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Friday, 25 January 2013 12:00

Sylvio de Lapeyre – Le pont entre peinture et écriture

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La peinture et la littérature font-elles bon ménage ? Sont-elles complémentaires, ou alors, comme l'affirment certains, appartiennent-elles à deux genres qui exigent un cloisonnement épais ? Pas vraiment aux yeux de Sylvio de Lapeyre, peintre autodidacte comme il se définit et qui vient de publier un ouvrage intitulé « Les ailes de mon pinceau. »
«L’écriture pour moi, c'est un peu comme les ailes de mon pinceau », écrit l'auteur dans la préface de son ouvrage. Dans le reste des pages, Sylvio de Lapeyre se met à découvert à travers quelques-uns de ses tableaux et ses pensées. L'exercice est rare de la part d'un peintre. Soit, il publie un livre d'arts – ses propres tableaux – et ce genre d'ouvrage tient plus du beau livre, sur papier glacé et offert en cadeau, soit il écrit un livre, dans le genre qui lui plaît. Point à la ligne. Mais pas les deux.

Sylvio de Lapeyre, entre abstraction et figuratif, tente d'expliquer ses tableaux. Parfois, le rapport est bien établi, parfois, il reste flou. Est-ce que le but recherché par l'auteur, qui exige du lecteur de faire l'effort nécessaire pour décrypter l'abstraction ? Dans les premières pages, il nous donne les clés pour comprendre sa démarche, en livrant le sens qu'il attribue à l'art. « L'artiste ne regarde pas la vie. Il la contemple. Il ne juge pas. Il constate. L'artiste ne décrit pas la nature. Il la fait rêver. L'art, c'est une psychanalyse consciente, c'est un rêve éveillé. »

Ces pensées qui sonnent sans sommation ne reflètent pas la nature des rapports que l'artiste peut avoir avec ses ouvrages. Pablo Picasso a peint la fresque 'Guernica', qui était une commande politique, et le peintre, lui-même engagé, a peint une œuvre empreinte de réalisme. D'autres, avant lui se sont emparés des scènes de la vie quotidienne pour réaliser des tableaux historiques. Jean-François Millet, dans son 'Angélus', dépeint un moment qui semble banal mais qu'il a voulu immortaliser à cause même du geste de ce couple de paysans pour qui l'Angélus signifie un moment de piété important. Quand Géricault, avant de peindre son 'Radeau de la Méduse', il s'est rendu dans une morgue pour étudier et 'croquer' des fragments de morts. On voit là que nous sommes loin d'un quelconque rêve.

Secrets
L’auteur de 'Les ailes de mon pinceau', lui, a choisi de nous mettre en confidence, partageant comme on dit dans la parfumerie, ses secrets de fabrication. Souvent, et même si le point de départ reste le tableau et semble fragmentaire, Sylvio de Lapeyre réussit à développer une idée, jusqu'à lui donner une consistance. C’est la que l’on s’aperçoit que la peinture n’est qu’un prétexte au service des pensées de l’auteur. Mais, on reste toujours dans le domaine de l’imaginaire, de l’inspiration, celui des mots, que l’auteur désigne comme un « don de la nature ». « Mais elle ne nous est pas donnée gratuitement, car elle sommeille au fond de l’âme. Il faut la réveiller, la cultiver, l’entretenir (…) »

Sylvio de Lapeyre semble s’inscrire résolument dans l’onirisme qu’il associe à l’imagination, à tel point qu’il avoue sa crainte de céder au réalisme. Ne dit-il pas : « Un danger me guette pourtant. Le réel s’installe chaque jour un peu plus dans mes compositions. » Est-ce à ce titre que cette inquiétude le mène sur la voie de la spiritualité, même s’il concède n’avoir ‘jamais pu prier ». « Quelquefois, je médite, mais souvent mon esprit s’égare et je ne revois que mes doutes et mes défauts. Peindre est ma seule prière où je peux rencontrer et parler à mon Moi, là où peut-être mon Dieu demeure. »

Ainsi donc – et c’est presqu’à la fin de son livre – Sylvio de Lapeyre ne conçoit pas l’œuvre créatif comme le fait seul de l’homme et que dernier accomplirait dans sa toute plénitude afin de se réaliser, mais plutôt comme moyen « en tant que créateur » de s’approcher de Dieu. Mais l’auteur est très loin de l’idée nietzschéenne de l’émancipation de l’homme de Dieu afin de s’accomplir. « N’étant que le produit de Dieu, il nous serait prétentieux de vouloir atteindre Dieu en ce bas monde. Il est néanmoins légitime de rechercher la part de divinité qui existe en chacun de nous.»

Pradeep Kumar Daby

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