> Comment se porte la Mauritius Post ?
Très bien et ceci après 240 ans d’existence. Il faut reconnaître que la Mauritius Post a parcouru un long chemin depuis sa corporisation en 2003, pour passer d’un département gouvernemental vers une entité privatisée. Elle s’est transformée en une entreprise moderne, viable, performante et a intégré le paysage économique et social du pays.
La poste mauricienne continue à innover afin de répondre aux besoins de sa clientèle très variée, qui inclut aussi bien les grandes entreprises, les services gouvernementaux, les PME, les touristes et le public en général. Elle offre un portefeuille de plus de 65 produits et services, et se positionne comme une one-stop-shop dans chaque localité.
Notre expertise et notre expérience dans le domaine postal, de même que la force de notre réseau avec ses 114 points d’accès, demeurent des forces considérables sur lesquelles nous nous appuyons pour développer nos stratégies et nos services. Nous développons des partenariats stratégiques avec des leaders du marché afin d’offrir de nouveaux services à valeur ajoutée.
Notre accord avec la Deutsche Post DHL nous mène vers la distribution efficiente des envois de courriers express internationaux et une amélioration dans la prestation de nos services express, ainsi que le développement de nouveaux produits et services par le biais de leurs réseaux de distribution.
Grâce à notre accord avec le Sicom Group, nous avons construit un portefeuille de services post-assurance que nous offrons au public en général. À travers notre accord conclu avec Antara Bookshop, nous avons innové en offrant un service rapide et pratique pour la commande et la livraison des manuels scolaires dans tous les bureaux de poste.
> Qu’en est-il de la situation financière ?
Nos deux « roadmaps », dits plans stratégiques (2006-2009 et 2009-2012), ont emmené la poste vers la stabilité financière. Depuis 2007, la Mauritius Post réalise des profits. Cela a été rendu possible par la mise en place d’une stratégie financière stricte, favorisant la réduction des coûts d’opérations, la diversification de nos produits et services, le « reengineering » de nos procédés infrastructurels physiques et informatiques, le « conveyancing » et les services de mail.
Ces stratégies ont porté leurs fruits et nous comptons sur des profits avant impôts de Rs 50 millions pour l’année se terminant en 2011. Nous notons que les revenus provenant des produits et services non-postaux grimpent de 16 % pour cette année, alors que nous notons une baisse dans le volume des mails.
> Comment se fait la transition du papier vers la messagerie électronique ?
Comme à travers le monde, nous notons une baisse dans le volume des mails physiques qui est due aux substitutions électroniques. C’est pourquoi nous avons à nous réinventer en proposant des divers services non-postaux, une diversification vers des services financiers, électroniques et autres…
Nous avons introduit les e-post services, comme l’e-telegram, les services de comptoirs sur support informatique. Nous avons un website où les « queries » sont automatisées et se font en ligne pour nos services courriers, parcelles et lettres enregistrées vers l’étranger.
Nous évoluons vers le « hybridmail », où une compagnie peut nous « outsource » le traitement des mails en nous envoyant ses données en version « soft » et que nous convertissons en mail physique. Nous travaillons également sur un projet pour devenir un intermédiaire sécurisant les e-mails, le « registered e-mail service » pour des compagnies. Enfin, notre équipe sous la direction de son CEO Giandev Moteea, travaille sur d’autres services afin de palier la concurrence électronique.
> Quel effet les outils technologiques ont-ils eu sur les opérations de la poste ?
L’informatisation de la poste a été notre priorité depuis la corporatisation. Nous avons beaucoup investi sur l’informatisation de nos comptoirs, nos départements des finances, des ressources humaines, sur notre website avec le service « tract & trace » et en introduisant la « on-line payment solution », entre autres. Nous avons construit des interfaces avec des compagnies d’utilités publiques, et nous développons en interne un logiciel qui permet aux postiers d’utiliser un scanner pour le traitement des lettres recommandées afin d’augmenter leurs productivités.
> Recrutez-vous toujours des facteurs, ou est-ce un métier en voie d’extinction ?
Je ne pense pas que le métier de facteur est en voie de disparition car nous en avons besoin pour maintenir notre qualité de service et nous devons prévoir le remplacement de ceux qui partent à la retraite. Notre effectif consiste d’environ 500 facteurs, dont six femmes.
C’est bien connu que le facteur est l’ami de la famille. Il est la seule personne qui connaît chaque coin et recoin et chaque personne d’une région. De ce fait, il joue un rôle clé dans la distribution des lettres et agit comme le dernier maillon de notre chaîne de distribution. Contrairement à d’autres pays en voie de développement, en Afrique par exemple, nous offrons la « door-to-door delivery » pour la livraison du mail et courrier, avec une bonne qualité de service (Day+1 à 86%).
> Combien de lettres la poste a-t-elle traitées en 2011 ? Quelle est la tendance comparativement à 2010 ou 2009 ?
Comme dans d’autres pays, nous avons constaté à Maurice une baisse d’environ 10 % du volume total du courrier domestique traité en 2011, par rapport à l’année 2010. Au niveau du courrier international, nous avons remarqué que durant la même période, une baisse moyenne de 3,8 % pour le « incoming international mail », alors que la baisse est de 7,9 % pour le « outgoing international mail ». 90 % du courrier domestique proviennent des entreprises dites « corporate », qui envoient les « bulk mails » (factures, relevés de compte…) Au total, cela représente un total de 48 millions de lettres traitées par la Mauritius Post pour l’année 2011, contre 52 millions en 2010 !
> La poste a-t-elle réussi à se mettre au vert ?
Notre stratégie « green post » traduit dans le concret notre volonté pour que le développement postal soit partie prenante dans le développement durable de Maurice. Nous avons déjà initié plusieurs projets contribuant à faire de la Mauritius Post une « green and eco-friendly post ».
Nous avons déjà mis en place des mesures visant à réduire les émissions de CO2, comme par exemple revoir nos « mail delivery routes », l’utilisation des ampoules économiques dans nos bureaux de poste, l’adoption des « green habits » par nos employés à travers des campagnes de sensibilisation et le recyclage. Nous avons d’autres projets en cours.




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