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Sunday, 17 February 2013 12:00

Il y a 44 ans, Alexandra de Kent visitait Maurice – Un modeste planteur de thé accueille une princesse d’Angleterre Featured

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La famille Pandea devant la maison qui accueillit la princesse Alexandra. La famille Pandea devant la maison qui accueillit la princesse Alexandra.
La princesse Alexandra de Kent visita l’île Maurice en septembre 1969. Sur son itinéraire figurait une visite à l’usine de thé de Dubreuil. Elle profita de l’occasion pour se rendre chez l’un des planteurs de thé de la région. Baggeea Pandea accueillit chez lui, ce membre de la famille royale d’Angleterre.
Dubreuil, 1969. Baggeea Pandea, un jeune et modeste planteur de thé, va voir le cours de son existence bouleversé, quand il est sommé de se préparer pour accueillir, chez lui, la princesse Alexandra de Kent en visite à Maurice !

L’idée est de M. Moorghun, membre du Tea Board, à Wootun. Pandea a été choisi parce qu’il est le président du conseil de village (1967-70). La princesse se rendra d’abord à l’usine de thé de Dubreuil avant de venir chez lui.

« Les préparatifs ont commencé un mois avant sa venue, se souvient sa veuve. Les membres de la Central Intelligence Division faisaient des va-et-vient pour s’assurer des dispositifs de sa sécurité.

Mon mari, nos six enfants en bas âge et moi avons reçu une formation sur comment accueillir un personnage royal, sur la manière de le saluer, entre autres. Nous avons fait des répétitions tous les jours. Nous avons même répété quelques minutes avant la venue de la princesse. »

À l’époque, la rue devant mener la princesse chez les Pandea n’est pas encore asphaltée. « Les autorités ont fait venir du corail que des ouvriers ont écrasé et étalé sur le parcours. La rue est devenue toute blanche et éclatante », se souvient Anand Pandea, neveu de Baggeea Pandea.

Les autorités interviennent aussi d’autres manières. Lors d’une inspection chez la famille Pandea, des officiers remarquent que des matériaux (des feuilles de tôle et des barres de fer) gisent dans la cour. Baggeea leur explique qu’il a acheté ces matériaux pour agrandir sa cuisine.

Comme cela fait plutôt désordre dans la cour, les officiers lui proposent de prendre le travail à leur charge. L’agrandissement de la cuisine est terminé en deux jours.

« Tout le voisinage savait que la princesse Alexandra allait venir chez nous, raconte Ashok Pandea, fils aîné de Baggeea, aujourd’hui la cinquantaine. Les autorités se sont chargées de leur montrer comment accueillir la princesse. »

Un thé à Dubreuil
Le jour de la venue de la princesse Alexandra, le paisible village de Dubreuil (encore plus paisible en ce temps-là !) est en effervescence. Accompagnée de son mari, Angus Ogilvy, du ministre des Affaires étrangères, sir Satcam Boolell, et d’autres personnalités, la princesse débarque donc à l’usine de thé de Dubreuil, alors en pleine activité, avec pour directeur M. Baissac. Après la réception d’usage et une visite de l’usine, elle se dirige ensuite vers la modeste demeure des Pandea.


L'usine de thé désaffectée de Dubreuil.

« Les gens étaient massés des deux côtés de la route toute blanche, Des écolières agitaient des petits pavillons », se remémore Anand qui était, lui, sur la route. Quand le cortège royal s’arrête devant leur maison, tous les membres de la famille Pandea sont à l’intérieur. « On nous a priés de rester à l’intérieur pour accueillir la princesse au seuil de la porte et non à la porte d’entrée de la cour », se rappelle la veuve Pandea.

« Nous lui avons serré la main et elle a entamé la conversation avec mon mari dans le salon. Pendant la conversation, elle et les personnes qui l’accompagnaient se sont ensuite dirigées vers le fond de notre maison, avant de revenir dans le salon », ajoute-t-elle.

« La visite a duré environ une demi-heure. Pendant tout le temps qu’elle a passé chez nous, elle est restée debout. Et elle n’a rien bu. Le thé, elle l’avait déjà bu à l’usine de production. »

Suite à la visite de ce membre de la famille royale d’Angleterre, la Bois Chéri Road changera de nom pour prendre celui de Princess Alexandra Road. « Pour marquer cette visite, les autorités y placèrent un panneau souvenir. Mais des vandales l’ont saccagé », regrette la veuve de Baggeea Pandea.
« Mon père était un homme humble qui a eu, cependant, l’occasion de côtoyer des personnages importants durant sa vie », dit Ashok. Baggeea Pandea est décédé en 1983.

Quarante-quatre ans après cette visite royale qui l’a marquée à jamais, la veuve Pandea habite toujours la même maison (qui a été agrandie, bien sûr). Elle y vit avec son plus jeune fils, Anil, marié et père d’un garçon âgé d’une quinzaine d’années et d’une fille encore plus jeune. Comme son père autrefois, Anil a été, à son tour, président du conseil de village de Dubreuil. Quant à Ashok, il s’est établi depuis maintenant vingt-cinq ans en France. Il est venu à Maurice le mois dernier pour des vacances et est retourné en France il y a quelques jours.

Une visite royale vivement contestée
La visite de la princesse Alexandra de Kent à Maurice fut vivement opposée par un tout nouveau parti, le Mouvement militant mauricien (MMM), dont les membres brandirent des pancartes ‘Alexandra Go Home’ sur son passage.

Les militants massés au rond-point de Saint-Jean alors que la princesse devait se rendre au château de Réduit furent chargés par des soldats de la Special Mobile Force à coups de grenades lacrymogènes et des bâtons… de la reine. Le combat du MMM à l’époque était contre l’impérialisme occidental représenté par les états-Unis, l’Angleterre et la France. Il tirait à boulets rouges sur plusieurs multinationales qu’il accusait de pratiquer un impérialisme éhonté.

Parmi elles se trouvait la Lonrho, propriétaire des établissements sucriers de Mon-Désert Alma, Highlands et Britannia à Maurice. Alexandra de Kent était mariée à Angus Ogilvy, grand patron de la firme Lonrho. Initialement, elle devait venir à Maurice le jour de l'Indépendance, le 12 mars 1968, en tant que représentant de la reine d’Angleterre, Elizabeth II.

Mais à cause des bagarres raciales de janvier 1968, cette visite fut reportée par Londres par mesure de précaution. Le 23 avril 1969, Reuters annonça la visite de la princesse Alexandra en août à Madagascar, précisant qu’après la Grande Ile, la princesse viendrait à Maurice le 12 septembre.

Le 4 septembre, la police interdit un forum que le MMM devait tenir à l’hôtel de ville de Quatre-Bornes. Quand les militants protestèrent contre ce déni de liberté d’expression, la police saisit leurs pancartes. Le leader du MMM, Paul Bérenger, vit là une menace d’arrestations de dirigeants militants pendant la visite de la princesse Alexandra et menaça d’entamer une grève de la faim.

Sous pression, Oomashankar Hawoldar, maire travailliste de Quatre-Bornes, refusa de mettre l’hôtel de ville à la disposition du MMM pour un second forum fixé pour le 10 septembre. Une décision vivement décriée par Dev Virahsawmy, alors militant des plus virulents du parti mauve. Une quinzaine de militants fut effectivement arrêtée le samedi 13 septembre. Le même jour, dans l’après-midi, Bérenger fut agressé à la rue Vieux-Conseil, Port-Louis. Le militant Chafeek Jeerooburkhan fut même grièvement blessé et dût être hospitalisé.




Last modified on Saturday, 16 February 2013 21:49
Meemah Aumeer-Daharee

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