Dimanche dernier, la police d’Abercrombie a été saisie de cette affaire. Le Central Criminal Investigation Department (CCID) a pris le relais et Arvind J. a été arrêté en début de semaine et traduit devant le tribunal de Port-Louis. Depuis, il est en liberté conditionnelle après s’être acquitté d’une caution.
C’est au mois d’avril 2011 que Pratimah, qui travaille pour le compte d’une compagnie spécialisée dans la vente d’ustensiles de cuisine, fait la connaissance d’Arvind : « Je lui ai proposé de travailler pour moi à temps partiel. » Peu à peu, le jeune homme parvient à gagner la confiance de Pratimah. « Je lui ai dit que je voulais acheter une voiture. Il a proposé de m’aider. »
Arvind lui annonce, en août, qu’il y a une voiture qui pourrait l’intéresser. Le jeune homme se présente alors devant sa porte dans une Volkswagen Golf. Il était avec un courtier et le prix de la voiture est fixé à Rs 125 000. Pratimah veut à tout prix avoir un meilleur prix. Devant le refus du courtier à baisser le prix, Arvind dit à Pratimah de ne pas s’inquiéter : « Je connais le propriétaire de la voiture et je peux vous la faire avoir à moindre prix. » Après quelque temps, il lui dit qu’il est parvenu à obtenir la voiture pour Rs 80 000.
Message intrigant
Les deux prennent rendez-vous à Lallmatie afin de compléter la vente de la voiture. Pratimah doit effectuer un premier paiement de Rs 60 000. Une fois sur place, elle explique qu’elle n’a pas rencontré le proprio de la voiture ce jour-là :
« Arvind a dit qu’il entreprendra toutes les démarches. »
C’est ainsi qu’un paiement de Rs 25 000, selon Pratimah, a été effectué pour l’enregistrement de la voiture auprès de la National Transport Authority (NTA) : « Quand je lui ai demandé les raisons de cette somme conséquente, il m’a répondu que la voiture n’était pas un modèle de 2001, mais de 2009. » Pratimah continue à faire confiance à Arvind. Elle lui demande ensuite de changer la couleur de la voiture, qui était blanche, en rouge : « Il m’a réclamé Rs 5 000. »
Pratimah reçoit, pendant les mois qui suivent, un message intrigant : « Un certain Jaulimsing m’a contactée et il m’a dit qu’il travaille pour la MRA. Il m’a demandé d’expliquer pourquoi j’avais Rs 800 000 sur mon compte bancaire. Il m’a dit que je devais m’acquitter d’une certaine somme d’argent pour la taxe. »
Une fois de plus, selon Pratimah, c’est Arvind qui est chargé d’aller effectuer ces paiements : « Le lendemain, je lui ai remis Rs 50 000. Il m’a alors dit qu’il me ferait avoir tous les reçus, une fois les paiements complétés. »
Se retrouvant très vite à court d’argent, Pratimah a dû se résoudre à vendre ses ustensiles de cuisine. Et comme les fois précédentes, c’est Arvind qui s’est chargé de les vendre : Rs 66 000 dont elle ne verra jamais la couleur. Il s’avère qu’il n’y a jamais eu de représentant de la MRA, mais c’est Arvind qui aurait tiré les ficelles, en prenant avantage de la situation.
C’est en décembre dernier que Pratimah dévoile à son fils l’arnaque dont elle a été victime. Les deux ont porté plainte au poste de police d’Abercrombie. Au total, Pratimah a perdu près d’un demi-million de roupies.
Arvind J. a été arrêté par la police et traduit devant le tribunal de Port-Louis. Depuis, il est en liberté conditionnelle. Joint au téléphone, il a rejeté les accusations portées contre lui : « Pratimah a agi par vengeance. C’est vrai que j’ai travaillé pour elle. Mais, tout ce qu’elle dit à mon sujet est entièrement faux ! » (Pratimah est un prénom fictif, ndlr).




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