24 July 2014
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Saturday, 19 January 2013 12:00

Virée fatale à Bras-d’Eau : Trois amis de Roches Noires trouvent la mort Featured

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Aman Arrah, Tabar Kumar Hurry (Nitish) et Nitin Chetak. Aman Arrah, Tabar Kumar Hurry (Nitish) et Nitin Chetak.
Ils étaient inséparables. Nul ne se doutait qu’ils resteraient unis, même au-delà de la mort. Après une virée sur la plage de Poste La Fayette, lundi soir, Nitin Chetak, Tabar Kumar Hurry dit Nitish, et Aman Arrah, ont perdu la vie dans un accident de la route, alors que leurs familles étaient réunies pour célébrer le Sankranti, le Nouvel An hindou.
«La famille ne célébrera plus le Sankranti. Cette fête est devenue synonyme de tragédie et de mort pour nous», pleure Preetee, la sœur aînée de Nitin Chetak. La famille est effondrée depuis la disparition brutale de 'Garçon', comme on l'appelait affectueusement. Ce maçon de 36 ans envisageait de se marier...

Chez les Chetak, on célèbre le Sankranti avec ferveur. Cette fois, toute envie de plaisir s'est évanouie. Selon Preetee, employée dans un collège d'État, tout se passait normalement. Nitin a pris du "kitchri" au déjeuner et dégusté une salade de mangues avant de s'asseoir devant la télé. Puis, il a pris son vélo pour rejoindre ses amis.

Nul ne se doutait qu'il ne reviendrait pas. C'est une voisine qui a averti la mère que son fils Nitin avait eu un accident de la route. «Des voisins savaient qu'il était décédé mais ils l'ont caché à nos parents très âgés», poursuit la sœur. Quand la nouvelle est tombée, c’était le désarroi : nul ne veut croire que le jeune homme plein de vie n'est plus. « Nitin était très réservé. Il était passionné de musique, de foot et de  sorties entre proches et amis. Hélas, il ne reviendra plus !», se désole Preetee.
 
« L'âme de Nitish nous hante »
Chez les Hurry, c'est la consternation et l'incompréhension. Manisha, 31 ans, la sœur de Nitish, peintre de son état, nous fait une révélation surprenante : l'âme de son frère hanterait la famille. « C'est étonnant ! Des membres de la famille ont fait un rêve. Nitish et ses deux amis se promenaient dans la localité. Il leur aurait confié en sanglotant : « mo pe souffer… Mo pas ti envie allé aster la », a-t-elle confié au Défi Plus.

Selon la jeune mère de famille, son frère « serait parti avant son heure. Le jour du drame, Nitish était à la maison. « Il se sentait mal et avait dormi. A son réveil, il est allé aux toilettes pour vomir. Après avoir pris une bonne douche, Nitish est allé rencontré ses amis.» « Motki, mo pe allé. Bye-bye ! » aurait-il lancé à sa mère, autrement capable. La sexagénaire était loin de s'imaginer que c'était le dernier au revoir de son fils.

Selon Manisha, « Nitish, le benjamin d'une fratrie de trois frères et deux sœurs, était très affectueux. Sa disparition laisse un grand vide dans la famille. ll avait les projets plein la tête. Il avait confié à ma sœur qu'il comptait se marier cette année. Il bossait dur pour rénover et embellir sa chambre à coucher. Il menait une vie très agitée et nous cachait sa souffrance. Bien qu’entouré de ses proches, il lui manquait un confident qui aurait pu partager ses chagrins. Il s'était résolu à changer de vie mais la mort aura mis fin à ses rêves de bonheur», déclare sa soeur, le visage envahi par les larmes. Les proches de Nitish multiplient les sessions de prières pour que l'âme du disparu trouve enfin la paix.

« J'ai perdu mon époux et mon fils »
Elle n'a pas encore fait le deuil de son époux, disparu le 7 septembre 2012, emporté par la maladie, que voilà le destin qui l'accable de nouveau. Agée de 42 ans, Radha, mère d'Aman Arrah, aura tout connu en moins de six mois. « Cette fois, c'est mon fils qui m'abandonne à mon triste sort. Il est allé rejoindre son père... »

Nous l'avons rencontrée à son domicile. Le cœur de Radha se serre, elle ne peut retenir ses larmes. « J'ai tout perdu en moins d'un an. Mon fils Aman était mon dernier soutien. Il était ma force, ma raison de vivre », pleure-t-elle, écrasée par la douleur. Depuis la mort du chef de famille, mère et fils avaient trouvé refuge et réconfort à la résidence de la grand-mère maternelle à Roches-Noires. «J'aide ma mère à gérer sa boutique. Ça m'occupe. Aman était serveur dans un hôtel. Après la mort de son père, il s'est réveillé et semble avoir pris conscience de ses responsabilités", confie encore la mère.
« Il y a trois mois, il avait décidé de changer de boulot. Il voulait un emploi mieux rémunéré. En attendant, il se débrouillait avec de petits boulots de maçonnerie, des travaux de peinture, entre autres. »

Radha revient sur le jour du drame. « Aman était à la maison avec sa grand-mère. Après avoir consommé du 'kitchri', le repas servi pour le Sankranti, il a réclamé une boisson gazeuse à sa grand-mère. Peu après, il a reçu un appel téléphonique. Un ami lui demandait de venir les rejoindre. 'Oui mo vini', aurait-il répondu avant de disparaître. « Mo pou par là même », aurait-il déclaré à sa grand-mère.

La nuit tombe. Il pleut des cordes, Aman n'est toujours pas rentré. 18 h 30. Radha l'appelle sur son cellulaire. Elle apprend alors qu'il se trouve sur la plage de Poste La Fayette avec ses amis. "Je lui ai demandé de rentrer aussitôt», souligne Radha. Le monde s'est écroulé quand on lui annoncera la terrible nouvelle : son fils unique est décédé. "Kifer zis mo même, Bon Dieu ? D'abord, m’on mari m'a quittée et voilà mon fils unique… Kouma mo pou vive?" s’interroge-t-elle dans un sanglot. Et de nous confier également que le jeune homme envisageait ses fiançailles avec sa copine de longue date.

C'est la fête à la mer
Lundi 14 janvier, jour de Sankranti. Anish Fokeera, Kishan Fokeera, Sandip Kistoo, Ajay Domah, Taban Hurry, Aman Arrah, Nitin Chetak et le conducteur Vimal Jhoomuck, tous originaires du village de Roches-Noires, décident une virée à la plage de Poste La Fayettee. Ils prennent le 2x4 d'un tôlier. Ajay Domah s'installe au volant et voilà tout ce beau monde à Poste La Fayette vers 17 heures. Ils avaient fait provision de boissons alcoolisées et d'eau. Tous se seraient servis dans le «cooler-box» où étaient gardées les boissons. Il commence à pleuvoir et la bande décide de plier bagage. Selon Vimal Jhoomuck, Aman Arrah, Nitin Chetak et Taban Hurry se sont installés dans le caisson.

Vimal Jhoomuck était au volant. À hauteur de Bras-d'Eau, la route était devenue glissante. Alors qu'il dit avoir voulu éviter une branche, ce faisant, il aurait perdu le contrôle de la voiture qui est allée percuter un arbre. Les trois personnes qui se trouvaient dans le caisson (Aman Arrah, Nitin Chetak et Taban Hurry) ont été tuées. Les quatre autres blessés ont été conduits à l'hôpital, le conducteur Vimal Jhoomuck, lui, avait disparu. Une autopsie pratiquée par les Drs Sudesh Kumar Gungadin et Maxwell Monvoisin, médecins légistes, a attribué les décès à de multiples blessures.

Deux jours après, le conducteur s'est présenté à la police. Une charge provisoire d'homicide involontaire pèse sur lui. Il a obtenu la liberté après avoir payé une caution de Rs 60 000 et signé une reconnaissance de dettes de
Rs 500 000. L'enquête est supervisée par le chef inspecteur Sam Bansoodeb.

Funérailles émouvantes à Roches-Noires
L’émotion était à son comble à la rue New-Road, Roches-Noires, mardi après-midi. Proches, amis, voisins, entre autres sympathisants, ont tenu à rendre un dernier hommage aux trois victimes de l’accident de la route de Bras d'Eau. Nitin Chetak, un maçon de 34 ans, Nitish Hurry, un peintre de 22 ans et Aman Arrah, un ex-serveur de 19 ans, ont tous les trois connu une triste fin la veille.

Ces trois bons amis habitaient le même chemin. Entre les allées et venues des proches, amis et autres sympathisants chez ces trois familles endeuillées, tous avaient une seule phrase aux lèvres : « ils étaient trop jeunes pour mourir ». Cette lourde atmosphère était saupoudrée d’un zeste d’amertume. En effet, ils étaient nombreux à critiquer la route de Bras-d'Eau, qu’ils affirment dangereuse.

« Il est temps que les autorités prennent les choses en main pour améliorer la route reliant à Bras-d'Eau. Suite à des négligences, voilà, trois familles ont perdu leurs fils ! », fulmine un des badauds présents.
Des policiers, affectés au poste de police de Rivière-du-Rempart, étaient présents sur les lieux pour maintenir de l'ordre parmi la foule amassée sur la rue.

Des cris et des pleurs des proches des trois victimes sont entendus dès l'arrivée des cadavres à Roches-Noires vers 13 h 30. La mère et les grand-mères d'Aman Arrah ont failli s’évanouir. Après des prières et des chants par le prêtre, vers 14 h 30, les obsèques du jeune homme ont eu lieu. Puis, dans un intervalle de quinze minutes, ceux de Nitish Hurry et Nitin Chetak ont également eu lieu.

C’est tout le village de Roches-Noires qui pleure ces trois jeunes. « C'est très atroce! Le village a perdu trois de ses hommes », déplore une voisine.

La mère d’Ajay Domah : « J’ignorais que mon fils s'était absenté »
Du côté des rescapés, Ajay Domah, Sandeep Kistoo et Harrish Rajsingh Fokeera, ils sont toujours en observation à l'hôpital de Flacq. Quant à Hanish Fokeera, il a été autorisé à regagner son domicile, jeudi. Cependant, chez ces familles aussi, règnent désolation et tristesse.

La mère d'Ajay Domah a confié au Défi Plus que son fils, un des blessés de ce terrible accident, est dans un état de choc. Ce dernier, qui est toujours hospitalisé, n'arrive pas à parler. Il est traumatisé depuis l’accident. « Mon fils est très attristé par l'accident. Il n'arrive toujours pas à accepter qu'il a perdu ses trois amis. Ajay ne peut pas manger, car il pense toujours à ses amis qui ont perdu la vie tragiquement », se désole la mère.

Malgré la tristesse entourant ce malheur, cette dernière est tout de même soulagée, car elle pensait avoir perdu son fils, lorsqu’elle a eu vent de l’accident. Selon le père d'Ajay Domah, c'est la première fois que son fils est sorti avec ses amis le jour de la fête de Sankranti.

Du côté de la famille de Sandeep Kistoo, c’est également l’incompréhension. Sa mère se dit traumatisée par cet accident. Elle estimait les amis de Sandeep comme ses enfants et arrive difficilement à accepter la disparition de Nitin Chetak, Aman Arrah et Nitish Hurry. Cependant, elle remercie Dieu que son fils fasse partie des rescapés. « Mon fils ne m'a rien dit, car il est toujours sous le choc », indique la mère de Sandeep Kistoo.

La mère de deux frères, Hanish et Harrish Rajsingh Fokeera, ne cesse, elle, de remercier Dieu. Elle doit son salut à Dieu, car ses prières ont été entendues à la suite de l’accident. « Je remercie le Très-Haut, car mes deux fils ont échappé à la mort. Je suis accablée par cet accident et je présente mes sympathies à ceux qui ont perdu leur fils », souligne-t-elle.

Le ministre Anil Bachoo : « La police déterminera à qui incombe la faute »
Suite au terrible accident de Bras-d'Eau, ils étaient nombreux à pointer du doigt l'état de cette route, notamment le manque de lumière et la dangerosité du virage. Pour le ministre des Infrastructures publiques, Anil Bachoo, cette tragédie ne remet en rien l'état de la route à cet endroit. « Il est vrai que c'est une route avec des contours, mais il est important aussi de connaître d'abord les causes et circonstances de l'accident. Pour cela, je laisse la police faire son travail en menant son enquête et de déterminer à qui incombe la faute », a-t-il déclaré. « C’est trop facile d'avancer, à chaque fois, qu'il y a un accident de la route, que c'est l'état du chemin qui est en cause », a-t-il lâché.

Le virage de la mort
Après le triple drame qui a secoué le village de Roches-Noires, ses habitants ont été nombreux à exprimer leur colère et indignation. L’endroit, plus précisément la route de Bras-d’Eau, est considéré comme le virage de la mort. Elle est périlleuse en temps de grosses averses. Pour cause, elle devient glissante et la visibilité est réduite, surtout dans la nuit. Selon ces villageois, les autorités ne font rien pour améliorer cette route. Abordant les nombreux accidents qui y surviennent, le président du village de Roches-Noires, Latchanah Sunyasi, nous confie que cette région a été le théâtre de plusieurs accidents fatals.

« De nombreux cas d'accidents fatals ont été signalés à Bras-d'Eau, ces dernières années. C'est un endroit très retiré », souligne Latchanah Sunyasi.

Selon le président du village, il y a des « mauvais airs », dans les environs de Roches-Noires. Pour étayer ses dires, il fait état d’un grave accident, le 5 décembre dernier, à la route principale de Roches-Noires, où trois jeunes avaient succombé à leurs blessures, quelques jours après. Et voilà, après plus d'un mois, trois autres jeunes connaissent le même sort.

Début d'année mortel sur nos routes
À janvier 2013, l’on déplore déjà neuf morts sur nos routes. Les victimes étaient âgées entre 13 et 62 ans. Retour sur un début d’année sanglant…

La première victime de la route a été enregistrée le 5 janvier. Elle n'avait que 16 ans. En effet, Johann Julio Auguste, domicilié à Cité Vallijee, avait fait une chute de motocyclette à Grande-Rivière-Nord-Ouest dans la soirée. Il n'a pas survécu à ses blessures.

Le même jour, un peu plus tôt, Jonathan Buffion, jeune policier de 22 ans affecté à la Special Supporting Unit, rendait son dernier souffle. Depuis le 1er janvier, il avait été victime d'un accident de la route à Saint-Pierre et avait alors été admis à l'unité des soins intensifs de l'hôpital Victoria, Candos.

La série noire s'est poursuivie ce jour-là avec la mort de Marie Gilberte Noirette, 62 ans. Elle traversait la route à Beau-Bassin lorsqu'elle a été renversée par un motocycliste. La sexagénaire, habitante de Chebel, a rendu l’âme peu après l'accident.

Le jour suivant, soit le 6 janvier, c'était au tour d'une adolescente de 13 ans de connaître une fin atroce. Marie Estesie Nathalline Moocarme était avec son oncle à motocyclette, lorsque celle-ci a dérapé, arrivée à hauteur de Rivière-des-Créoles. L'oncle, grièvement blessé, avait été admis à l'hôpital Jawaharlal Nehru, Rose-Belle. L’adolescente, elle, était morte sur le coup.

Cinq morts en trois jours
Marie Doloresse Goyoram, 34 ans, traversait la route Nationale à hauteur de pont Mattur, Réduit, le 12 janvier dans la soirée, quand elle a été fauchée par une voiture qui se dirigeait vers Saint-Jean. La victime, une sans-abri de la région, a rendu son dernier soupir sur l'asphalte. Le 13 janvier, un autre accident devait se produire à proximité du pont Mattur à Réduit, à 22 heures. Madhoo Anand Teeluck, 57 ans, était sur le siège du passager lorsque la voiture dans laquelle il se trouvait a heurté une autre voiture. Le véhicule a fait plusieurs tonneaux avant de se retrouver sur la voie opposée. Le quinquagénaire est mort sur le coup.

Et cela n’en finit pas ! Huit personnes sortaient d'une virée à la plage de Poste La Fayette, le 14 janvier, lorsqu’un drame est survenu. Nitin Chetak, 34 ans, Aman Arrah, 19 ans et Nitish Hurry, 27 ans, se trouvaient sur le caisson d’un 2x4 à Bras-d'Eau, lorsque le véhicule a fait une sortie de route. Bilan : trois morts et trois blessés.



Last modified on Saturday, 19 January 2013 10:11
Le Defi Plus

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