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Tuesday, 22 January 2013 11:08

Achat d’un bâtiment à Rs 600 M par la SICOM –Lobine « ami » avec Gooljaury mais pas « partenaire »

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Les relations entre l’homme d’affaires Rakesh Gooljaury et Khusal Lobine, président de la SICOM, peuvent-elles avoir été déterminantes dans l’achat d’un immeuble pour Rs 600 millions à la Cybercité d’Ébène en septembre dernier ? Le second affirme que non !
Khusal Lobine soutient que ses relations avec Rakesh Gooljaury n’ont joué aucun rôle dans cette affaire et que toutes les procédures ont été scrupuleusement suivies. C’est d’ailleurs la conclusion à laquelle est arrivé le Board de la SICOM lors d’une réunion, lundi.

En tout cas, les deux hommes se connaissent bien et font affaires ensemble depuis plusieurs années. Le fait demeure que, lorsque Rakesh Gooljaury approche la SICOM pour vendre son projet, Khusal Lobine ne préside pas encore cette compagnie d’État. En revanche, lorsque le Board de la SICOM avalise la Vente en état futur d’achèvement (VEFA) de l’immeuble de Gooljaury, Khusal Lobine était déjà à la tête de la SICOM.

Le 3 septembre 2008, Arushi Development voit le jour avec pour actionnaires Rakesh Gooljaury et son épouse Anisthabye Natasha Ruggoo. En avril 2009, elle obtient deux arpents à bail dans la Cybercité. Début 2011, les procédures pour la VEFA de l’immeuble de 13 étages débutent. À ce moment, le président par intérim de la SICOM est Geeanduth Gopee, directeur de l’Office of Good Governance au Bureau du Premier ministre. Le 2 décembre 2011, alors que le dossier n’est pas encore finalisé, le Conseil des ministres décide de placer Khusal Lobine à la tête de la SICOM. Rakesh Gooljaury devra néanmoins attendre jusqu’au 6 août 2012 pour que le Board de la SICOM avalise le rachat du projet pour Rs 591 millions. Un mois plus tard, le contrat de VEFA sera signé.

Interrogé par Radio Plus, lundi, Khusal Lobine devait déclarer que lorsqu’il est arrivé à la SICOM, « la transaction avait déjà eu lieu (…) La décision d’acheter l’immeuble avait été prise bien avant que je ne devienne président ». Il souligne que Rakesh Gooljaury n’est pas son partenaire en affaires, « mais je le connais comme mon camarade et client ». Et comme avocat, Khusal Lobine est « appelé à siéger comme actionnaire. C’est ce que fait un avocat d’affaires ».

Que Khusal Lobine et Rakesh Gooljaury se connaissent bien depuis des années ne fait pas l’ombre d’un doute. Le 3 juin 2008 déjà, une entreprise est enregistrée au nom de Lubines Holdings. Ses actionnaires sont Khusal Lobine, Anisthabye Natasha Ruggoo (coactionnaire de Rakesh Gooljaury dans Arushi Development), et Habeemanoo Soornack, père de l’agent travailliste Nandanee Soornack.
En novembre dernier, Rakesh Gooljaury remplace Anisthabye Natasha Ruggoo comme directeur et secrétaire de la compagnie.

Le même mois, le père de Nandanee Soornack passe ses actions à sa fille et Khusal Lobine transfère des actions à cette dernière qui devient l’actionnaire majoritaire de Lubines Holdings Ltd. Les mêmes protagonistes se retrouvent dans une autre compagnie. Le 10 juin 2008, Pride Bridge Co. Ltd est enregistrée. Nandanee Soornack, Khusal Lobine, Rakesh Gooljaury et Harish Chundunsing en sont les directeurs. Puis, en mars 2009, Khusal Lobine procède à l’enregistrement d’Airway Coffee, qui assure des services de restauration à l’aéroport de Plaisance. Les actionnaires sont, une nouvelle fois, Rakesh Gooljaury et Nandanee Soornack.

De Navacelle confirme
« Il y a quelques mois, Monsieur Gooljaury m’a demandé de l’aider à améliorer l’organisation interne de Fashionstyle et donner mon avis sur quelques aspects financiers ». C’est ce que nous pouvons lire dans un courriel que Jacques de Navacelle, ancien président de Transparency Mauritius, a adressé à Radio Plus, lundi. Il précise qu’il est disposé à continuer à assumer cette fonction si l’homme d’affaires le lui demandait.

Le Board de la SICOM ne voit « rien d’illégal »
Le conseil d’administration de la SICOM s’est réuni d’urgence, lundi après-midi, pour se pencher sur les informations évoquées par la presse durant le week-end. Elles portent sur la vente du Gooljaury Tower à la SICOM, en septembre 2012, pour une somme de Rs 600 millions. Durant la réunion, les membres se sont mis d’accord pour diffuser un communiqué dans la presse et à la radio pour expliquer les démarches de la SICOM et souligner la légalité de celles-ci.

« Nous n’avons rien à redire sur la transaction », devait déclarer Khusal Lobine après la réunion. « La SICOM se réserve le droit d’intenter un procès aux journaux concernés par la publication de cette information. » Critiquant Pravind Jugnauth, Khusal Lobine estime que celui-ci « ne sait pas ce qu’il dit. Il était lui-même ministre des Finances à l’époque et c’est son représentant Sunil Dowarkasing qui a apporté le dossier au conseil d’administration ».

Le MMM s’accroche
L’Opposition, notamment le MMM, entend poursuivre ses « dénonciations » de ce qu’elle considère comme « l’axe Soornack-politique-Gooljaury ». Lors de la réunion de son bureau politique lundi, Paul Bérenger a promis de « fouiller davantage concernant les avoirs de Nandanee Soornack ». « Ce qui a été révélé n’est que le tip of the iceberg », a-t-il expliqué. D’autre part, la décision a été prise de demander au Comité central de décider s’il doit y avoir des élections pour le renouvellement des instances du MMM cette année.

Match Mussai-Dowarkasing vs Pravind Jugnauth
C’est à une véritable guerre des nerfs, par médias interposés, que se sont livrée lundi d’un côté Pravind Jugnauth, et de l’autre, deux de ses anciens hommes de confiance : Kushal Mussai et Sunil Dowarkasing. Avec pour toile de fond : le rachat par la SICOM du bâtiment de Rakesh Gooljaury à Ébène. À l’époque du deal, Pravind Jugnauth était ministre des Finances et les deux autres protagonistes siégeaient sur le Board de la SICOM comme directeurs. Tous trois étaient alors membres du MSM.

C’est Sunil Dowarkasing qui ouvre les hostilités : « Je n’ai jamais reçu de directive du ministre pour bloquer ce projet alors que j’étais directeur de la SICOM et que Pravind Jugnauth était ministre des Finances. » L’ancien MSM souligne que lorsque Pravind Jugnauth voulait « bloquer » un « tendering exercice », par exemple, il donnait des instructions formelles pour relayer l’avis du ministère des Finances. Il ajoute : « Le ministre m’avait réclamé un brief du projet, je le lui ai donné et il m’a répondu que c’était un bon projet » Kushal Mussai, qui était à l’époque aux côtés de Sunil Dowarkasing comme directeur de la SICOM, se lance dans la bataille.

Surtout pour défendre le bien-fondé de l’acquisition du projet de Rakesh Gooljaury. « C’est un très bon projet, la SICOM, comme toute compagnie, a voulu faire fructifier son argent », explique-t-il au Défi Quotidien. Il n’hésite pas à évoquer un « prix canon » concédé par Rakesh Gooljaury et de questionner, par la même, les profits que tirera ce dernier de cette transaction. La réplique de Pravind Jugnauth ne s’est pas fait attendre. « J’ai rencontré le Premier ministre à l’époque. Je lui ai dit que ce projet est scandaleux.

J’avais aussi vu Rakesh Gooljaury pour lui faire part de mes réserves », explique le leader du MSM qui maintient n’avoir, à aucun moment, donné des instructions pour approuver ce projet. Il met également en doute la crédibilité de Business Parks of Mauritius Ltd. « Il y avait tellement de choses louches à BPML qu’un Fact-Finding Committee avait été institué. Un rapport qui est, bien sûr, resté au fond d’un tiroir », souligne Pravind Jugnauth.

Last modified on Tuesday, 22 January 2013 11:10
Patrick Hilbert

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