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Saturday, 05 January 2013 12:00

Rashid Imrith (syndicaliste) : « Il est faux de dire que les fonctionnaires ne sont pas productifs » Featured

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98 % des fonctionnaires reprendront le service cette semaine, estime Rashid Imrith. Pour le président de la Government General Services Union, les réalisations des fonctionnaires ne sont pas assez connues. D’où son insistance pour qu’en 2013, les employés de l’État obtiennent la reconnaissance qui leur est due.
> On a enregistré un fort taux d’absentéisme, soit de plus de 30 %, à la reprise des activités dans la fonction publique le 3 janvier. Cela a-t-il eu des répercussions ?
Je salue le courage de la majorité des fonctionnaires qui ont bravé le mauvais temps tout en prenant le risque de laisser leurs enfants à la maison pour venir travailler les 3 et 4 janvier. Les fonctionnaires qui se sont absentés verront leur travail accumulé. Certains devront emmener du travail chez eux, d’autres rattraperont leur retard pendant l’heure du déjeuner. Ils devront, dans les deux scénarios, redoubler d’effort. Tout devrait, toutefois, retourner à la normale cette semaine. 98 % des fonctionnaires vont reprendre du service à partir de ce lundi.

> Selon le ministre de la Fonction publique, ce fort taux d’absentéisme n’est pas sans conséquence sur l’économie…
Je n’ai pas trouvé que les activités économiques ont tourné au ralenti. Tous les bureaux étaient ouverts (Registrar of Compagnies, les caisses de la sécurité sociale…). Toutefois, il y a eu moins de circulation et de visites dans ces bureaux en raison du mauvais temps. Le taux d’absentéisme aurait été moins élevé s’il n’y avait pas de cyclone. Par ailleurs, ce taux aurait été le même s’il y avait du mauvais temps au milieu de l’année.

> N’empêche, le taux d’absentéisme est toujours élevé dans la Fonction publique le 3 janvier…
Le taux d’absentéisme est normalement de l’ordre de moins de 25 %. Cette année, c’est légèrement plus, mais moins de 50 %. Les gens que ce soit dans le public et le privé ont repris du service à partir du 3 janvier. Il faut que le gouvernement revoie sa politique. Il y aurait dû avoir un « skeleton staff » qui vienne travailler le 3 janvier, notamment ceux qui n’ont pas des obligations familiales et autres contraintes. À condition, toutefois, que cette équipe obtienne des congés en replacement au cours du même  mois.  Le même principe doit être adopté en cas de fortes intempéries comme un cyclone ou des pluies torrentielles.

> Ne fallait-il pas compte tenu du temps cyclonique accorder un jour de congé supplémentaire aux fonctionnaires ?
À Maurice, on a tendance à regarder l’économie en termes d’argent et on néglige souvent les coûts et les bénéfices sociaux. Certains fonctionnaires ont dû avoir recours aux Day Care Centres pour qu’on surveille leurs enfants pour qu’ils puissent venir travailler le 3 janvier. Ils peuvent tomber malade avec le mauvais temps. Ce qui implique un coût social. C’est la raison pour laquelle j’insiste pour que le gouvernement revoie sa politique quand il y a des intempéries.

> Pour vous, les fonctionnaires ont mal débuté 2013…
En effet ! 2012 s’est terminé sur une mauvaise note pour les fonctionnaires quand le gouvernement a pris la décision qu’il n’y aurait pas de fête de fin d’année pour eux en raison de la situation économique difficile. Et cela malgré le fait que ces employés apportent leur contribution financière pour l’organisation de cette fête. Le gouvernement a été mal inspiré. Les employés sentent que leur vie sociale n’est pas prise en considération et cela leur est resté en travers de la gorge. Cela aura un impact sur la productivité des fonctionnaires. Il n’est pas encore trop tard pour revenir sur cette mauvaise décision. 

> Comment se porteront les activités dans la fonction publique en cette nouvelle année ?
Les fonctionnaires sont conscients de leur contribution dans le développement du pays. Ils veulent offrir un service sans faille aux consommateurs et ils sont conscients de leurs exigences. Les Mauriciens veulent un service rapide et les fonctionnaires luttent pour être à la hauteur. Les comptoirs aux services interrompus durant les heures de déjeuner, les services d’e-government, le Programmed-Based Budget sont autant de réalisations qui ne sont pas vulgarisées. Par conséquent, les gens pensent que les fonctionnaires sont laxistes et ne vont pas dans le sens du progrès. Le travail des fonctionnaires n’est pas assez connu du grand public. Nous devons nous engager en 2013 à adopter une politique de portes ouvertes de toutes les instances de la fonction publique. Nous ne nous faisons pas assez connaître. C’est pourquoi nous faisons l’objet de tant de critiques.

> Avec le paiement du PRB en janvier, plusieurs observateurs s’attendent à une plus grande performance dans la fonction publique. Est-ce à dire que les fonctionnaires sont sous-productifs ?
Il n’y a eu aucune étude scientifique qui démontre que les fonctionnaires ne sont pas productifs. Si nous offrons des services au public, dans le secteur privé on ne pense qu’à faire des profits. Si nous n’étions pas productifs, les 125 000 personnes éligibles pour obtenir une ‘Social Aid’ n’auront pas obtenu leur pension à temps ou encore nos services hospitaliers et notre système éducatif n’auraient pas fonctionné. Les gens doivent, toutefois, réaliser que nous avons des contraintes (manque de personnel…).

Une de ces contraintes est la bureaucratie qui est un mal nécessaire dans la mesure où elle apporte la transparence, la bonne gouvernance et la redevabilité (accountability). Les questions parlementaires, le Public Accounts Committee, l’Ombudsman et l’audit sont autant d’instruments qui nous permettent de suivre un système transparent. Ce qui permet aux gens de comprendre comment sont gérés les fonds publics.



Christina Vilbrin

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