28 November 2014
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Saturday, 29 December 2012 12:00

Économie – Les industries qui brilleront et celles qui traîneront la patte Featured

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Comment se porteront les différents secteurs économiques du pays en 2013 ? Nous avons posé la question aux principaux concernés. Gros plan sur leurs prévisions.
Textile – Et le sourire revient
«Le textile montre des signes de reprise. Tout semble indiquer que 2013 sera meilleure que 2012 », affirme Behary Panray, directeur de Highland Knits Ltd. Ahalia Sooknah, directrice d’Elisra Creations, abonde dans le même sens. « 2013 sera une année positive pour le secteur. La demande pour les vêtements haut de gamme et de la masse va progresser », fait-elle ressortir.

Hossen Nohur, directeur de Fine Textiles Ltd, s’attend d’ailleurs à ce que le textile ait entre 20 % et 25 % de commandes additionnelles en 2013. « D’une part, avec les élections prévues à Madagascar et au Bangladesh en 2013, les clients vont se tourner davantage vers Maurice et éviteront de passer leurs commandes dans ces pays au cas où il y aurait des risques d’émeutes. D’autre part, parce que les initiatives prises par Enterprise Mauritius pour booster le secteur devraient porter ses fruits », indique Hossen Nohur.

Les opérateurs devront, toutefois, faire face à plusieurs défis en 2013. « La pénurie de main-d’œuvre va s’accentuer. Nous nous attendons d’ailleurs à ce qu’une partie de notre personnel nous quitte en janvier car les Mauriciens ne veulent plus travailler dans le secteur. La relève est loin d’être assurée. Nous allons devoir dépendre de plus en plus des expatriés », soutient Behary Panray. Autre source d’inquiétude : le pays ne compte qu’une petite poignée de teintureries. « Certaines se sont délocalisées à l’étranger alors que d’autres ont fermé leurs portes. Nous aurons ainsi des difficultés à faire teindre nos tissus », affirme notre interlocuteur. Hossen Nohur ne cache, quant à lui, pas ses inquiétudes sur le taux de change. « Si l’euro baisse, cela risque d’affecter les opérateurs », indique-t-il. 2013 sera une année en demi-teinte pour le textile !

PME – Le logo mauricien très attendu
Après la pluie, le beau temps…. Maya Sewnath, directrice de SSS Furniture, affiche de l’optimisme pour 2013.  « Pas mal de mesures ont été annoncées dans le Budget. Nous nous attendons à une année positive. Il y aura une certaine reprise surtout après l’injection du PRB dans l’économie », souligne l’entrepreneur. Des attentes, Ketty Meunier, femme entrepreneur spécialisée dans la confection des bijoux fantaisies, en a également : « La SMEDA et le ministère de tutelle ont promis beaucoup de choses aux PME en 2013. Nous nous attendons donc à un certain développement dans le secteur ».

La plus grosse attente des PME en 2013 reste l’introduction d’un logo pour les produits fabriqués localement. « Ce logo, qui devrait devenir une réalité l’an prochain, est très important pour les PME. Il permettra aux Mauriciens d’identifier les produits fabriqués au pays », soutient Ketty Meunier. Affectées par l’invasion des produits importés où la qualité n’y est pas toujours, les PME réclament, par ailleurs, plus de contrôle de la part des autorités. D’autant plus, soutient Ketty Meunier, « le risque que les PME mettent la clé sous le paillasson n’est pas à écarter si les produits importés augmentent ».

L’accès au financement reste l’autre gros souci des PME. « Les banques sont réticentes à accorder des emprunts aux entrepreneurs. Et quand elles le font, elles sont très exigeantes envers les PME. D’autre part, les conditions pour obtenir un emprunt sont uniformes, que ce soit pour les grosses et les petites entreprises.

Ce qui est loin d’être à l’avantage des petits entrepreneurs. Il faudrait des prêts adaptés pour les PME », recommande Maya Sewnath. Elle insiste aussi sur la nécessité pour les PME de se moderniser et de saisir des opportunités. « Si elles se cantonnent à la façon traditionnelle dont elles ont l’habitude de faire du business, elles ne vont jamais décoller. Il faudrait que la SMEDA et d’autres institutions aident à former les PME et mettent à leur disposition des plates-formes où elles pourront trouver des opportunités », recommande notre interlocutrice.

TOURISME – Entre pessimisme et manque de visibilité
Le directeur de Lux Grand-Gaube s’attend à un « très bon pour janvier ». « Nous affichons complet pour le premier mois de l’année. Toutefois, nous manquons de visibilité à partir des mois de mars/avril », explique Brice Lunot.

Une chose est sûre. L’accès aérien restera, comme en 2012, le grand défi du secteur touristique. « Les vols supplémentaires sur Shanghai à partir de janvier et la venue d’un nouvel opérateur qui assurera la ligne Maurice-Italie vont dans le bon sens. Il est certain que l’accent sera mis sur les marchés émergents. Déjà en 2012, il y a une mixité au niveau de la clientèle. Il y a aujourd’hui une diversification plus importante des marchés », fait ressortir Brice Lunot.

Dave Ozageer, directeur de Crystals Beach Resorts & Spa, exprime, pour sa part, quelques réserves. « Il n’y aura pas de grands progrès par rapport à 2012. Des efforts ont été faits au niveau de l’Asie, mais les résultats de ce travail de préparation sur les marchés émergents ne seront visibles qu’à partir de 2014 », affirme-t-il.

Bissoon Mungroo,  président des petits et moyens hôtels est, quant à lui, carrément pessimiste. « 2013 risque peut-être même d’être pire que 2012 pour la simple et bonne raison qu’il n’y a pas de cohérence en termes de marketing entre le gouvernement et les acteurs de l’industrie ». Jusqu’ici, soutient-il, il n’y a eu que des « campagnes de promotion au compte-gouttes » sur les marchés émergents « alors qu’on aurait dû mettre les bouchées doubles pour attirer ces touristes ».

Si certains opérateurs sont confiants qu’on pourra atteindre la barre de 1 million de visiteurs comme le prévoit Statistics Mauritius en 2013, Bissoon Mungroo est, lui, d’avis que le nombre d’arrivées stagnera toujours autour des 900 000 visi­teurs. « Les reve­nus ne grimpent pas de la même proportion que les arrivées touristiques. Tout comme en 2012, les recettes touristiques seront médiocres. Cela est dû aux promotions et autres braderies des prix qui sont pratiqués dans l’industrie », renchérit Dave Ozageer. D’autre part, conclut-il, les opérateurs seront toujours confrontés à une hausse des coûts de production et à un problème de manque de main-d’œuvre professionnelle.

Secteur financier – Les yeux rivés vers l’Afrique
Banques, assurances, offshore… Dans ces trois secteurs d’activités, l’Afrique sera omniprésente en 2013. « Si la santé du secteur bancaire dépendra du climat de l’économie en général notamment de l’évolution des secteurs clés (tourisme, manufacturier…), les banques vont se positionner pour saisir davantage les opportunités de croissance qui se présentent en Afrique et en Asie », soutient Danny Balluck, ‘Chief Financial Officer’ chez Bank One.
Qu’en est-il du secteur des assurances ?

« Le secteur des assurances subira les répercussions indirectes de la crise. Si l’économie va mal, dans le business et le commerce, on ne va pas prendre de nouvelles assurances. Au niveau individuel, les gens seront plus prudents. Si une personne perd son emploi ou n’obtient pas une hausse des salaires, il va couper ses dépenses et l’assurance sera la première affectée », affirme Abdel Ruhomutally, ‘Deputy Managing Director’ de la GFA Insurance. D’ores et déjà, soutient-il, toutes les compagnies d’assurances perdent de l’argent au niveau de l’assurance générale. « La compétition est féroce et malsaine car tout le monde est en train d’écraser les prix. Les  primes continueront donc à baisser ».

N’empêche, la croissance sera quand même au rendez-vous. « Nous aurons une croissance de l’ordre de 4 % ou 5 % et non d’environ 15 % comme lors des années précédentes. Le marché est très restreint et les opportunités de grandir sont limités. Nous n’avons qu’une population de 1,2 million d’habitants. Plusieurs compagnies ont d’ailleurs entamé des négociations pour viser l’Afrique où les perspectives de croissance sont beaucoup plus grandes », indique Abdel Ruhomutally.

Dans l’offshore, on lorgne également du côté du Conti­nent noir. « L’Afrique repré­sente beaucoup d’opportunités. Il faut toutefois aller vers elles. Il ne faut pas croire qu’en restant à Maurice, elles vont venir vers nous. Les opérateurs, la FSC, le Board of Investment et le gouvernement doivent s’impliquer dans cette quête d’opportunités en Afrique. C’est sur cette quête que nous devons concentrer nos efforts et non sur les régulations », recommande Penny Hack. L’avocat d’affaires craint que la régulation va accroître « en sévérité » avec la nomination d’un nouveau ‘Surveillance Officer’ à la Financial Services Com­mission (FSC).

« Notre juridiction déjà bien régulée. Je ne vois pas la nécessité d’avoir un tel officier », soutient-il tout en affirmant que le prélèvement des frais en se basant sur le chiffre d’affaires des ‘Managements Companies’ ressemble étrangement à une taxe supplémentaire. « Cela risque d’affecter les petites et mo­yennes entreprises dans le secteur ». 2013 ne sera donc pas de tout repos pour l’ensemble du sec­teur financier.

TIC – Une croissance entre 9 % et 11 %
Le secteur des technologies de l’infor­mation et de la communication (TIC) continuera à être le bon élève de l’économie mauricienne. Ce n’est pas Roshan Seetohul, président de l’Outsourcing & Telecommu­nication Association of Mauritius (OTAM), qui dira pas le contraire. « La croissance restera dans la fourchette de 9 à 11 % en 2013. Avec les mesures que les autorités sont en train de prendre, les grandes entreprises vont mieux faire. Toutefois, les petites entreprises seront en difficulté. La rigueur et la discipline doivent être de mise en 2013 », soutient-il.

Pour Sanjay Mungur, directeur d’EMS Consulting et d’Artcom Outsourcing, le secteur ne connaîtra pas de « progrès importants » pour diverses raisons. « La Tunisie, le Maroc et les autres pays maghrébins seront plus stables en 2013 par rapport aux deux années précédentes. Les investisseurs qui choisissaient Maurice durant le Printemps arabe risquent de retourner vers ces pays. D’autre part, avec la crise, les projets de développement et d’expansion de nos clients européens seront mis au frigo. Le ‘cost cutting’ se fera probablement aussi sentir en Europe », soutient-il. Autre facteur qui joue contre nous : une connectivité à l’Internet qui n’est toujours pas très avantageuse.

Le manque de main-d’œuvre qualifiée fera également tache en 2013. « Avec le retard dans la mise en place de l’ICT Academy et le manque de support du Human Resource Development Council (HRDC), les choses vont lentement à ce niveau. Tous ces facteurs font qu’il n’y aura pas d’ascension importante dans le secteur en 2013. Ce sera plus une année de stabilisation », avance Sanjay Mungur.

Roshan Seetohul demeure tout de même optimiste pour l’avenir du secteur. Il s’attend notamment à ce que le secteur monte en gamme en 2013 et à ce qu’il y ait plus de valeur ajoutée dans les opérations. « Le concours du Board of Investment sera très recherché en 2013 pour attirer d’autres investisseurs. D’autre part, nous devons prendre les devants pour accroître notre avance dans la région et jouer le rôle de leader dans cette partie du monde. Il faudra aussi donner un coup de pouce pour que Rodrigues puisse être partie prenante de ce développement », soutient-il, tout en insistant sur l’importance de la poursuite du dialogue public-privé pour atteindre les objectifs fixés.

CONSTRUCTION – Les licenciements ont déjà commencé
«2013 demeurera une année très difficile. La crise fera toujours rage », observe Gérard Uckoor, président de l’Association of Small Contractors. Vikash Nuckcheddy, ‘Commercial Manager’ chez Building & Civil Engineering Co. Ltd, se montre plus catégorique. « 2013 sera pire que 2012. Il ne faut pas oublier que la construction est reliée à la santé de l’économie en général. Avec le chômage qui est en hausse, la priorité des jeunes c’est d’abord de trouver un emploi. La construction d’une maison ne devient que secondaire », soutient-il.

Outre une baisse au niveau de la construction des maisons individuelles, les opérateurs notent aussi que la rénovation des hôtels, qui intervenait habituellement tous les cinq ans, se fait rare en raison de la baisse des arrivées touristiques. Le salut ne viendra également pas de la construction des bâtiments commerciaux et autres ‘shopping malls’ où l’on note déjà un trop-plein.

Affectés par la « concurrence déloyale » des constructeurs étrangers et la « rigidité » des banques à accorder des emprunts, les opérateurs lancent un appel aux autorités. « Il faut que le gouvernement vienne de l’avant avec des mesures financières ou fiscales pour attirer les investisseurs », recommande Vikash Nuckcheddy. D’autant plus, soutient-il, que le défi des opérateurs en 2013 sera de préserver les emplois. « Des compagnies ont déjà commencé à dégraisser en 2012. Si les opérateurs n’ont pas de nouveaux contrats, ils n’auront d’autre choix que  de licencier car il ne leur sera pas facile pour eux de sauvegarder tous les emplois », soutient-il. Quant à Gérard Uckoor, il recommande aux autorités d’accorder aux petits opérateurs une « social commission » de 10 % pour tout projet dépassant les Rs 100 millions que ce soit dans le privé ou le public.



Last modified on Saturday, 29 December 2012 08:41
Christina Vilbrin

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