Zone industrielle de Coromandel. Il est midi. Des ouvriers prennent leur déjeuner. Les conversations vont bon train. On parle de football anglais et les plaisanteries fusent. Personne ne semble se soucier des amendements qui seront apportés à l’Employment Relations Act et à l’Employment Rights Act. Nous abordons la question avec eux.
D’abord timides, ils hésitent d’en parler. Mais après les avoir mis en confiance, ils décident de vider leur sac.
Pascal, 30 ans, employé d’usine de textile depuis cinq ans, nous avoue qu’à part le nombre de congés annuels, le paiement des heures supplémentaires et le fait qu’on ne peut s’absenter pendant plus de trois jours, sans produire un certificat médical, il ne connaît pas grand-chose aux lois gouvernant les relations industrielles. Il n’est même pas syndiqué. « Du moment qu’on fait bien son travail et qu’on respecte ses supérieurs, on n’a pas à avoir peur de son patron », dit-il. Il nous avoue qu’en raison des fêtes de fin d’année, il n’a pas eu le temps de lire les articles de presse relatifs aux deux projets d’amendement.
Comptant une quinzaine d’années de service dans le même secteur, Sudesh explique qu’il suit de près les événements du monde syndical, à travers la presse. Il avance qu’il a une grande admiration pour le travail abattu par le syndicaliste Ashok Subron et les autres dirigeants de la General Workers Federation. Il reconnaît aussi le travail abattu par Reeaz Chuttoo de la Confédération des travailleurs du secteur privé.
« J’aurais souhaité que ces deux syndicalistes chevronnés arrivent un jour à travailler ensemble dans l’intérêt des travailleurs. » Concernant l’Employment Relations (Amendent) Bill et l’Employment Rights (Amendent) Bill, il nous avoue qu’il n’en connaît pas grand-chose, sauf ce qu’il a lu dans les journaux. Il aurait souhaité que l’on distribue une copie de ces deux projets de loi sur les sites de travail, afin d’éclairer davantage les travailleurs.
Programme étoffé
Au niveau du ministère du Travail, des Relations industrielles et de l’Emploi, on accorde une grande importance à la formation en matière de relations industrielles.
En 2012, les officiers ont animé plus de 300 séminaires au niveau national et au niveau des entreprises. Les participants ont été formés sur les législations du travail, de la santé et de la sécurité au travail. Ces cours étaient destinés aux délégués syndicaux et directeurs des ressources humaines. « C’est à leur tour de former les autres employés », nous dit un officier de ce ministère.
On apprend que pour 2013, le ministère a mis au point un programme de formation étoffé, qui couvre plusieurs secteurs d’activités. Parmi, il y a les Electrical at work Regulations, Scaffold Regulations, Use of Chemical at work et Industrial psychology and stress management.
Dans le but d’informer davantage les travailleurs de leurs droits, le ministère fait la traduction des principales clauses des législations du travail en kéole, pour être distribuées sur les sites de travail.
De son côté, Jane Ragoo avance que la Confédération des travailleurs du secteur privé assure la formation permanente de ses membres. Outre des réunions nocturnes, il y a la distribution de magazines et CD sur les lois du travail aux travailleurs.
Une semaine pour apprendre
Le président de la Government General Services & Other Unions, Rashid Imrith, explique qu’une des conditions pour qu’on soit recruté comme Clerical Officer, entre autres, est de bien connaitre les « Rules and regulations » qui régissent le service civil. Dès qu’une personne intègre le service, on lui donne une compilation des lois et une semaine pour les lire. Ces documents comprennent la PSC Regulations, le Personal Management Manual, Offiial Secrecy Act, le Financial Management Manual, l’Employment Relations Act et l’Employment Rights Act. C’est après avoir pris connaissance de ces règlements, qu’elle signe un document attestant qu’elle accepte ces conditions.
Selon le président syndical, dans leur grande majorité, les fonctionnaires signent aveuglément ce document, car ils ne peuvent étudier toutes ces législations en une semaine. D’où sa demande pour que tout fonctionnaire qui entre dans le service civil ait l’occasion de suivre un cours de formation d’un mois au Civil Service College.
Rashid Imrith avance que son syndicat octroie des cours sur les règlements en vigueur dans la Fonction publique et autres législations du travail quand les fonctionnaires doivent participer à un examen organisé par la Public Service Commission, en vue des promotions.
20 May 2013

Saturday, 12 January 2013 08:00
Éducation des travailleurs – Place à la formation en relations industrielles Featured
L’éducation des travailleurs occupe une grande place dans l’agenda du ministère du Travail, des Relations industrielles et de l’Emploi, et les syndicats leur dispensent des cours sur les lois industrielles. Mais force est de constater qu’une majorité ne connaît pas les grandes lignes de ces législations.
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Published in Société
Mario Boutia
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