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Friday, 25 January 2013 10:50

Rose-Hill, ville mauve – Le cœur en berne mais l’espoir reste Featured

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Consternation et tristesse, mais aussi l’espoir. La nouvelle de la maladie du leader du MMM, Paul Bérenger, a fait l’effet d’une bombe dans les rangs des Mauves, d’abord, et au sein de toute la population, ensuite.
C’est sans doute à Rose-Hill et dans ses faubourgs que le cœur est plus en berne. A Trèfles, surtout où le militantisme est profondément enraciné depuis 1976, lorsque Stanley/Rose-Hill est tombé dans l’escarcelle mauve sans plus jamais y sortir.

Mahmood Peerma­homed, 61 ans, est atter­ré. Militant historique, le domicile de ses parents avait un beau jour accueilli Paul Bérenger, Hervé Masson, dit ‘Parrain’ et Zeel Peerun. « Des étudiants du collège New Eton, Rajesh Daby et Hervé Autard m’avaient demandé de monter une cellule MMM à Trèfles pour tenir des sessions de formation. On est parti inviter Paul et Hervé sans savoir qu’ils n’étaient plus vraiment des amis. C’est comme ça que je suis devenu un militant. Je le suis toujours », dit-il.

Mahmood Peermahomed a été le premier habitant de Trèfles à accueillir chez lui Paul Bérenger et Hervé Masson.

Après cette première rencontre, la cellule est constituée et bientôt des délégués sont nommés pour repré­senter Trèfles à la branche régionale de Rose-Hill, au domicile de Fareed Nubee: « Là, explique Mahmood, je découvre d’autres militants, de Plaisance, Stanley, Camp Levieux. C’est une véritable solidarité qui se tisse. De temps à autre, Paul vient nous récon­forter. Il était encore jeune, comme nous. Déjà, il avait la flamme du combat. » Certains de ces militants sont décédés, comme Ton Michel, Karl Narainen, Ti-Jacques Rougeot.
C’est aussi le temps de la répression et de la terreur que sèment les hommes de main du PMSD. « Trèfles était entièrement gagné au MMM, au contraire de Plaisance où le PMSD avait encore ses assises.

Avec l’arrivée de Jean Claude de l’Estrac, Shirin Aumeeruddy et Vijay Venkatasamy, la mairie vire au mauve. » Lorsque Paul Bérenger est battu à Quatre-Bornes en 1983, c’est encore Jean Claude de l’Estrac qui garde la maison mauve. Mais, après la scission qui survient au sein du MMM en 1991 et qui voit la naissance du Renouveau Militant Mauricien (RMM), formé par le Jean Claude de l’Estrac et Prem Nababsing, c’est Paul Bérenger qui réussit à sauver un MMM vidé de ses principaux barons. « Sans Paul, personne n’aurait été capable de se mesurer à de l’Estrac », fait valoir Mahmood Peer­ma­homed.

A partir de là, Paul Bérenger ne quittera plus Stanley/Rose-Hill. Au début des années 90, les vieux militants cèdent le terrain des luttes à une génération qui ne cache guère sa fascination pour le leader mauve. A la Cité Trèfles, Stanley ou Plaisance, les faits d’arme de ‘Moustache’ sont devenus légendaires.

A 79 ans, Benoit Pierre-Louis, dit ‘Ton Man’, ex-docker dans les années 70 et qui a vécu la grande grève de 1971, en a fait le récit à ses enfants et petits-enfants et il parle volontiers  du combat syndical de Paul Bérenger: « Grâce à Paul, zordi kapav faire face à bann patrons. »

Benoit Pierre-Louis, dit ‘Ton Man’ (debout), a été docker dans les années 70.
A ses côtés, un autre militant, Mario Corret.


Au propre témoignage de ‘Ton Man’ viennent s’ajouter des photos publiées dans le magazine-souvenir « Histoire d’un combat » et qui rendent compte de la violence dont Paul Bérenger a été victime. « Quand mo fine tane ça nouvelle là, mo la main fine tombé », lâche ‘Ton Man’.
 
Véronique Sundaman, 34 ans,  évoque, elle, un véritable choc lorsqu’elle apprend la nouvelle. « Puis, quand j’ai regardé les infos, j’ai été rassurée. Paul a tout fait pour nous tranquilliser. Mais il s’en sortira, c’est un battant. Toutefois, en cet instant précis, je ne vois personne capable de le remplacer », estime-
t-elle.
Véronique Sundaman (au premier plan), sa famille et des voisins.

A ses côtés, Rookoomanee Dorcy renchérit : « Il fait partie de notre famille. On veut le retrouver avec son ardeur habituelle, sa force de travail. »

Adjoint maire à la mairie de BB/RH, Mahen Choolun et des membres de la branche MMM de Rose-Hill se sont rendus au domicile de leur leader, à River Walk, mercredi. « Il était ‘fit’, il a même fait des plaisanteries sur des amis. Tel qu’on le connaît, on ne le voit pas assis sagement sur son lit d’hôpital, il voudra savoir ce qui se passe à Maurice. La politique, c’est son boulot », explique Mahen Choolun, dont le père, Mungroo, était déjà candidat mauve à une élection partielle municipale.  

Radha Oodiah, président de la cellule mauve de la localité, est parmi les militants de la première heure dont la contribution est inestimable pour la consolidation du MMM à Stanley/ Rose-Hill: « Quand j’ai eu la nouvelle de sa maladie, j’ai senti la terre glisser sous mes pieds. Mais je me suis repris lorsque je l’ai vu à la conférence de presse. Paul, c’est un roc, rien ne peut l’ébranler, il est passé par tellement d’épreuves, à la fois psychologique et physique qu’il en est ressorti encore plus aguerri. »



Last modified on Friday, 25 January 2013 11:01
Pradeep Kumar Daby

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