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Saturday, 16 February 2013 12:00

Quand Dame Nature influe sur l’économie – Ces secteurs qui ont tremblé... Featured

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Des retards à rattraper, des heures supplémentaires à payer, des clients à rassurer… Le jour de congé forcé imposé mercredi en raison des pluies diluviennes ont bouleversé le fonctionnement de divers secteurs. Hommes d’affaires, patrons d’entreprises et autres opérateurs reviennent sur ce mercredi teinté de panique. Tour d’horizon. 
AGRICULTURE – Des difficultés financières en vue
Certains champs de légumes font peine à voir. Il y en a qui ont été inondés, d’autres où des légumes ont été déracinés par l’eau. « Environ 30 % à 35 % des cultures vivrières ont été affectées. Les légumes qui s’y trouvaient sont irrécupérables », se désole Kreepalloo Sunghoon, secrétaire de l’Association des petits planteurs.  Pour des planteurs, le manque à gagner est conséquent. A titre d’exemple, pour un marchand de pomme d’amour, c’est un investissement de Rs 100 000 qui est parti à l’eau. Le manque à gagner pour les planteurs  des plantes filantes (patole, pipangaille, giraumon et calebasse…), est de Rs Rs 30 000 à Rs 40 000.

« Beaucoup de planteurs se trouvent aujourd’hui dans une situation financière difficile. Plusieurs d’entre eux vont se tourner vers les banques, mais leur cause est déjà perdue. Ils n’obtiendront pas de nouveaux prêts, vu qu’ils n’ont pas encore remboursé leurs anciens emprunts », souligne Kreepalloo Sunghoon.  De nombreux planteurs devront tout reprendre à zéro. « Il faudra retravailler la terre et remettre des fertilisants avant de pouvoir recommencer à planter », explique notre interlocuteur. Au niveau de l’industrie sucrière, on se désole devant l’accumulation d’eau dans les champs de canne, notamment dans le Nord, par exemple à Arsenal, Calebasse et Pamplemousses. Certaines régions du Sud sont également touchées. Il ne fait aucun doute que les pluies torrentielles de mercredi laisseront un goût amer aux planteurs.

SECTEUR D’EXPORTATION – Un manque à gagner de Rs 200 M ­­à rattraper
Les activités des entreprises d’exportation ont été affectées mercredi, estime l’industriel François de Grivel. « Nous avons perdu une journée de production, soit environ 0,5 % du chiffre d’affaires annuel de l’ensemble du secteur. Ce qui représente un manque à gagner de Rs 200 millions qui doit être rattrapé en partie », affirme-t-il. Pour Danielle Wong, directrice de la Mauritius Export Association (MEXA), les commandes ont été affectées et il faudra « mettre les bouchées doubles pour rattraper le retard accumulé ». Des heures supplémentaires devront donc être payées pour rattraper le retard encouru.  « Cette décision d’arrêter hâtivement les activités économiques a créé un sentiment de panique. Certes, il y a eu beaucoup d’accumulation d’eau dans certains endroits, mais les pluies torrentielles ont beaucoup ralenti vers midi », soutient François de Grivel.

« Il y avait un vent de panique qui a été assez difficile à gérer. Certaines entreprises ont renvoyé leurs employés chez eux assez rapidement, mais elles ont gardé les ouvriers étrangers pour ne pas affecter le délai de livraison pour les commandes. D’autres ont attendu avant de renvoyer les employés pour qu’ils ne soient pas bloqués dans les embouteillages. Il faut dire aussi qu’il était plus dangereux de relâcher les employés tôt que de les garder, d’autant plus que le temps s’est adouci en début d’après-midi », renchérit Danielle Wong. A savoir que les membres de la MEXA travaillent actuellement sur des recommandations pour qu’un système d’alerte soit introduit en cas de pluies diluviennes comme c’est le cas pour les cyclones. « Les pluies torrentielles deviendront récurrentes surtout avec le problème de changement climatique. Nous devons mettre en place une structure pour que ce type de situation soit mieux géré à l’avenir », recommande Danielle Wong.

SECTEUR FINANCIER – Rassurer les clients
Les banques ont fermé leurs portes à 13 heures mercredi. Pour Danny Balluck, ‘Chief Financial Officer’ chez Bank One, cette fermeture forcée n’a pas eu vraiment d’impact. « Les activités bancaires sur le marché domestique n’ont pas été affectées, vu qu’il y avait un ralentissement. Par contre, l’offshore banking a été affectée. Ce qui s’est passé mercredi est un cas de force majeure et les clients ont compris la situation », résume-t-il.  Ceux qui investissent en Bourse ont fait preuve de la même tolérance.

« Sur les places étrangères, tout le monde travaillait normalement. D’ailleurs, il y avait des transactions régulières sur la Bourse de Maurice à la fermeture du marché à midi. A titre d’exemple, quelque 600 000 titres avaient été échangés sur Sun Resorts ce jour-là. Les clients étrangers ont exprimé leur sympathie et ont espéré de tout cœur que la situation ne se dégrade pas », indique Neeraj Umanee, ‘Manager’ chez Anglo-Mauritius Stockbrokers. Qu’en était-il dans le secteur offshore ? « Cette décision d’arrêter les activités économiques était une urgence quoique nous regrettons qu’elle n’ait pas été prise plus tôt. De nombreux professionnels ont donc travaillé chez eux, vu que la majeure partie du travail se fait en ligne », précise l’avocat d’affaires Penny Hack.

BPO-TÉLÉCOMMUNICATION – La perturbation du réseau d’Orange décriée
« Nous avons été pris de court par le communiqué de la Fédération patronale qui recommandait aux entreprises de cesser leurs opérations le plus tôt possible. Il y a eu pas mal de confusion parmi les entreprises s’il fallait laisser les employés partir tôt au risque d’être bloqués dans les embouteillages alors que le souci était d’assurer le confort et la sécurité des employés », relate  Roshan Seetohul, président de l'Outsourcing and Telecommunications Association of Mauritius (OTAM). Les entreprises du secteur, poursuit-il, ont également eu des difficultés à expliquer aux clients ce qui se passait à Maurice étant donné qu’il n’y a pas de protocole pour les pluies torrentielles comme c’est le cas pour un cyclone. « Il faudrait qu’il y ait des alertes comme pour des cyclones pour éviter que le même scénario ne se répète à l’avenir », recommande-t-il.  Roshan Seetohul déplore, dans la même foulée, la perturbation sur le réseau de téléphonie mobile d’Orange.

« Nous avons eu des difficultés pour entrer en contact avec des collaborateurs. Nous espérons que les autorités prendront des mesures adéquates si un tel incident se reproduisait », soutient-il. « Nous comprenons qu’il y avait une situation d’urgence. Toutefois, le téléphone est important dans ce genre de situation. C’est le moyen de communication par excellence pour régler le problème. Ces perturbations ont paralysé le secteur pendant plusieurs heures », renchérit Didier Samfat, directeur de Synergis, c’est dramatique.  Des manques à gagner sont également à déplorer. « Nous avons dû fermer l’entreprise. Nous n’avons donc pas eu d’activité commerciale. Tout cela comporte un coût », avance Ganesh Ramalingum, président exécutif de DCL, dont la société évolue dans le secteur de l’informatique et de la télécommunication.

...sous les pluies torrentielles
SEAFOOD – Retard dans les livraisons
Bahim Khan Taher, directeur de Hassen Taher Seafood (Mauritius) Ltd, n’est pas prêt d’oublier cette folle journée de mercredi. « Les livraisons ont été perturbées. Nous n’avons pu effectuer des livraisons dans les hôtels, les restaurants et le commerce en général. C’est un manque à gagner de Rs 200 000 pour l’entreprise », soutient-il. Darmen Nandee, un des directeurs de Raphael Fishing, y va également de son commentaire. « Outre les démarches à faire pour renvoyer les employés chez eux, pas mal de commandes et de livraisons à effectuer sont restées en suspens. Notre bateau a même dû rester à quai pendant deux jours. Nous avons aujourd’hui pas mal de pression de travail, des retards à rattraper et notre manque à gagner s’élève à plus de Rs 200 000 ». Pour Darmen Nandee, cette « perturbation extraordinaire » aurait pu être évitée si la météo avait informé les Mauriciens de sa décision de mettre une alerte de pluies torrentielles très tôt le matin pour éviter que les gens ne se retrouvent déjà en route pour le boulot.

CONSTRUCTION – Des dégâts matériels à déplorer
Le spectacle est désolant. Sur certains chantiers de construction, des énormes dégâts matériels sont à déplorer. Des fouilles et des installations effectuées sont sous l’eau. Des équipements comme des pompes à eau, y compris des échafaudages, ont été emportés par la pluie. Tel est le constat de Vikash Nuckcheddy, ‘Commercial Director’ chez Building & Civil Engineering Co. Ltd. Autre observation : les travaux sont en mode ralenti. « Nous aurons à rattraper deux à trois jours de retard car il faudra pomper l’eau et effectuer à nouveau certaines installations. Ce n’est qu’à partir de lundi que le secteur reprendra pleinement ses activités », indique-t-il. Entre-temps, les opérateurs devront faire face à des manques à gagner significatifs. A titre d’exemple, le manque à gagner de la Building & Civil Engineering Co. Ltd est de Rs 1 million sur l’ensemble de ses projets.

BILAN FINANCIER



UBP : Bénéfices de Rs 183,1 M
Les profits de l’United Basalt Products sont passé de Rs 225,9 millions pour les six mois de l’année se terminant au 31 décembre 2011 à Rs 183,1 millions pour la période correspondante en 2012.

Ciel Textile : Profits de Rs 215,1 M
Ciel Textile a enregistré des bénéfices de Rs 215,1 millions pour le semestre terminant au 31 décembre 2012 contre Rs 228,5 millions durant la période correspondante en 2011.

Moroil : Bénéfices de Rs 34 M
Les profits de la Mauritius Oil Refineries Limited (Moroil) pour le semestre se terminant au 31 décembre 2012 s’élèvent à Rs 34 millions contre Rs 46 millions en 2011. Un déclin qui est attribué à une baisse des ventes de l’huile raffinée et brute.

Médine : Des pertes de Rs 6 M
Médine Limited n’affiche pas la grande forme. Le groupe a réalisé des pertes de  Rs 6 millions durant le semestre se terminant au 31 décembre 2012 contre des profits de Rs 73,4 millions en 2011.



Christina Vilbrin

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