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Thursday, 14 February 2013 11:08

Port-Louis sous les eaux – Embouteillages torrentiels Featured

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Bouchons à  l’entrée de la Capitale. Bouchons à l’entrée de la Capitale.
Les grosses pluies de mercredi ont provoqué des bouchons monstres dans la capitale et à ses deux entrées. Égouts et canalisation débordés ont transformé les rues en une énorme piscine.
Peu après 8 h 30, l’annonce de la fermeture des bureaux de la Fonction publique tombe. Dans le bus en direction de Port-Louis, les passagers ne cessent de recevoir des appels. « Ki vremem pena travay zordi ? », « Boss inn dir rentre lakaz ? », « Kouma pou fer ? Nou inn fini pran bus... »

Le bus est déjà à Beau-Bassin. Il roule à pas de tortue. Certains passagers descendent du bus pour rentrer chez eux. D’autres, exaspérés, poussent des soupirs. Les grosses gouttes tapent fort contre les vitres. Les nuages gris envahissent le ciel. L’embouteillage, qui semble sans fin, cause un stress continu. Les dizaines de milliers d’automobilistes restent impuissants devant ces bouchons sur plusieurs kilomètres. Les motocyclistes, eux, faufilent entre les files de véhicules.

Une poignée de passagers descendent à Grande-Rivière-Nord-Ouest à 10 h 20. Moins de deux heures plus tard, une file interminable de bus, commençant à La-Butte, attendent pour entrer à la gare Victoria. Si le parcours de Beau-Bassin à Port-Louis, et vice versa, ressemblait à une fourmilière, les rues de la capitale étaient désertes. Ça, c'était à l'entrée Sud...

Mais sur l’autoroute du Nord, entre 9 heures et 10 h 30, c’est jusqu’au rond-point de l’Aventure du Sucre qu’il y avait bouchon. Plusieurs routes étaient impraticables, comme la route principale de Mount, ainsi que celle menant du rond-point de Riche-Terre à Jumbo, complètement sous les eaux. Le nouveau pont de Terre-Rouge était aussi envahi par les flots, obligeant les conducteurs à se rabattre vers l’autoroute.

« Nous avons eu de gros bouchons jusqu'à 12 h 15 », explique l’inspecteur de police Ashok Muttur. Le problème est, explique-t-il, que « nous avons eu affaire à deux situations : les véhicules entraient et sortaient en même temps et cela a été difficile à gérer. »

Mercredi après-midi, la situation était toujours difficile dans certains endroits, tels que Crève-Cœur ou encore Fond-du-Sac. Alors que la route de Montagne-Ory menant à Moka est restée fermée. « Nous avons mis des panneaux pour indiquer que cette route sera déviée. Nous avons commencé à enlever les débris en début d’après-midi, mais ce sera peut-être durant la journée de jeudi que nous allons rétablir la circulation à cette région », ajoute l’inspecteur Muttur.

Qui a dit pas d’école ?
Certains avaient déjà pris le chemin de l'école à l'heure où l'alerte aux pluies torrentielles était annoncée. Mégane, fréquentant un collège des basses Plaines-Wilhems, a dû dépêcher sa mère pour la récupérer. Cette habitante de Montagne-Blanche était partie tôt de chez elle, comme à l’accoutumée. Mais à la gare de Rose-Hill, elle devait apprendre la nouvelle : « Je n'étais au courant de rien ! » Idem pour Ali, qui était à la gare Victoria, Port-Louis. Alors que l'île était en alerte aux pluies torrentielles, il était dans un bus. Cet habitant de Rose-Belle étudie dans un collège portlouisien : « J'ai dû rebrousser chemin, mais la circulation était perturbée ».

Retour en catastrophe
C'était la galère pour ceux qui devaient rentrer. Avec des bus pleins à craquer, et qui coulent, le retour à la maison n'a pas été de tout repos pour beaucoup. Manisha S., fonctionnaire, raconte : « Quand je suis arrivée au bureau, l'on m'a annoncé que je dois rentrer. J'ai laissé mes enfants avec ma belle-mère à Rose-Hill et j'ai pris au moins quatre heures pour rentrer chez moi à Quatre-Bornes. »

Nombreux étaient ceux à se morfondre dans les embouteillages. « Une perte de temps, surtout avec la lenteur des bus », pouvait-on entendre. Un congé forcé qui a quand même fait le bonheur de certains. À en voir les commentaires sur les réseaux sociaux, il y avait « farata party » un peu partout dans l'île...

Témoignages
Mercredi, plus d'une centaine de cas d'inondation ont été recensés un peu partout à travers le pays. Pointant du doigt le retard des pompiers et de la police, certaines personnes que nous avons rencontrées avancent qu'elles ont dû se débrouiller par leurs propres moyens pour évacuer l'eau de leur habitation.

Forest-Side : « Tous nos effets personnels ont été endommagés »
Les membres de cette famille racontent que les récentes averses ont laissé des séquelles. Tous les meubles et appareils électroménagers de la famille Hauradhun ont été totalement endommagés suite à la montée des eaux dont ils ont été victimes dans la matinée du mercredi 13 février. Les faits remontent aux alentours de 8 heures ce matin-là. "C'est la troisième fois que nous sommes victimes d'inondation. Les autres fois remontent à 2012 et 2011", explique Yendranee, un membre de la famille. Il souligne que les pompiers se sont rendus sur place après quelques minutes plus tard. La famille a consigné une déposition au poste de police afin de déclarer leurs objets endommagés.

Terre-Rouge : « Envahis par de l'eau boueuse »
Ils s’élèvent contre la construction de la zone industrielle Jin Fei, située à Terre-Rouge. Domiciliées à quelques pas de cette zone, quelques familles racontent qu'une eau boueuse a envahi leur maison dans la matinée de mercredi. C'est la première fois que cela arrive. « Les pompiers ne sont jamais venus. C'est nous qui avons dû effectuer toute l'extraction de l'eau. Elle a atteint un niveau approximatif d'un pied », avance Shanmugun Pillay Minatchee, l'un des résidents. Selon lui une bonne partie de son mobilier a été endommagée. Il lance un appel aux organismes concernés.

Riche-Terre : « De l'eau ti hauteur nou les reins »
Ils soutiennent que le niveau de l'eau est arrivé jusqu'à hauteur de leurs reins. Résidant à la rue Jean Urity, Riche-Terre, ils indiquent que c'est la deuxième fois qu'ils vivent une telle situation. Selon eux, cette situation est due à une rivière qui est constamment en crue lors de grosses averses. La première fois remonte à six ans. Vers 8 heures ce mercredi matin, l'eau est très vite montée. Jenilla Anthony, une résidente de cette cité, témoigne. « En l'espace de quelques minutes, j'ai vu toutes les pièces de ma maison envahies par l'eau. Nous avons dû nous réfugier sur le toit en attendant une accalmie. Banne autorités concernées bizin faire ene visite pou guetté dan ki l'état sa la rivière la maltraité ».

Sheila Bappoo : « Il n'y aura pas de centre de refuge permanent »
Les centres de refuge ne seront jamais permanents. Dès que l'alerte est levée, il faut que les victimes rentrent chez elles. C'est l'appel lancé par la ministre de l'Égalité des genres par intérim. Elle souligne que tous les centres de refuge à travers le pays sont opérationnels et que les victimes d'inondations doivent impérativement se rendre à la police. Ils bénéficieront ainsi d'une Flood Allowance, par le ministère de la Sécurité sociale.

« Cette allocation alimentaire est simplement un dépannage. Elle s'étale sur une durée de trois jours. Elle ne prend pas en compte l'indemnisation des meubles et appareils électroménagers. Cela n'est pas du ressort de la Sécurité sociale », déclare-t-elle.



Le Défi Quotidien

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