À cause de la raréfaction des poissons, les fournisseurs de poisson augmenteront leurs prix le mois prochain. « Il y a de moins en moins de poissons dans les lagons, ce qui explique l’envolée des prix », indique Bahim Khan Taher, directeur de Hassen Taher Seafood (Mauritius) Ltd.
Cette situation – un phénomène mondial – perdure depuis des années. Actuellement, une pirogue avec quatre pêcheurs rapporte environ 60 livres de poisson par jour contre 100 livres il y a encore quelque temps. Les gros bateaux de pêche font face au même problème. « Nos bateaux de pêche font des prises avec 25 % de poisson en moins. Il faut aller de plus en plus loin pour obtenir la même quantité de poisson qu’auparavant », déplore Bahim Khan Taher.
Ce qui implique, poursuit-il, une hausse des coûts. « Avec l’augmentation des tarifs d’eau que nous utilisons beaucoup sous forme de glace pour conserver nos produits et la hausse du diesel et des équipements de pêche, nos frais ont sensiblement augmenté. Tout cela a un impact sur le prix du poisson. Nous essaierons à notre niveau de maintenir nos prix. Mais notre plus grande difficulté demeure le fait que nous n’arrivons pas à avoir la quantité de poisson voulue », soutient notre interlocuteur.
La raréfaction des ressources en poisson, renchérit un autre opérateur qui a préféré garder l’anonymat, s’explique aussi par le fait qu’il y a pas mal d’étrangers qui pêchent sur notre territoire. « Certains fraudent et pillent nos lagons. Il y a en a qui ont mis en place un système de pêche où ils pompent tout ce qu’il y a dans l’eau, du poisson au corail. Il faudrait que les autorités cherchent de l’aide avec nos pays amis pour aider à surveiller et contrôler nos lagons », recommande-t-il.
En attendant, le consommateur devra mettre la main à la poche pour déguster un bon poisson. Mais qu’en est-il des poissons importés ? Bahim Khan Taher est catégorique : « Nous importons du poisson de l’Asie, de l’Afrique et depuis quelque temps du Moyen-Orient. Or, même si les prix sont plus abordables que les poissons tels que le capitaine, la dorade, les Mauriciens n’apprécient pas vraiment ces poissons. Les poissons importés sont surtout utilisés dans les cantines. »
Selon Statistics Mauritius, nous avons produit 4 137 tonnes de poissons et autres produits frais, 2 531 tonnes de poissons et autres produits surgelés et 81 889 tonnes de poisson et autres produits en conserve en 2010. Durant la même période, le pays a importé 260 tonnes de poissons frais, 104 708 tonnes de poissons surgelés et 5 456 tonnes de produits en conserve. Les chiffres pour 2011 sont en train d’être compilés et seront rendus publics au cours de l’année.




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