pas encore emménagé dans son nouveau bâtiment de 14 niveaux, à Ruisseau du Pouce, à Port-Louis.

Les réactions n’ont pas tardé. Dès le début de la semaine écoulée, la SICOM a tenu à éclaircir les choses. Par le biais d’un communiqué, la SICOM explique que la transaction a été traitée « en toute transparence selon les principes de bonne gouvernance et selon les procédés d’investissement rigoureux de la SICOM ».
Même son de cloche au niveau de BPML. Son président, Dharam Naugah, affirme que tout a été fait dans la transparence et qu’aucun traitement de faveur n’a été accordé à l’homme d’affaires Doomeswarsing Gooljaury.

De son côté l’Icac veut comprendre les tenants et aboutissants de la transaction entre la SICOM et la compagnie de Doomeswarsing Gooljaury. Toutefois, pour le moment la Commission anticorruption préfère parler de collecte d’informations au lieu d’enquête. Le conflit d’intérêts allégué, estime l’Icac, serait d’ordre éthique, pas légal. Cela s’expliquerait par le fait que Khushal Lobine, le président de la SICOM, n’est pas actionnaire au sein d’Arushi Development Company Ltd qui a vendu le bâtiment en construction à la SICOM. L'Icac explore aussi un autre point.

À savoir que Doomeswarsing Gooljaury et Kushal Lobine sont partenaires au sein de Lubines Holdings Ltd. Toutefois, le président de la SICOM ne détient que 20 % des actions, et pour qu'il y ait conflit d’intérêts, il faudrait qu’il détienne au moins 30 % des actions.

Khushal Lobine ne voit pas conflit d’intérêts
Mardi dernier, Khushal Lobine s’est défendu et il insiste qu’il ne voit aucun cas de conflit d’intérêts. Son argument principal, c’est qu’il est à la présidence de la SICOM depuis janvier 2012 alors que la ‘letter of intent’ date de janvier 2011. Il insiste aussi sur le fait qu’il soit actionnaire dans une compagnie où les Gooljaury ont des intérêts ne l’empêche pas d’agir comme avocat. « Où est le mal si un client qui est un ami ou un proche retient mes services ? », s’interroge Khushal Lobine. « Je ne suis pas le conseil légal d’Arushi Development Limited. De plus, les procédures qui avaient été lancées avant mon arrivée à la SICOM devaient suivre leur cours », déclare-t-il.

Rajen Bablee, directeur exécutif de Transparency Mauritius : « Il faut une Freedom of Information Act »
Le peuple ne doit pas oublier que c’est lui qui détient le vrai pouvoir et pas les politiciens, estime Rajen Bablee, directeur exécutif de Transparency Mauritius, eu égard aux « scandales » qui se répètent. Il estime nécessaire l'introduction d'une Freedom of Information Act afin qu'il y ait plus de transparence dans les affaires publiques.

La vente du bâtiment en construction de M. Gooljaury à la SICOM pour Rs 600 millions n’est certes pas illégale, dit-on à l’Icac, mais elle pourrait poser un problème d’éthique. Vos commentaires.
Après la publication de plusieurs articles de presse faisant état de maldonnes alléguées, Transparency Mauritius a communiqué un dossier à l’Icac pour l’ouverture d’une enquête. Nous ne sommes pas en présence d’un premier rapport officiel de l’Icac sur la question. Il faut d’abord étudier tous les faits pour déterminer si cette vente pourrait cacher un acte illégal selon la Prevention of Corruption Act. Nous sommes dans un État de droit et une démocratie. Il est vrai que la perception est que cette affaire ne relève pas de l’éthique. À partir de là, il faut examiner quelles seraient les solutions à apporter.

Ce qu’il faut, c’est se focaliser sur les failles du système et voir comment on peut les éliminer. Un premier constat nous permet de dire que la définition des proches (relatives) dans la PoCA est limitée. Il faudrait amender les lois. Qui le fera ? Bien sûr, il appartient à l'Assemblée nationale d’apporter ces changements, mais en même temps, on réalise que toutes ces affaires concernent des politiciens et leurs proches. Voudront-ils changer quelque chose si le peuple ne les pousse pas à faire ces changements ?

> Les commerces du tandem Nandanee Soornack-Rakesh Gooljaury à l’aéroport de Plaisance ont été diversement commentés, tout comme la déclaration du CEO d’AML, Serge Petit. Il avait d’abord déclaré que Nandanee Soornack n’a aucun business à l’aéroport pour ensuite se raviser lorsque la presse l'a mis devant l’évidence. Que pensez-vous de tout cela ?
Je ne pourrais imputer des motifs à Serge Petit. Nous regrettons que les choses se soient passées ainsi. C’est une bonne chose que la presse ait réagi tout de suite et qu’elle ait fait un travail de fourmi pour rétablir les faits. Cela dit, des questions se posent autour des nominations politiques ou encore de la transparence pour les procédures publiques.

D’autre part, les politiciens affirment toujours qu’il faut respecter les institutions. C'est cohérent, mais il ne faut pas qu’ils fassent ce qu’ils veulent des institutions ou qu’ils y placent des pantins qui vont corrompre l’objectif réel de ces institutions. Il faut que ceux qui ont été choisis agissent comme des professionnels. Par ailleurs, on peut s’étonner et s’interroger sur les circonstances selon lesquelles les contrats ont été attribués à cette compagnie particulière. Transparency Mauritius espère que les autorités puissent démontrer clairement que les procédures ont été respectées.

> Manque-t-il de transparence dans la gestion des affaires de l’État ?
Effectivement, il y a un manque de transparence et de communication au niveau de la gestion des affaires de l’État. Plusieurs politiciens ont promis une ‘Freedom of Information Act’ mais, une fois au pouvoir, ils l’oublient. Pourquoi ? Quel est ce besoin de favoriser les agents politiques ou autres proches pour les postes publics ? Le pays n’appartient pas à une poignée de personnes et leurs proches. Si on affirme vouloir travailler pour le pays, il faut rechercher la compétence. C’est seulement de cette façon qu’on pourrait encourager nos jeunes et leur donner l’espoir d’une île Maurice meilleure.

> Avez-vous l’impression que la population est réellement consciente des enjeux ?
Nous ne pensons pas que la population soit dupe. Elle se sent souvent prisonnière d’un système qui favorise les puissants du jour. Le Mauricien n’est pas de la trempe à descendre dans les rues pour demander des explications.

Cela réconforte sans doute les politiciens de tous bords. Nous devons donc développer une stratégie appropriée pour que la population se sente concernée, participe aux débats publics et qu’elle pousse les politiciens à apporter les changements dans le respect de la démocratie. Nous étudions actuellement une telle stratégie car il est clair que jusqu’à présent, le public n’a pas eu le catalyseur adéquat. Mais il faudrait que, tôt ou tard, la population réalise que c’est elle qui détient le véritable pouvoir et qu’elle l’a simplement délégué aux politiciens… Il faut aussi que les membres du public cessent de se prosterner devant les politiciens ou qu’ils leur demandent des faveurs en monnayant leurs votes.



Last modified on Sunday, 27 January 2013 07:32
Le Defi Plus

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