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Saturday, 16 June 2012 14:00

Air Mauritius : Rs 9 milliards de dettes Featured

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En sus des pertes de Rs 1,1 milliard, Air Mauritius est plombée de dettes – avec Rs 3,3 milliards de prêts et Rs 5,9 milliards de factures impayées.
Plusieurs lectures peuvent être faites du bilan financier d’Air Mauritius sur la période d’avril 2011 à mars 2012. La première lecture se porte sur les créances de la compagnie nationale d’aviation qui avoisinent le budget du ministère de l’Éducation. Ses dettes se montent à Rs 9  milliards dont des factures impayées (Rs 5,9 milliards) et des prêts (Rs 3,3 milliards).

La deuxième lecture concerne les liquidités de la compagnie. Avec ses créances élevées, Air Mauritius est confrontée à un déficit de liquidités de Rs 3,8 milliards (98 millions d’euros).  En fait, les passifs courants se chiffrent à Rs 6,8 milliards (173 millions d’euros) contre des actifs courants de Rs 3 milliards (75,6 millions euros). Toutefois, les biens de la compagnie sont évalués à Rs 14 milliards (360 millions d’euros).

La troisième lecture est rassurante. Les performances commerciales de la compagnie continuent de s’améliorer. Malgré la crise économique, le nombre de passagers qu’Air Mauritius a transporté entre avril 2011 et mars 2012 a augmenté de 29 378, passant de 1 295 235 à 1 324 613. Sans compter que pour répondre aux prévisions de la croissance dans le secteur touristique, la compagnie d’aviation nationale a augmenté sa capacité de 77 859. Les revenus se sont donc accrus de 3,9% pour atteindre Rs 17,8 milliards (450,9 millions d’euros).

La quatrième lecture concerne les dépenses qui ont augmenté de 12%. Passant de Rs 15,6 à Rs 17,8 milliards.

L’envolée des cours du carburant, impactant sur les coûts opérationnels, pèse le plus lourdement sur les comptes de la compagnie. D’un exercice à l’autre, la facture de carburant d’Air Mauritius s’est alourdie de plus de Rs 1,8 milliard (47,8 millions euros). Les dépenses administratives ont augmenté de Rs 100 millions, passant de Rs 1 à 1,1 milliard. Les autres dépenses se chiffrent à Rs 170 millions. Le remboursement des prêts est passé de Rs 260 millions à Rs 282 millions.

La cinquième lecture porte sur les pertes. Entre avril 2011 et mars 2012, Air Mauritius a accumulé des pertes de Rs 1,1 milliard (29,2 millions d’euros). Alors qu’elle avait posté des profits de Rs 433 millions (11 million d’euros) en mars 2011. L’année financière se terminant le 31 mars 2012 avait bien commencé avec des profits de Rs 366 millions (9,3 millions d’euros) durant le premier trimestre (avril-juin). Cependant, le deuxième trimestre a  été très mauvais. À tel point que la compagnie termine le premier semestre avec des pertes de Rs 708 millions (17,7 millions d’euros).

La tendance des pertes s’est précisée durant le troisième trimestre avec un résultat net négatif de Rs 126 millions (3,2 millions d’euros) contre des bénéfices de Rs 480 millions (12,2 millions d’euros) pour le même trimestre il y a un an. Au total, les neuf premiers mois de l’exercice se sont soldés sur des pertes accumulées de Rs 824 millions (20,9 millions d’euros). Ce résultat est essentiellement dû à l’envolée des cours du pétrole.

La facture en carburant affiche un surcoût de près de Rs 492 millions (12,5 millions d’euros) au troisième trimestre par rapport au même trimestre il y a un an. Et sur les neuf premiers mois de l’exercice, ce surcoût en carburant représente à lui seul près de 37 millions d’euros. Cette facture s’est davantage aggravée par l’effritement du cours de l’euro, le carburant étant payable en dollars américains. En décembre 2011, les dés étaient jetés. Il est impossible que ces lourdes pertes soient effacées par les trois derniers mois (janvier-mars). L’inévitable s’est produit. Ce dernier trimestre s’est terminé avec des pertes de Rs 327 millions (8,3 millions d’euros).

Pour sortir de cette zone de turbulence, la direction d’Air Mauritius s’attelle sur plusieurs fronts : la réduction des dépenses, la vente de certains biens immobiliers et la recherche d’un partenaire stratégique.


Renouvellement du conseil d’administration

Du sang neuf sera injecté dans le conseil d’administration d’Air Mauritius, le mois prochain, lors de l’assemblée générale. Tout indique qu’un nouveau président sera désigné. D’ailleurs, le directeur Kishore Beegoo a révélé récemment qu’il a été approché pour occuper ce poste mais il ne serait pas intéressé. Il se chuchote qu’un gestionnaire proche du Premier ministre, Navin Ramgoolam, sera appelé à prendre les commandes de la compagnie. Il n’est pas à écarter qu’un étranger, proche du Premier ministre, soit nommé comme directeur.

Le nouveau conseil d’administration aura la lourde tâche de veiller à ce que le rapport Seabury soit appliqué. La première étape concerne  la gestion de la flotte et le redéploiement du réseau qui permet à Air Mauritius de créer de nouvelles et solides bases de redressement de ses comptes. La fermeture des dessertes de Milan, Sydney, Melbourne à la fin du mois de mai, celles de Francfort et Genève à la fin du mois d’août et celle de Durban à la fin d’octobre représente une économie sure au niveau des coûts d’exploitation. En parallèle, l’augmentation des fréquences vers les nouveaux marchés en croissance sur le pourtour de l’océan Indien et de l’Asie, permettra à la fois une maîtrise optimale des coûts d’exploitation et générera de nouvelles recettes pour la compagnie - les recettes étant confortées par la stratégie de hub Maurice et le renforcement en conséquence de l’activité commerciale et du ‘revenue management’. Au niveau des coûts, plusieurs initiatives fortes ont été identifiées et déjà mises en route.

La réduction des dépenses est une condition sine qua non pour qu’Air Mauritius puisse garder l’altitude durablement. Depuis le début du mois d’avril, une équipe de la firme Seabury se concentre sur le « Cash Management » d’Air Mauritius. Sa mission est de passer au peigne fin tous les gros paiements effectués par la compagnie nationale d’aviation. Cet exercice a un but spécifique : examiner les contrats pour relever leurs faiblesses et trouver de meilleur deal pour la compagnie. Soit en renégociant les contrats ou en optant pour d’autres fournisseurs ou de prestataires de services. La deuxième phase des coupes de dépenses sera plus délicate.

Et cela pour deux raisons. Primo, c’est le conseil d’administration et le management qui devront se charger de cette tâche. Secundo, les coupes concerneront les avantages que le personnel a accumulé durant la période de vaches grasses. Pendant la période de profitabilité, du premier au dernier échelon de la hiérarchie, les employés ont bénéficié de plusieurs avantages. Selon nos recoupements, les coupes commenceront par le haut. La politique d’allocation de voitures de service aux Executive Vice-President, aux Vice-Présidents et aux managers sera revue.

Appel de partenaires stratégiques

Le gouvernement, partenaire majoritaire d’Air Mauritius, souhaite trouver le meilleur partenaire stratégique. Ainsi, il ne se laisse pas séduire pas les yeux doux que lui font certaines grosses compagnies d’aviation. Du coup, un exercice de Request for Proposal international sera lancé dans les semaines à venir après que les services d’un cabinet de consultants soient retenus pour lancer cet exercice et évaluer les offres. Cet exercice permettra à toutes les compagnies d’aviation et surtout les alliances entre compagnies de faire des propositions.

Le choix d’un partenaire est très délicat. D’abord, il doit être compatible, surtout par rapport à la politique de la compagnie de soutenir l’industrie du tourisme. Ensuite, il doit permettre à Air Mauritius de renouveler sa flotte en optant pour des appareils sophistiqués qui consomment de moins en moins de carburant. De plus, il doit être une extension d’Air Mauritius vers le plus grand nombre de destinations.

Résoudre le déficit de cash-flow

Pour améliorer son cash-flow, Air Mauritius compte disposer de certains biens, dont le Paille-en-Queue Court, l’hôtel Coton Bay et le service d’hélicoptère. Mauritius Estate Development Corpora­tion Limited (MEDCOR), cette subsidiaire qui gère le bâtiment du Paille-en-Queue Court engrange des profits. En effet, entre 1999 et 2011, elle a enregistré des profits s’élevant à Rs 432 millions.

Soit une moyenne de Rs 33 millions par an. Ses recettes, qui proviennent de la location des espaces, ont progressé entre 1999 et 2005. Passant de Rs 35 M en 1999 à Rs 38 M en 2000, Rs 40,2 M en 2001, Rs 44,3 M en 2002, Rs 47,9 M en 2003, Rs 45,2 M en 2004, Rs 58 M en 2005. Par la suite, elles se sont décrues à Rs 52,8 M en 2006, Rs 51,6 M en 2007, Rs 48,8 M en 2008, Rs 48 M en 2009 et Rs 45 M en 2010 et 2011.

L’hôtel Cotton Bay est un autre joyau susceptible de faire entrer des centaines de millions de roupies dans la caisse d’Air Mauritius. Son chiffre d’affaires et sa profitabilité maintiennent la tendance à la hausse.

Ses recettes ont augmenté, elles sont passées de Rs 36,8 M en 2003 à Rs 44,6 M en 2004, Rs 48 M en 2005, Rs 44 M en 2006, Rs 51,7 M en 2007, Rs 57,6 M en 2008, Rs 56 M en 2009, Rs 53 M en 2010 et Rs 62 M en 2011. Après avoir posté des pertes de Rs 3,1 M en 2006, Pointe Coton Resort Hotel Company Limited a repris la voie de la profitabilité en 2007 (Rs 5,6 M), 2008 (Rs 10,5 M), 2009 (Rs 10 M), 2010 (Rs 8,6 M) et 2011 (Rs 14 M). L’année dernière, la compagnie a décaissé Rs 5,7 M de dividendes et elle a fait des provisions pour Rs 280 715 sous le programme du CSR.

L’année dernière, Pointe Coton Resort Hotel Company Limited a soumis aux autorités un plan d’extension en deux phases. Actuellement, l’hôtel dispose de 48 chambres sur une superficie de 47 293 mètres carrés dont 40 dites supérieures, 6 de luxe et 2 suites privées, situées dans des bungalows séparés pour plus d'intimité et de convenance. Durant la première phase, 12 chambres, une ‘boat house’ et un centre de plongée seront construits. Par ailleurs, le bar sera réaménagé. Durant la deuxième phase, 8 villas totalisant 12 chambres seront construites ainsi que d’autres aménités comme une nouvelle salle de gym et un nouveau Spa.

Le département de l’hélicoptère est un autre sujet de convoitise. Il sera détaché d’Air Mauritius. Actuellement, un comité technique au Paille-en-Queue Court évalue les cinq soumissionnaires présélectionnés d’une quinzaine d’offres à la suite d’un exercice d’appel d’offres. Tout indique que la licence d’Air Mauritius et la situation de monopole pèseront très lourd dans le chiffre de vente. À vrai dire, les trois hélicoptères Bell Jet Ranger de quatre places chacun ne valent pas grand-chose compte tenu de leur âge.


Key Performance Indicator - Des menaces de licenciements planent

Les employés d’Air Mauritius seront confrontés d’ici septembre, au Key Performance Indicator (KPI), système qui sera introduit au mois de septembre de cette année. Une mesure qui fait partie du plan de transformation de la compagnie aérienne pour retrouver une situation profitable d’ici au mois de mars 2014. Outre ce mécanisme qui évaluera les performances des 2 800 employés de la compagnie aérienne, ils seront également engagés dans une session de formation de deux jours, afin d’améliorer davantage leur efficience.

L’économiste de la Mauritius Employers Federation (MEF), Vishal Ragoobur explique que le « KPI est une politique de management et un outil de gestion pour améliorer la performance et la profitabilité d’une entreprise. » Mais certains employés d’Air Mauritius, craignent que cette nouvelle formule ne débouche sur les licenciements de leurs pairs non-performants. Un dégraissage qui devrait permettre d’alléger Air Mauritius, et la mettre dans une meilleure position pour la négociation avec son potentiel partenaire stratégique.




Last modified on Saturday, 16 June 2012 09:06
Eshan Dinally

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