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Sunday, 27 January 2013 07:32

Rajen Bablee, directeur exécutif de Transparency Mauritius : « Il faut une Freedom of Information Act » Featured

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Pour Rajen Bablee, il faut d’abord étudier tous les faits pour déterminer si la vente du bâtiment en construction de M. Gooljaury (photo) à la SICOM pour Rs 600 M pourrait cacher un acte illégal selon la PoCA Pour Rajen Bablee, il faut d’abord étudier tous les faits pour déterminer si la vente du bâtiment en construction de M. Gooljaury (photo) à la SICOM pour Rs 600 M pourrait cacher un acte illégal selon la PoCA
Le peuple ne doit pas oublier que c’est lui qui détient le vrai pouvoir et pas les politiciens, estime Rajen Bablee, directeur exécutif de Transparency Mauritius, eu égard aux « scandales » qui se répètent. Il estime nécessaire l'introduction d'une Freedom of Information Act afin qu'il y ait plus de transparence dans les affaires publiques.
La vente du bâtiment en construction de M. Gooljaury à la SICOM pour Rs 600 millions n’est certes pas illégale, dit-on à l’Icac, mais elle pourrait poser un problème d’éthique. Vos commentaires.
Après la publication de plusieurs articles de presse faisant état de maldonnes alléguées, Transparency Mauritius a communiqué un dossier à l’Icac pour l’ouverture d’une enquête. Nous ne sommes pas en présence d’un premier rapport officiel de l’Icac sur la question. Il faut d’abord étudier tous les faits pour déterminer si cette vente pourrait cacher un acte illégal selon la Prevention of Corruption Act. Nous sommes dans un État de droit et une démocratie. Il est vrai que la perception est que cette affaire ne relève pas de l’éthique. À partir de là, il faut examiner quelles seraient les solutions à apporter.

Ce qu’il faut, c’est se focaliser sur les failles du système et voir comment on peut les éliminer. Un premier constat nous permet de dire que la définition des proches (relatives) dans la PoCA est limitée. Il faudrait amender les lois. Qui le fera ? Bien sûr, il appartient à l'Assemblée nationale d’apporter ces changements, mais en même temps, on réalise que toutes ces affaires concernent des politiciens et leurs proches. Voudront-ils changer quelque chose si le peuple ne les pousse pas à faire ces changements ?

> Les commerces du tandem Nandanee Soornack-Rakesh Gooljaury à l’aéroport de Plaisance ont été diversement commentés, tout comme la déclaration du CEO d’AML, Serge Petit. Il avait d’abord déclaré que Nandanee Soornack n’a aucun business à l’aéroport pour ensuite se raviser lorsque la presse l'a mis devant l’évidence. Que pensez-vous de tout cela ?
Je ne pourrais imputer des motifs à Serge Petit. Nous regrettons que les choses se soient passées ainsi. C’est une bonne chose que la presse ait réagi tout de suite et qu’elle ait fait un travail de fourmi pour rétablir les faits. Cela dit, des questions se posent autour des nominations politiques ou encore de la transparence pour les procédures publiques.

D’autre part, les politiciens affirment toujours qu’il faut respecter les institutions. C'est cohérent, mais il ne faut pas qu’ils fassent ce qu’ils veulent des institutions ou qu’ils y placent des pantins qui vont corrompre l’objectif réel de ces institutions. Il faut que ceux qui ont été choisis agissent comme des professionnels. Par ailleurs, on peut s’étonner et s’interroger sur les circonstances selon lesquelles les contrats ont été attribués à cette compagnie particulière. Transparency Mauritius espère que les autorités puissent démontrer clairement que les procédures ont été respectées.

> Manque-t-il de transparence dans la gestion des affaires de l’État ?
Effectivement, il y a un manque de transparence et de communication au niveau de la gestion des affaires de l’État. Plusieurs politiciens ont promis une ‘Freedom of Information Act’ mais, une fois au pouvoir, ils l’oublient. Pourquoi ? Quel est ce besoin de favoriser les agents politiques ou autres proches pour les postes publics ? Le pays n’appartient pas à une poignée de personnes et leurs proches. Si on affirme vouloir travailler pour le pays, il faut rechercher la compétence. C’est seulement de cette façon qu’on pourrait encourager nos jeunes et leur donner l’espoir d’une île Maurice meilleure.

> Avez-vous l’impression que la population est réellement consciente des enjeux ?
Nous ne pensons pas que la population soit dupe. Elle se sent souvent prisonnière d’un système qui favorise les puissants du jour. Le Mauricien n’est pas de la trempe à descendre dans les rues pour demander des explications.

Cela réconforte sans doute les politiciens de tous bords. Nous devons donc développer une stratégie appropriée pour que la population se sente concernée, participe aux débats publics et qu’elle pousse les politiciens à apporter les changements dans le respect de la démocratie. Nous étudions actuellement une telle stratégie car il est clair que jusqu’à présent, le public n’a pas eu le catalyseur adéquat. Mais il faudrait que, tôt ou tard, la population réalise que c’est elle qui détient le véritable pouvoir et qu’elle l’a simplement délégué aux politiciens… Il faut aussi que les membres du public cessent de se prosterner devant les politiciens ou qu’ils leur demandent des faveurs en monnayant leurs votes.

Last modified on Sunday, 27 January 2013 07:52
Le Defi Plus

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