1. La crise et ses conséquences. « La croissance dans la construction a été très forte ces dernières années dopée, depuis 2007, par les arrivées des projets d’Integrated Resorts Scheme (IRS). La barre a été placée haut. Mais avec la crise, les projets IRS – il n’y a que 12 projets qui ont été approuvés jusqu’ici – ont fléchi terriblement », indique Bhooshan Ramloll, vice-président de la Building & Civil Engineering Contractors Association (Baceca). Crise oblige, moins de promoteurs se sont aventurés dans la construction ces dernières années. Autre conséquence : les banques sont devenues plus strictes pour l’octroi des prêts, avancent les opérateurs.
Toutefois, les opérateurs gardent espoir notamment avec l’émergence des projets Real Estate Scheme (RES), qui sont des mini villas. 55 projets ont été approuvés à ce jour. « La situation aurait pu être plus grave », soutient Bhooshan Ramloll qui s’attend à une stabilisation dans le secteur. « Toutefois, ce sera difficile de revivre le boom de ces dernières années », fait ressortir notre interlocuteur.
2. Manque de main-d’œuvre. Les années passent et le problème de manque de main-d’œuvre est toujours d’actualité. « Même en décroissance, le secteur manque de main-d’œuvre. Cela a fait monter le coût de la construction, décourageant dans la même foulée les promoteurs », se désole Bhooshan Ramloll. D’où son insistance pour que les autorités facilitent l’importation de la main-d’œuvre étrangère pour relancer le secteur « qui devient difficile et très coûteux ». « Avec l’absentéisme des travailleurs mauriciens, la productivité a baissé alors que d’autre part, la main-d’œuvre locale coûte plus cher », déplore-t-il.
3. Concurrence étrangère. Ces derniers temps, les opérateurs ne cessent de crier à la concurrence déloyale. Et pour cause, les opérateurs étrangers sont favorisés pour la majorité des projets d’infrastructures publiques. « Le gâteau est partagé entre les firmes étrangères. C’est une vraie catastrophe pour les opérateurs mauriciens. Le gouvernement aurait dû favoriser les Mauriciens », recommande Jean-Michel Giraud, directeur général de l’United Basalt Products (UBP).
4. Marché bientôt saturé. Les opérateurs ne se bercent pas d’illusion. Tôt ou tard, il y aura une saturation de bâtiments en béton à Maurice. « On ne peut pas construite toute l’île Maurice. Le marché est petit. Bientôt, il y aura une saturation », prévient Bhooshan Ramloll. D’ores et déjà, on parle dans l’industrie d’une saturation de shopping malls. Ce qui pousse les opérateurs à penser à d’autres options. Et notre interlocuteur de conclure : « Il est temps de penser à sortir de Maurice et à réfléchir sur les possibilités qu’offrent l’Afrique et les îles de la région afin d’y exporter nos services. « Il faut dégager une stratégie commune et structurée qui permettra à l’ensemble du secteur d’aller dans cette direction ».
18 May 2013

Saturday, 12 January 2013 12:00
Le seul secteur en décroissance en 2013 – Les 4 raisons derrière l’effondrement de la construction Featured
L’industrie du bâtiment sera le mauvais élève de l’économie mauricienne en 2013. Après une décroissance de l’ordre de 2,9 % en 2012, la construction ne sortira pas de l’auberge cette année avec une contraction de 2 %. Gros plan sur les facteurs qui expliquent pourquoi le secteur est passé d’une période de boom à celle de vaches maigres.
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Published in Economie
Christina Vilbrin
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