Le vendredi 18 janvier, une Sud-Africaine débarque du vol MK 852 pour un court séjour dans l’île. À l’Immigration, des limiers effectuent le ‘profiling’, et épient le mouvement de tous les passagers. Chaque passager suspect est soumis à une fouille.Teresa Louis Delores Niemand, âgée de 26 ans, ne passe pas inaperçue, même si c’est la première fois qu’elle arrive à Maurice. Ses bagages sont passés au crible. Aucune trace de la poudre blanche. Ce n’est pas pour autant que la Sud-Africaine peut se frotter les mains. La touriste doit, à présent, se soumettre à une fouille corporelle, mais fait de la résistance. C’est l’épaisseur de ses sous-vêtements qui intrigue les limiers de la brigade antidrogue.
Sommée de s’expliquer, Teresa Louis Delores Niemand dit avoir ses règles. Même si elle est convaincante, la fouille corporelle aura bien lieu. Les autorités restent bouche bée. La serviette hygiénique servait de cache à l’héroïne. Incroyable, mais vrai. La vigilance de la police a été fructueuse.
Au total, cette passeuse avait tenté d’introduire 540 grammes d’héroïne d’une valeur marchande de Rs 8 M sur notre sol.
Des astuces oséesCette découverte démontre que les trafiquants sont prêts à tout. Au QG de l’Adsu, cette nouvelle prise est sur toutes les lèvres. « Cela prouve que les barons de la drogue font preuve d’imagination », explique un agent.
Après son arrestation à l’aéroport Sir Seewoosagur Ramgoolam, Plaisance, Teresa Louis Delores Niemand a été soumise à un exercice de ‘Control Delivery’, mené par l’inspecteur Bhojraj Seebaluck de l’Adsu de Grand-Baie et placé sous la supervision du DCP Ravin Sooroojbally. Elle joue le jeu. Ainsi, la touriste dépose ses valises dans un appartement sur le littoral Nord.
Elle a des échanges téléphoniques avec les trafiquants qui l’ont chargée de cette mission kamikaze. Le lendemain, un chauffeur de taxi se pointe à l’appartement à 12 h 45. Il vient récupérer la passeuse. Teresa Louis Delores Niemand prend place dans le taxi immatriculé K 130. Au volant, un certain Kalam Azad Joomun, âgé de 46 ans habitant Joomun Lane, Grand-Baie. Ce chauffeur de taxi – qui s’est vu projeté à l’avant-plan dans le passé pour une affaire de moeurs sur une touriste, lors d’une séance de massage – ignore qu’il est tombé dans le piège de l’Adsu. Sa voiture est prise en filature. Il s’arrête à son appartement à Morcellement Boucan et conduit la passeuse à l’intérieur. C’est à ce moment que l’Adsu investit les lieux et procède à l’arrestation du chauffeur de taxi et de la passeuse. Sa voiture est saisie pour les besoins de l’enquête.
Démarre alors une enquête serrée pour remonter jusqu’au présumé commanditaire de cette drogue. Kalam Azad Joomun balance le nom d’un certain Jean-Luc Philippe, 40 ans. Il serait celui qui lui a ordonné de récupérer cette drogue.
Lundi, ce gros bras très connu de la police est tombé dans les filets de l’Adsu. L’année dernière, il a été condamné à cinq ans de prison et à une amende de Rs 200 000 pour trafic de drogue. Ayant fait appel, il était en liberté provisoire jusqu’à son arrestation, lundi dernier. Lors d’une parade d’identification, Kalam Azad Joomun l’a positivement identifié. Les trois suspects sont derrière les barreaux et la drogue a été mise sous scellés.
Héroïne saisie en chiffres :
Jan-Oct 2012 : 17kg743.420
2011 : 3kg643.359
2010 : 3kg716.350
2009 : 9kg557.54
2008 : 11kg578.21
Les mules : Ils avalent de l’héroïne Ce sont les kamikazes. Ils avalent des boulettes d’héroïne. C’est une technique très dangereuse, fatale dans certains cas. Le 27 juillet 2011, le corps sans vie de Mohamed Houssen (photo) est retrouvé dans un appartement à Grand-Baie. Lors de l’autopsie, 78 boulettes d’héroïne sont retrouvées dans l’organisme de ce directeur de compagnie.
À la prison de Beau-Bassin : Le passeur était un garde-chiourme
En général, il est censé surveiller les détenus. Mais cette fois-ci, il se retrouve de l’autre côté de la barrière. Sheik Muhazam Pheerunggee, âgé de 34 ans, un garde-chiourme affecté à la prison de Beau-Bassin, a été surpris par la brigade antidrogue de Port-Louis, jeudi soir. Il avait en sa possession plusieurs comprimés Rivotril et du gandia. La valeur marchande est estimée à Rs 20 000.
Cet habitant de Plaine-Verte, qui compte 10 ans de service, devait faire le ‘shift’ de nuit, jeudi. Dans son garde-manger, enveloppés dans du papier glacé, 90 comprimés de Rivotril,10 grammes de gandia, des cellulaires, des oreillettes et des batteries ont aussi été retrouvés dans ses affaires. Interrogé par les hommes du sergent Kishen Chowdharry, Sheik Muhazam Pheerunggee passe aux aveux.
Les méthodes des trafiquants démasquées Cacher de la drogue dans le double-fond des valises n’est plus d’actualité. Pour contourner les lois, des gros bonnets malgaches ont trouvé un nouveau mode opératoire. Ils dissimulent leurs marchandises dans les manches des valises. Mais peine perdue. En juillet 2011 deux malgaches avaient cachées de la drogue valant Rs 22,5M dans les manches des valises.
Bonbonnes d’oxygène bourrées de gandia
Les trafiquants de drogue rivalisent d’imagination pour duper les enquêteurs. La preuve : 8,3 kg de gandia, estimés à Rs 4,1M, étaient soigneusement dissimulés dans des bonbonnes de plongée à Tamarin. Le suspect, Jean Francois Marc Marot, âgé de 48 ans, a été arrêté.









