21 November 2014
Petites Annonces Gratuite
FacebookTwitterGoogle PlusLinkedin
Facebook Like
Saturday, 24 December 2011 12:00

Yousouf Mohamed : « Je n’étais pas fait pour la politique, Shakeel, lui, oui » Featured

Rate this item
(0 votes)
Yousouf Mohamed est un homme comblé. Trois générations de ministres au compteur, y compris lui-même. Une carrière de grand ténor du barreau et un homme qui est en paix avec ses adversaires politiques d’hier, parmi les plus loquaces, Paul Bérenger.
Son étude, située au cœur de la jungle des avoués et avocats, à une encablure des salles de justice, ne désemplit jamais. Chaque client a droit à un discours approprié du maître, car il a appris à cerner les gens.

Le jour où nous l’avons rencontré, il vient de sermonner un client qui s’est fourré dans un piège, mais le ton reste résolument paternaliste. Il est comme ça, Yousouf Mohamed, entier, fidèle à ses convictions, chevillé par ses passions. Un trait hérité du père, sir Abdool Razack et légué au fiston, Shakeel qui, de l’avis de Yousouf, en fait un usage plus modéré et intelligent.

Deuxième fils – l’aîné Rashid vit en Angleterre - d’une famille qui compte aussi deux sœurs, dont une décédée, Yousouf a débuté ses études secondaires au collège Royal de Curepipe, mais confronté au racisme ambiant qui y règne, il part s’inscrire au collège Royal de Port-Louis. À 16 ans, il participe à la campagne électorale de son père, alors membre du Ralliement Mauricien.

Après ses études, il se frotte déjà au domaine légal chez un certain Gorah Issac. Bientôt, il part à Calcutta, où il passe le Senior à la St-James School. Plus tard, il part faire son droit en Grande Bretagne, puis en France.
En juillet 1966, le jeune homme épouse une fille de la famille Ramjanally, rencontrée à Calcutta. L’année suivante, se pliant au souhait paternel, le voilà aux côtés de Veerasamy Ringadoo et Mahesh Teeluck, qui remportent la circonscription de Moka/Quartier-Militaire sous la couleur rouge.

Scènes bouleversantes
Avec l’émergence du MMM et l’objectif de ce parti de prendre le pouvoir par les grèves, la coalition PTr/PMSD se trouve être confrontée à une opposition extraparle­mentaire intransigeante. Aux élections de 1976, le MMM remporte les 12 sièges de Port-Louis et la majorité des sièges à Maurice, mais bat d’une courte tête le Parti travailliste. À Plaine-Verte, sir Abdool Razack est battu.

Malade chez lui, un cortège mauve traverse devant son domicile en portant un cercueil en miniature. Cette scène bouleversera profondément la famille Mohamed et sir Abdool ne s’en relèvera pas. Yousouf le voit encore : « Il avait accepté la défaite et il avait appris la leçon. » À l’époque, la famille possédait une deuxième résidence à Quatre-Bornes, où un bureau et une pièce avaient été aménagés pour sir Razack. « Mon père venait y séjourner en fonction des saisons.

Moi, j’étais meurtri par le triste spectacle des militants à Plaine-Verte en 1976, c’est à partir de là que je me suis dit que je n’étais pas fait pour l’activisme politique. Je me pose des questions sur l’ingratitude de certains. Mon père avait tout donné aux gens de sa circonscription, de l’argent, des médicaments, des livres scolaires, du pain, du riz, mais l’électorat avait tout oublié. Je me souviens qu’il ne lui restait que Rs 2 000 sur son compte à la fin de sa vie. Je n’étais pas fait pour la politique, Shakeel, lui, oui »

Aux législatives de 1982, il réussit la prouesse de se faire classer en 4e position devant les candidats rouges. Après, sir Seewoosagur lui demandera de rejoindre les rangs rouges, qu’il ne quittera plus jamais.

S’il se définit comme un musulman pratiquant, Yousouf Mohamed n’oublie pas que sa mère était une Créole, certes convertie, mais dont le grand mérite a été de lui ouvrir les voies de la tolérance. « J’ai encore de la famille catholique en Australie et qui m’appelle, moi ou Shakeel, lorsqu’elle séjourne à Maurice. Nous sommes des vrais Mauriciens, tolérants et responsables. Moi, je suis bien à ma place, Shakeel a lui cette fibre politique, léguée par son grand-père. »

Le Defi Plus

Email This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.
Zero Tolerance

ZERO Tolérance

Les internautes qui voudraient commenter les articles qui sont publiés sur le site defimedia.info sont avisés qu'ils doivent éviter à tout prix d'utiliser des termes obscènes, racistes, communaux ou diffamatoires. La moindre utilisation d'un terme offensant entraînera le rejet automatique du commentaire soumis.

comments powered by Disqus

Magazine Popular Articles