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Thursday, 13 September 2012 12:00

Spéculation foncière – Ces terrains vendus deux fois plus cher

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Un terrain qui vaut Rs 12 000 la toise à Flic-en-Flac, est en vente à Rs 20 000 la toise. Un autre est vendu à Rs 30 000 la toise alors que son prix réel est de Rs 16 000 la toise…
De nombreux agents immobiliers déplorent que les prix des terrains ne reflètent pas la réalité du marché. Les Mauriciens se retrouvent pénalisés et doivent s’endetter pour devenir propriétaires sinon se contenter d’être locataires. 

C’est une réalité ! Les terrains sont surévalués à Maurice. Ce n’est pas Laval Savreemootoo, président de l’Association de l’immobilier à Maurice, qui affirmera le contraire. « Il y a encore quelques années, un terrain à Flic-en-Flac valait Rs 5 000 la toise avant d’atteindre Rs 8 000 la toise en seulement une année et Rs 15 000 la toise trois ans plus tard. Les prix grimpent à une vitesse folle et sont loin de correspondre à la valeur réelle des terrains mis en vente », déplore l’agent immobilier.

Les exemples ne manquent pas. Un terrain à Flic-en-Flac est en vente aujourd’hui entre Rs 20 000 (à l’intérieur) et Rs 35 000 la toise (près de la plage) alors que le prix réel est de Rs 12 000 et Rs 22 000 respectivement. Un phénomène qui s’est étendu à travers l’île. Derrière cette spéculation foncière se cachent plusieurs facteurs. D’abord, il y a la loi du marché. « Vu qu’il y a une forte demande pour les terrains, les prix prennent l’ascenseur », soutient Jocelyn Guitary Lacour, directeur de Dream Construction.

Autre raison derrière cette surenchère des prix des terrains : le manque de professionnalisme de certains agents immobiliers. « Certains ‘agents immobiliers’ ne connaissent pas le marché et ne peuvent donc pas conseiller correctement les gens sur la valeur immobilière. On retrouve aussi des ‘agents immobiliers’ qui connaissent l’immobilier, mais qui ne le comprennent pas alors qu’une partie d’entre eux ne connaît même pas le marché », décrie Uttum Sanmukhiya, directeur de V5 IMMOBILIER.

Des propriétaires qui « tini prix »
En ligne de mire, on retrouve aussi des spéculateurs qui achètent des terrains et les revendent à des prix surélevés. « Ils profitent de la baisse des taux d’intérêt pour investir dans des biens immobiliers », indique Laval Savreemootoo. Les autorités ont aussi leur part de responsabilité. « Le gouvernement n’a pas assez informé les gens sur les projets d’Integrated Resort Scheme (IRS) et de Real Estate Scheme (RES). Les propriétaires de biens fonciers ont mal interprété les choses et ont cru que les étrangers allaient acheter des terrains à Maurice et ils donc revu leur prix à la hausse », explique Uttum Sanmukhiya. Ainsi, de nombreux propriétaires veulent vendre leurs terrains au double de sa valeur.

« Qu’un propriétaire souhaite vendre son terrain le plus cher possible est un comportement normal, mais il faut être réaliste. C’est le devoir de l’agent immobilier de l’informer que sa demande ne reflète pas la réalité du marché. Or, certains agents acceptent, malgré le fait qu’ils savent que le prix demandé est exorbitant. Cela, afin de ne pas perdre le client », s’insurge notre interlocuteur. Toutefois, si certains propriétaires pressés finissent finalement par baisser leurs prix, poursuit Uttum Sanmukhiya, d’autres propriétaires « tini prix ».

Une situation qui n’est pas sans conséquence. Ce sont les particuliers qui en font les frais. « Il y a beaucoup de Mauriciens qui souhaitent acheter un terrain, mais les prix sont exorbitants », fait ressortir Uttum Sanmukhiya.

« Quand un couple se marie, il aspire à acheter un terrain pour y construire sa maison, mais cela devient difficile vu la cherté des terrains. On note d’ailleurs que contrairement aux années précédentes, de plus en plus de Mauriciens de classe moyenne ne peuvent se permettre d’acquérir un terrain. D’autant plus que les salaires n’ont pas aug­menté au même rythme que la valeur des ter­rains et des maisons. Cer­tains n’ont pas d’autre recours que de louer des maisons », renchérit Laval Savree­mootoo.

Jocelyn Guitary Lacour y va également de son commentaire. « Les étrangers et les expatriés peuvent se permettre d’acheter un terrain vu que leur pouvoir d’achat est plus élevé. Mais, pour les Mauriciens, c’est plus difficile, même pour un banquier ou un fonctionnaire. Bien souvent, ce n’est que dix ans après l’achat d’un terrain que certains peuvent se permettre de construire leur maison », indique-t-il.

Le secteur dans son ensemble est tout aussi touché par cette spéculation. « Il y a beaucoup d’agents immobiliers sérieux, mais à cause de certaines têtes brûlées, tout le monde est pénalisé. Le client attend des mois sans que son terrain se vende. Cela affecte tout le monde, à commencer par le vendeur, le notaire, l’agent immobilier, l’État. Cela provoque une récession artificielle », conclut Uttum Sanmukhiya.

Pour un cadre légal
Avec la libéralisation des terres, Laval Savreemootoo estime qu’il est grand temps d’avoir un cadre légal pour contrôler les prix des terrains. Un avis que ne partage pas Uttum Sanmukhiya, « Nous sommes dans une économie ouverte. Il faut laisser la loi du marché dicter les prix. » Jocelyn Guitary Lacour est sur la même longueur d’onde, « C’est la tendance ! Il faut suivre le courant ».

Professionnaliser le secteur
Uttum Sanmukhiya est catégorique. « Il faut professionnaliser le secteur ». Les agents immobiliers, soutient-il, doivent être des professionnels qui connaissent le marché et maîtrisent leur sujet afin de pouvoir conseiller au mieux leurs clients. « Avoir un bureau et une chaise ne fait pas de quelqu’un un bon agent immobilier. La formation est essentielle si l’on veut offrir un bon service à la population », fait ressortir notre interlocuteur.



Last modified on Thursday, 13 September 2012 12:06
Christina Vilbrin

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