24 May 2013
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Sunday, 13 January 2013 10:25

Prix des manuels scolaires et des fournitures en hausse – Le business de la rentrée scolaire Featured

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La cloche indiquant la reprise des cours sonnera lundi. Mais la bourse des parents est déjà mise à rude épreuve car, après les dépenses liées aux festivités de fin d’année, voici celles pour l’éducation de
leurs enfants.
Comme à chaque rentrée, les parents des élèves doivent allouer un budget aux fournitures scolaires. Les magasins, les marchands ambulants et les grandes surfaces, qui vendaient, il y a une semaine, des guirlandes et des décorations de Noël, les ont remplacées avec empressement par du matériel scolaire.
La vente de ces produits est lucrative, et ce, au détriment du consommateur. D’année en année, sans que le public n’en connaisse la raison, les prix du matériel scolaire, des livres et des uniformes prennent l’ascenseur. La rentrée reste une mine d’or pour les commerçants.

Les parents tentent de trouver un magasin ou un marchand ambulant qui leur permettront d’économiser quelques sous, mais cette démarche est comparable à chercher une aiguille dans une botte de foin.
Pour ceux qui font leur entrée au collège, l’achat d’uniformes est inévitable. Ces parents doivent y consacrer une grosse somme. De plus, certains collèges vendent eux-mêmes les uniformes. Aux dires de nombreux parents, cette pratique ne fait qu’alourdir les dépenses liées à la rentrée.

« J’ai déboursé Rs 450 pour une robe et la blouse m’a coûté Rs 250. Le tissu n’a rien de spécial et pour la blouse, c’est l’insigne du collège qui la différencie de celles en vente aux coins de rue. À mes yeux, un ourlet ou des coutures spécifiques pour un établissement sont dérisoires. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi certains collèges continuent d’imposer l’achat d’uniformes à un prix aussi élevé. Je me demande si ces éléments sont vraiment importants pour l’éducation », explique la mère d’une fille en Form I.

Tour des magasins
Véronique, une habitante de Quatre-Bornes, fait le tour des magasins en quête d’uniformes à un prix abordable. « J’étais occupée pendant la période festive et ce n’est que maintenant que j’ai le temps de faire des achats, en vue de la rentrée scolaire. Les prix des uniformes et du matériel scolaire ont augmenté. »

« Un pantalon et une chemise pour un enfant de 8 ans coûtent plus de Rs 900. Tandis qu’une robe et une blouse coûtent Rs 735. J’ai ainsi déboursé plus de Rs 1 635. Avant de faire les magasins, je me suis renseigné auprès d’un tailleur. Il m’a demandé d’acheter les tissus, ce qui me coûterait plus de Rs 500. En somme, un pantalon et une chemise me coûteraient deux fois plus cher. Je n’ose pas imaginer le calvaire des parents qui ont plus de deux enfants », souligne cette mère de famille.

Le prix des cartables et celui des chaussures fait aussi sourciller les parents. Chez les marchands ambulants de la gare Victoria, Port-Louis, les cartables et les chaussures attirent l’attention de nombreux passants. Mal-heureusement, les cartables à Rs 250 ne font pas la joie des enfants et ces marchands en profitent pour les influencer. Se tournant vers l’enfant, le marchand lance : « Quel est ton héros de bandes dessinées, quel est ton jeu vidéo préféré ? » pour finalement s’adresser aux parents : « Pran li madam, fer zanfan la plezir ».

Sans oublier que les cartables à l’effigie des personnages de dessins animés, tels qu’Angry Birds, Ben 10 ou Hannah Montana varient entre Rs 450 et Rs 500. Comme les cartables et les chaussures en vogue doivent être assortis, les marchands suggèrent aux parents l’achat d’une paire de chaussures qui coûtent plus de Rs 500. Le plus surprenant, c’est la différence de prix pour un même produit entre les marchands, ce qui démontre qu’il y règne un esprit de business.

Livres et accessoires exclusifs
Dans certains collèges, les manuels sont préparés par les enseignants. Et, pour encourager leur vente exclusive, ces livres ne sont pas disponibles dans les librairies. Les parents d’élèves sont contraints de les acheter au prix fixé, car ces livres figurent au programme d’études. Beaucoup de parents montrent leur mécontentement à ce sujet, mais n’y peuvent rien.

Jayen, père de trois enfants, se retrouve dans une situation assez difficile. « Mes deux fils fréquentent le même collège privé. La direction m’a informé que je devais impérativement acheter les livres, les cahiers, les vêtements de sport et tous les accessoires au collège même. Les prix varient entre Rs 300 et Rs 500 par livre, ce qui équivaut à un budget de plus de Rs 6 000 tous les livres au programme. La somme totale est exorbitante », affirme-t-il.

Nouvelle édition chaque année
Du fait que les prix des livres sont fixes dans toutes les librairies, la vente de livres neufs se passe dans la transparence. Néanmoins, chaque année, les éditions changent et les livres de l’année précédente ne peuvent être échangés. Plusieurs parents modestes se retrouvent alors dans l’impasse. Le responsable d’une librairie de Port-Louis nous montre son désarroi en ce qui concerne la vente des livres d’occasion.
« Ces livres se vendent à moitié prix, ce qui allège les dépenses des parents.

Cependant, nous avons décidé de ne plus acheter ces livres, car nous ne parvenons plus à les revendre. À cause de la nouvelle édition, ces livres sont obsolètes. Les parents sont contraints d’acheter les livres neufs sans pour autant bénéficier d’un rabais grâce aux livres de seconde main. De plus, on a constaté que les changements effectués dans les manuels sont très basiques. Par exemple, pour des livres de grammaire, seulement deux ou trois pages ont été ajoutées. Ce changement semble inutile, car on sait tous que la base de la grammaire ne peut être altérée. Tout porte à croire qu’il s’agit d’un vrai business », explique le libraire.

Van scolaire : augmentation de 15 % à 20 %
L’annonce d’une hausse de 15 % à 20 % du prix du transport scolaire n’a fait qu’augmenter le stress des parents. Cette augmentation du prix ne fait qu’étoffer le budget des parents. Nazir Junggee, président du Komité Van Lekol, a déclaré au Défi Quotidien que c’était une augmentation justifiée en fonction du taux élevé des dépenses courantes encourues par les chauffeurs.

« Nous avons beaucoup de frais pour le maintien de nos véhicules et les dépenses courantes ne cessent d’augmenter. Actuellement, nous devons dépenser environ Rs 1,2 million pour l’achat d’un véhicule neuf pour transporter les enfants. La sécurité et le confort des enfants  sont importants. Autrefois, un véhicule neuf tournait autour de Rs 800 000 à Rs 900 000, mais tout a augmenté.

Nous espérons que nous pourrons bénéficier des facilités, comme le duty-free, pour acheter un véhicule neuf », souligne-t-il. Premila, une habitante de Palma, se dit être tout de même heureuse d’apprendre que les autorités ont prévu plus de sécurité pour leurs enfants aux abords des vans scolaires. « On doit dépenser plus et on n’y peut rien. Je ne peux pas accompagner mon fils tous les jours par bus de Palma à Belle-Rose. Nous devons désormais débourser plus de Rs 750 pour les frais de transport mensuellement. Tous les frais scolaires ont augmenté durant ces dernières années. En tant que parents, on s’efforce de fournir l’essentiel à nos enfants », affirme-t-elle.

Manuels scolaires
Classe                                  Neuf                            D’occasion
Form 1                      Rs 1 500 à Rs 1 800           Rs 900 à Rs 1 200
Form 2                      Rs 1 500 à Rs 1 800           Rs 1000 à Rs 1 200
Form 3                      Rs 1 800 à Rs 2 000           Rs 1 200 à Rs 1 500
Form 4 & 5                Rs 2 500 à Rs 3 000           Rs 1 800 à Rs 2 000
Lower & Upper 6        Rs 3 000 à monter             Rs 2 000 à 2 500

Tableau des prix
Primaire                                Classe modeste      Classe moyenne              Aisée
Uniforme (2)                         Rs 400 à Rs 600      Rs 400 à Rs 600        Rs 400 à Rs 600
Sous-vêtements (6)                Rs 200 à Rs 400     Rs 400 à Rs 500        Rs 700
Mouchoir (12)                       Rs 100                   Rs 100                      Rs 100 à Rs 150
Cartable                               Rs 200                   Rs 200 à Rs 750         Rs 750 à Rs 1 200
Boîte à manger                     Rs 50                     Rs 100                      Rs 150
Chaussures  (1)                    Rs 200                   Rs 200 à Rs 1 200       Rs 1 500 à Rs 3 000
Chaussettes (3)                    Rs 75                     Rs 100                       Rs 150
Fournitures scolaires             Rs 100                   Rs 100 à Rs 200           Rs 300

Fees P.T.A
Varient entre Rs 250 et Rs 800

Micro-trottoir
Mohamad Jadoo, Port-Louis : « On est obligé d’acheter des livres neufs chaque année »
J’ai deux fils qui sont en Form II et en Form III respectivement. Quand j’étais étudiant, on échangeait nos livres de génération en génération. Or, maintenant, ce n’est plus possible. Cette année j’ai payé Rs 5 000 pour les livres, sans compter le matériel scolaire. Pourtant, les livres de mon fils aîné auraient pu être utilisés pour le benjamin, mais c’est impossible, car il y a chaque année une nouvelle édition. L’époque où on échangeait les livres entre voisins ou autres membres de la famille est révolue.

Steward Rose, Sainte-Croix : « Il s’agit d’un vrai business »
J’ai dépensé une petite fortune pour acheter les livres de ma fille. Je ne comprends pas pourquoi les éditions changent chaque année et qu’on nous dit que les livres ne peuvent pas être échangés ou vendus. Cela nous aurait été d’une grande aide, si on pouvait échanger les livres de l’année précédente contre ceux figurant sur la liste pour la rentrée.

Corrina Telcide, Cité La Ferme : « Il faut être prévoyant »
Quand on a des enfants à l’école, il faut être prêt à faire des dépenses. Il est alors important de faire des économies. Mon fils entre en Form II cette année et j’ai commencé à acheter le matériel scolaire dès le début des vacances scolaires. J’ai remarqué que les prix sont très abordables à ce moment-là, contrairement à maintenant, car les marchands en profitent pour augmenter leurs profits.

Kavita Bhoodoo, Bel-Air-Rivière-Sèche : « Une vraie magouille »
Pendant la semaine qui précède la rentrée scolaire, les marchands et les librairies magouillent dans le seul but de se remplir les poches. Les prix des livres et du matériel scolaire me donnent la migraine. Jusqu’ici, j’ai dépensé plus de Rs 1 500 et il me reste une longue liste de choses à acheter.



Le Dimanche/L' Hebdo

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