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Saturday, 09 February 2013 12:00

À Sainte-Croix – Nuit chaude à la rue Ducray Featured

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Moosa Oozeer,  un des présumés agresseurs et Josian Louise. Celui-ci a été agressé au sabre  et avec un couteau de cuisine Moosa Oozeer, un des présumés agresseurs et Josian Louise. Celui-ci a été agressé au sabre et avec un couteau de cuisine
Ste-Croix était, dans la nuit de jeudi à vendredi, comme une fournaise. Des jets de pierres et de bouteilles, des objets brûlés, des véhicules de police saccagés, sans oublier des blessés ont troublé la quiétude habituelle de la rue Ducray. La police a dû déployer les grands moyens pour disperser une foule en colère. Un règlement de comptes serait à l'origine de ces incidents.
Bilan de cette chaude nuit : huit véhicules endommagés, dont cinq de la SSU, un du Emergency Response Service (ERS), un du poste de police d'Abercrombie et un remorqueur. Cinq personnes ont été arrêtées. Des policiers, dont le Surintendant de police (SP) Reshade Delawarally, ont été légèrement blessés. 17 cartouches de gaz lacrymogène ont été utilisées et trois personnes sont admises à l'hôpital.

Tout cela a éclaté suite à une bagarre entre un habitant de la localité, un dénommé Josian Louise, habitant la rue Dagorne, et cinq autres personnes. Le premier cité se trouvait près d'une boutique située à la rue Ducray.
Selon sa version à la police, deux hommes, qui étaient à motocyclette, sont entrés dans la boutique et voulaient s'approvisionner en drogue. Josian Louise leur ont fait comprendre qu'il n'y avait pas de drogue. « Mo pas marsan la drog mwa », leur a-t-il lancé.

Il aurait bousculé l'un d'eux. « Atann to pou kone la ! » aurait alors lancé l'un des deux hommes avant de repartir. Peu après, ils sont revenus à bord d'un camion utilisé pour transporter du bétail ou autres animaux. Ils ont fait irruption dans la boutique. « Talerla to ti pe fer bye... », ont lâché les deux hommes avant de s'acharner. Ils l'ont agressé avec un sabre et un couteau de boucher. La mère de la victime s'est interposée pour protéger son fils. Grièvement blessé, il a pu prendre la fuite.

Entre-temps, des habitants, témoins de la scène, n'ont pas laissé filer les agresseurs. Deux d'entre eux ont cependant réussi à prendre la fuite. Les trois autres qui auraient agressé la victime, nommément Imran Dowlut (40 ans), Moosa Oozeer (34 ans) et A.A. (21 ans), habitant Cité Martial, se sont retrouvés coincés dans leur véhicule. À un certain moment, la police a pu transporter le plus jeune à l'hôpital.

Foule en colère
Cette agression a suscité la colère des habitants. L'un d'eux a pris les clés de contact du véhicule, alors que certains ont commencé à lancer des pierres sur le camion, endommageant le pare-brise et les vitres des portières. Ils ont aussi essayé d'extirper les deux hommes du véhicule, mais une équipe de la police a réussi à protéger ceux qui se trouvaient dans la cabine. La police ne pouvait toutefois les faire sortir du véhicule car une grosse foule les attendait, visiblement pour en découdre.

Les policiers ont alors sollicité leurs collègues de la Special Support Unit (SSU) qui n'ont pas tardé à débarquer à la rue Ducray. Pour pouvoir extirper les deux hommes du camion, un remorqueur de la police a été dépêché. Alors que le 'towing' s'approchait, des pierres ont fusé et les policiers n'ont même pas eu le temps d'effectuer leur mission. Le remorqueur a ainsi quitté les lieux, laissant le camion sur place, en attendant une accalmie. Mais toute tentative s'est avérée vaine.

Face à la tournure des événements, le SP Reshade Delawarally a donné le feu vert à la SSU pour lancer du gaz lacrymogène afin de disperser la foule qui grossissait à vue d’œil et qui devenait incontrôlable. La première cartouche est lancée. Puis, une autre est lancée pour faire un écran de fumée qui a permis à l'évacuation des deux hommes à l'hôpital Jeetoo où ils ont été admis. La police a saisi un sabre et trois couteaux dans le camion. Nous avons appris que le dénommé A. A. a pris la fuite à l'hôpital. Il est actuellement recherché. 

À Sainte-Croix, les manifestants, furieux et mécontents de la situation, ont commencé à envoyer des projectiles sur les policiers. Ils se sont tous faufilés par les chemins latéraux pour rejoindre les membres de la force policière à la route Nicolay, tout en mettant le feu sur la route et en obstruant la route des policiers avec de grosses pierres. Des limiers de la Criminal Investigation Division et ceux de la Field Intelligence Unit étaient également sur place. Ils ont identifié quelques-uns des émeutiers. Les affrontements ont pris fin vers 2 h 30. La brigade anti-émeute est restée sur place jusqu'aux petites heures du matin pour assurer la sécurité.

Le lendemain matin, trois personnes ont été arrêtées. Il s'agit de Désiré Michael Verte, Wesley Jasmin, et son frère Nicolas. Une charge de 'taking part in a riot' pèse contre eux. La police soupçonne que le premier nommé a provoqué cette tension. Il est suspecté d'avoir aussi pris les clés du camion. Il a nié les accusations. Les deux autres suspects donneront leur version en présence de leurs avocats. Imran Dowlut et Moosa Oozeer ont aussi fait comprendre qu'ils parleront en présence de leurs hommes de loi. D'autres arrestations sont à prévoir. L'enquête est dirigée par le chef inspecteur Hossenbaccus et le SP Delawarally, responsable de Port-Louis Nord.

Indignation
Les habitants du quartier sont indignés. Ils se plaignent d'avoir été gazés alors qu'ils étaient devant chez eux ou sur leur balcon, à bonne distance de l'épicentre de la tension. Ils déplorent aussi le fait que la police ait lancé trois cartouches de gaz lacrymogène en leur direction alors qu'ils n'avaient montré, à aucun moment, des signes d'hostilité. « Avec quelques voisins, nous ne faisions que suivre le déroulement des événements. Nous n'avions rien à voir avec les affrontements. La polis inn lans trwa cartouss gaz lacrimozen lor nu. Ena bann zanfan ki ti pe dormi kinn gayn problem kan gaz ine rant dan lakaz. Lizie, lagorz brile, zot sifoke... Bann ti inosan kinn pey lepo kasse », a déclaré un habitant.

Last modified on Saturday, 09 February 2013 10:58
Abhi Ramsahye

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