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Saturday, 09 February 2013 10:00

China Town – Ceux qui résistent à l’épreuve du temps Featured

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Au fil des années, China Town se modernise et laisse aujourd'hui la place aux grands centres commerciaux. Au grand dam des petits commerces traditionnels qui disparaissent ou se battent contre vents et marées pour survivre. Mais ils sont nombreux à avoir résisté à l’épreuve du temps.
12 h 30. À quelques jours du Nouvel an chinois, l’ambiance n’est pas festive au cœur de China Town. Le quartier chinois n’a pas encore vêtu ses habits de lumière. Les lampions rouges sont quasi inexistants. Chacun vaque à ses occupations. On remarque quelques marchands ambulants qui ont installé des tables au bord de la rue pour vendre les pâtisseries traditionnelles chinoises.

C’est le commerce qui prime dans cette petite parcelle de culture asiatique nichée au centre de Port-louis, délimitée du Nord au Sud par les deux portiques dominant la rue Royale. Si autrefois, son architecture orientale très caractéristique et ses enseignes en mandarin offraient un réel dépaysement, aujourd’hui ce sont les centres commerciaux et autres bâtiments à l’architecture moderne qui règnent en maître. Les magasins de meubles, de prêt-à-porter et les quincailleries se comptent par dizaines. Sans oublier les innombrables restaurants chinois qui font de China Town le lieu privilégié des Sino-mauriciens.

Rendu célèbre par son commerce de détail florissant et ses établissements datant de plus d'un siècle, China Town perd peu à peu de son authenticité. Et ce n’est pas Arthur Ng qui dira le contraire. Marchand de boulettes, sis à la rue Emmanuel Anquetil, Arthur Ng a été témoin de la transformation du quartier chinois.

« Cela fait 53 ans que je suis ici. Mon père était marchand de boulettes comme moi. À l’âge de 5 ans, je l’accompagnais déjà et j’ai repris le flambeau. Je connais China Town, mais il n’est plus le même. Auparavant, à quelques jours du Nouvel an chinois, les rues étaient décorées, une ambiance de fête y régnait. Aujourd’hui, il n'y a que quelques magasins qui décorent leurs vitrines », précise Arthur.

Selon lui, si le quartier chinois n’affiche plus le même éclat, c’est parce qu'il se vide peu à peu de ses habitants pour faire de la place aux restaurants , aux snacks et surtout à une zone commerciale plus conséquente. Aussi, Arthur Ng estime que China Town meurt à petit feu à mesure que disparaissent les Sino-Mauriciens de la première génération. Avec elle, les commerces traditionnels, comme les marchands de boulette.

« Tout a changé, et les commerces traditionnels peinent à survivre, comme les marchands de boulettes » confie-t-il. Ces marchands se comptent sur les doigts d'une seule main à China Town. À ce jour, il n’y a que trois dans tout le quartier. Si les autorités en sont pour quelque chose, Arthur Ng admet que le métier n’attire plus grand monde.
« Les jeunes ne veulent pas faire ce travail. Ils aspirent à des métiers plus prometteurs. Et nous n’avons pas le choix que de les encourager même si nous savons qu’après notre génération, il n y aura personne qui prendra le flambeau », dit Arthur.

Lai Min : le plus vieux restaurant de China Town
Nouveau décor, nouveau look, le restaurant Lai Min a fait peau neuve. Et pourtant, ce restaurant est le plus ancien de China Town qui a su résister à l’épreuve du temps. La décoration a été refaite depuis fin 2012, dans un esprit zen et contemporain. Des tapisseries jaune et beige ornent les murs.

Mais pas de rouge en vue. Jean-Pierre Lai Min, propriétaire du restaurant, a voulu changer complètement de décor en éliminant le rouge qui était omniprésent depuis 66 ans. « Nous avons voulu que le client ait l’impression de pénétrer dans un autre restaurant et je pense que nous avons réussi notre coup », explique-t-il. Ce ‘relooking’ était essentiel, selon lui, pour faire face à la modernité. C’est en 1946 que le père de Jean-Pierre Lai Min, qui immigre à Maurice, décide d’ouvrir un petit snack de 11 couverts. « Le restaurant était en bois et il y avait un petit balcon. Mon père n’était pas restaurateur, mais commerçant. À l’époque, c’était ce qui marchait le plus », dit Jean-Pierre.

Puis en 1968, le restaurant s’agrandit. Mais la compétition est féroce dans ce quartier où les restaurants se comptent par dizaines. C’est ainsi que le propriétaire change de stratégie dans les années 80 en ciblant les touristes. « Au moment où le tourisme était en plein essor à Maurice, nous avons voulu en profiter également. Nous avons travaillé avec les guides touristiques pendant plusieurs années, mais après nous sommes revenus vers notre clientèle d’origine, les Mauriciens », raconte Jean Pierre Lai Min. Sa spécialité de cuisine vapeur séduira plus d’un et aujourd’hui le restaurant Lai Min ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Chinese Daily News : toujours au front
La Chinese Daily News, le plus ancien journal chinois de l'île, répond toujours présent. Cela fait 80 ans que ce quotidien informe la petite communauté chinoise sur les nouvelles d'actualité, des activités et nouvelles internationales sur quatre pages. Situé à la rue Remy Ollier, le Chinese Daily News compte une équipe de 10 personnes, incluant deux journalistes. « C'est How Choong et quelques autres associés qui ont fondé le journal. À l’époque, le tirage était à plus de 2000 exemplaires par jour », indique Patricia How, la rédactrice en chef. Aujourd'hui, le tirage a considérablement baissé.


La raison avancée, les jeunes Sino-mauriciens optent pour des journaux en français. « Les personnes qui comprennent le chinois se font rares. La plupart des gens préfèrent lire un journal en français ou en anglais. Notre clientèle se résume uniquement aux vieux. Nous ne travaillons pas uniquement pour avoir de l'argent, car cela ne rapporte pas beaucoup. Notre but est de préserver cette valeur culturelle qui disparaît de jour en jour », dit-elle.

Et pour garder en haleine ses lecteurs, le Chinese Daily News essaie de marquer la différence avec les autres journaux. « Par exemple, pour les lauréats, nous avons rencontré ceux qui sont d’origine chinoise et nous avons aussi fait des recherches sur leurs aînés. Nous essayons d’apporter un petit plus », explique la rédactrice en chef. Pour faire face à la compétition, le Chinese Daily News a dû passer à l'offset en 1992. Une compétition coriace car la petite communauté chinoise à Maurice compte trois journaux à ce jour. Mais selon Patricia How, ce qui contribue à la survie de cette presse chinoise, c'est l'arrivée des travailleurs chinois dans l'île. « Nous arrivons à rester en vie malgré les difficultés car nous avons quand même un lectorat grâce aux travailleurs chinois et ceux qui se sont mariés aux Mauriciens ».

Le Mahjong trouve toujours des adeptes
Le Mahjong, dominos chinois, compte toujours des adeptes dans le quartier. Et c’est le club 'On Quet', qui compte plus de 80 ans d’existence, situé à l'étage d'un vieux bâtiment colonial à la rue Royale qui accueille les joueurs tous les jours. Mais ce sont principalement les vieux qui fréquentent ce club de 9 à 21 heures et qui prennent grand plaisir à jouer au Mahjong, jeu traditionnel chinois connu depuis des siècles. « C'est avant tout un jeu de patience qui fait appel aux qualités d'adresse, de stratégie et de mémoire », explique le gérant de ce club. Mais c’est au courant de la journée que le club accueille le plus de monde. « Nous venons ici pour nous détendre.

C’est un endroit où nous pouvons rencontrer les amis et en même temps faire une bonne partie de Mahjong », confie un homme de 70 ans. Des tables de quatre sont installées dans une petite pièce, où les joueurs s'en donnent à cœur joie. « Ils ne misent pas gros car l'importance pour eux est de se distraire et retrouver un peu l'atmosphère d'antan », ajoute le gérant du club. Il est d’avis que le Mahjong est en passe de disparaître car la nouvelle génération est plus attirée vers d’autres activités. « Les jeunes ont d’autres occupations. Ils aiment la musique et préfèrent se détendre dans les pubs ou encore faire des sorties entre amis plutôt que d’organiser des parties de Mahjong. Dans une vingtaine d’années, je pense que ce jeu ne sera plus qu’un souvenir », précise-t-il.

Chu Fung Leung : l’authentique pâtisserie chinoise
Si les journaux trouvent toujours preneurs, les gâteaux aussi. La première et seule boutique, qui vend des gâteaux faits dans la pure tradition chinoise, existe toujours et elle est bondée de monde. Son nom 'Chu Fung Leung'. Dans son étroite boutique en bois et en tôle, vieille de 82 ans, H.K Chu Fung Leung propose la pâtisserie chinoise. Gâteaux cravate, l’incontournable Nien Kaw ou gâteau la cire dans le jargon mauricien, chipek, gâteau gingeli et gâteau banane, entre autres, sont disposés sur une vitrine. Et son ‘gâteau la cire’ est unique, car la boutique Chu Fung Leung est la seule à Maurice à en proposer avec de la marmelade d’orange.

« Nous n’avons pas voulu que nos gâteaux deviennent commerciaux, car nous voulons garder leur qualité et respecter la tradition » confie H K Chu Fung Leung. Et c'est cette originalité et ce concept traditionnel qui attirent les clients. « Nos clients ne sont pas uniquement des chinois mais de toutes les communautés », se félicite Bernard. Le succès de cette pâtisserie chinoise réside dans ses recettes jalousement gardées et qui se transmettent de génération en génération. C'est le père de Bernard Chu Fung Leung qui est le propriétaire et c'est son grand-père qui en est le fondateur, un Chinois qui s’est installé à Maurice dans les années 20.




Last modified on Saturday, 09 February 2013 08:13
Nathalie Marion Mungur

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