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Friday, 09 December 2011 12:00

Recommandation de la Commission Justice et Vérité – Mgr Piat prêt à demander pardon Featured

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Mgr Piat et le PM reconnaissent le bon travail  de la Commission. Mgr Piat et le PM reconnaissent le bon travail de la Commission.
Le chef de l’Église catholique mauricienne, Mgr Maurice E. Piat, est tout à fait prêt à participer à un exercice national de demande de pardon pour les dégâts subis pendant la période de l’esclavage.
Dans son rapport, rendu au Président de la République il y a deux semaines, la Commission Justice et Vérité recommande que « la République de Maurice et autres institutions Présentent officiellement leurs excuses, à travers le président de la République, le Premier ministre et des institutions privées connectées avec l’esclavage et l’engagisme, telles que l’Église catholique, la Chambre de Commerce et la Mauritius Sugar Producers’ Association ».

L’Évêché, dans un communiqué, émis jeudi, montre l’exemple et indique que « Mgr Maurice E. Piat, en tant que responsable de l’Église catholique, est disposé à participer à cette démarche nationale de demande de pardon ». Il tient également à saluer « le travail de la Commission Justice et Vérité ».

Aussi, « quand des offenses graves et étendues ont été faites à des groupes humains dans le passé et que les conséquences se font encore sentir aujourd’hui, il est important de faire la vérité pour rétablir la justice. On a longtemps cru que l’oubli et le silence pouvaient guérir. Or, c’est par la parole libérée que la vérité se fait et apporte la guérison ».

Lorsque la Commission Justice et Vérité a demandé l’accès aux archives de l’Église, cette dernière n’a eu aucune raison de refuser, au contraire. Dans son communiqué, l’Évêché reconnaît qu’entre 1722 et 1835, il a participé activement à l’esclavage, parce qu’il « n’a pas protesté contre le Code Noir qui faisait partie de la législation en vigueur dans le pays à l’époque. Ce Code Noir considérait les esclaves comme des meubles et les obligeait à adopter la religion d’État, le catholicisme. Il est un fait historique également qu’à cette époque des membres de l’Église étaient propriétaires d’esclaves ».

Mais, précise le communiqué, l’Église ne cache pas ses erreurs et fait amende honorable. « C’est dans la tradition de l’Église de reconnaître les erreurs qu’elle a pu faire dans l’Histoire, de demander pardon et de chercher un chemin de réparation. » Déjà en 1992, en visite à l’île de Gorée, Jean-Paul II reconnaissait les souffrances terribles infligées par l’esclavage et disait : « Il convient que soit confessé en toute vérité et humilité ce péché de l’homme contre l’homme, ce péché de l’homme contre Dieu ».

D’ailleurs, Mgr E. Piat, lui-même, a, comme le rappelle le communiqué, à deux reprises fait le mea-culpa de l’Église mauricienne : « À Maurice, en 1985, lors du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, Mgr Jean Margéot disait lui aussi : « Zordi kot nou pe fet labolision lesclavaz, legliz rekonet avek imilite ki sertin so bann mam, dan listwar, pa finn reazir kouma bizin pou kas lasenn bann dimoun ki ti ape gagn kraze ». »

En octobre 2003, à l’île de Gorée, Mgr Maurice E. Piat  participait, avec une délégation de l’épiscopat africain, à une demande de pardon par rapport à l’esclavage. Dans un passé plus récent, à Vieux-Grand-Port, le 1er février 2006, l’évêque de Port-Louis reconnaissait que l’esclavage est une « offense terrible faite à nos frères et sœurs humains et que cette offense est aussi un péché contre Dieu ».

Si des torts ont été faits, l’Église a également participé à la réhabilitation des descendants d’esclaves. Cela, notamment sous l’épiscopat du cardinal Jean Margéot. L’Église s’est alors engagée dans ses institutions (Caritas, JOC, LOAC, écoles, paroisses, entre autres) « à faire un travail de réparation envers les créoles descendants d’esclaves. Mais plus encore, depuis les années ‘90, avec le réveil des créoles au sein de l’Église, ce sont les descendants d’esclaves eux-mêmes qui sont devenus les protagonistes de ce travail de réparation.

Des travaux de recherche et diverses initiatives sur l’identité créole, l’inculturation, la traduction de la Bible en créole, la liturgie en créole, la lutte contre l’exclusion et la pauvreté… ont été menés dans une perspective d’empowerment ». Lucide, elle se rend compte qu’« un chemin de libération et d’espérance s’est ouvert, mais la route de la réparation est encore longue ».



Patrick Hilbert

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