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Tuesday, 19 February 2013 11:40

Prix des légumes – Les marchands abusent-ils pendant les carêmes ? Featured

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La période  de jeûne rime souvent avec la hausee des prix des légumes. C’est l’amer constat fait année après année. Le marché des légumes étant libéralisé, les autorités n’interviennent pas. Les marchands en profitent pour faire la pluie et le beau temps, au détriment des familles dont le pouvoir d’achat diminue de jour en jour.
Les marchands de légumes abuseraient-ils des périodes de carême en augmentant exagérément les prix de leurs produits ? Si ce n’est pas le cas, alors pourquoi est-ce que les prix des légumes augmentent sensiblement à la veille d’un carême qui peut durer plusieurs jours ? Jours pendant lesquels beaucoup de familles mauriciennes évitent la consommation de la chair...

Par exemple, vendredi prochain débute le « mahakumbhavisegum» ou « mahakumbabishegam » au Mariamman Kovil de l’Albion Docks en vue du « theemeedhi » (marche sur le feu) qui aura lieu le 3 mars. Cette année, le Cavadee n’a pas été observé au temple vu qu’il était encore en reconstruction.

Pour tous les dévots, la période de carême a déjà débuté puisqu’ils doivent commencer les préparatifs au moins une semaine plus tôt (nettoyage de fond en comble de la maison et consommation de repas végétariens).

Pendant les 11 jours que durera la période de jeûne, un repas (offert par des volontaires) sera servi quotidiennement au temple. Vendredi donc, la période de jeûne débutera avec une cérémonie appelée « kadi ettram », suivi par un repas appelé « andannanam ». Ce repas peut être constitué du coutumier « 7 cari » ou d’un briyani au légumes. Dans les deux cas, les préparatifs requièrent au moins sept légumes différents.

Quarante jours de jeûne
Voilà où des marchands en profitent. Sachant parfaitement bien que les légumes seront très recherchés pendant la période de carême, ils augmentent les prix. « C’est la même mésaventure année après année », déplore Gassen, employé municipal et père de deux enfants. « À chaque fois qu’on observe le carême du Cavadee, le prix des haricots verts augmente jusqu’à Rs 100 le demi-kilo ! Pour certains marchands, chaque période de jeûne est une période de fête. Ils en profitent pour s’enrichir », dit-il.

Les préparatifs pour le Maha Shivratree (qui sera célébré cette année le 10 mars) débutent une quarantaine de jours plus tôt. Ce qui veut dire que tous les hindous qui observent cette fête et qui ont commencé l’assemblage des « kanwar » ne consomment que des légumes pendant ces 40 jours et même au-delà.

Évidemment, les repas à base de légumes seront variés pendant toute cette période. Il devra au moins avoir trois légumes dans le plat pour aiguiser l’ap­pétit… Déjà, la semaine dernière, la pomme d’amour se vendait à Rs 80 le demi-kilo et le piment à Rs 40 le demi-kilo. Ça, c’était la semaine dernière… Il reste encore de nombreux jours avant la fin de la période de jeûne !

Sobha, modeste employée d’une firme de distribution de lait, se rend au marché  deux ou trois fois par semaine. « Comme mon fils s’est déjà attelé à l’assemblage d’un ‘kanwar ’, il observe le jeûne. Les légumes que j’achète me coûtent entre Rs 200 et Rs 300 à chaque emplette. Ce qui fait que je dépense au moins Rs 600 par semaine rien que pour les légumes ». Dur pour une femme qui ne touche qu’environ Rs 6 000 par mois.

« Les marchands en profitent. Le prix des haricots verts atteint jusqu’à Rs 100. Même le prix de la pomme de terre a augmenté. De Rs 12 le demi-kilo, il est passé à Rs 18. C’est un abus. Les autorités auraient dû veiller à ce que les marchands ne fassent pas la pluie et le beau temps », ajoute Sobha.

En parlant des conditions climatiques, Gassen soutient que les marchands en tirent toujours profit. « Quand il ne pleut pas, ils augmentent les prix en prétextant que les légumes manquent sur le marché à cause de la sécheresse. Quand il pleut, ils disent que les récoltes ont été abîmées par un surplus d’eau ! Beau temps, mauvais temps, tous les prétextes sont bons pour augmenter les prix des légumes », lance-t-il.

La pomme d’amour à Rs 90
La pomme d’amour se vendait à Rs 90 le demi-kilo. Le chou se vendait à Rs 40 l’unité, la carotte à Rs 90 le demi-kilo et les haricots verts à Rs 40. Les prix devraient encore fluctuer vu les grosses pluies de ces derniers jours qui ont affecté 70 % des cultures vivrières, selon Kreepalloo Sunghoon, le secrétaire de l’Association des petits planteurs.

Jayen Chellum de l’ACIM : « Le ministère de l’Agro-industrie devrait intervenir »
Le secrétaire général de l’Association des consommateurs de l’île Maurice (l’ACIM), Jayen Chellum, reproche aux marchands d’augmenter exagérément les prix des légumes pendant les périodes de jeûne. « Ce n’est pas juste une question d’offre et de demande, explique-t-il. Il y a aussi un facteur d’abus. Les marchands réclament plus qu’il n’en faut. »

Comment faire pour sortir de cette impasse qui dure depuis des années ? « Il est important que le ministère de l’Agro-industrie joue un rôle d’observateur et d’autorité avertie. Il doit intervenir là où il faut. Pour cela, il faudrait que ledit ministère travaille en concertation avec le ministère du Commerce. Prenez le prix des oignons, par exemple, il n’aurait pas dû être libéralisé », dit Jayen Chellum.

Le secrétaire de l’ACIM est d’avis que le ministère de l’Agro-industrie devrait développer un programme qui fournirait le marché en quantité suffisante pendant les périodes de jeûne, ce qui contribuerait à faire tomber les prix, vu l’abondance des légumes.
En dernier recours, Jayen Chellum demande aux consommateurs ne pas acheter quand ils constatent que le prix est exagéré. « Si vous voyez que les marchands abusent des prix, refusez d’acheter si vous le pouvez. Inutile d’aller vous plaindre, personne ne vous écoutera. C’est mieux de ne pas acheter ce que vous jugez trop cher et chercher un palliatif. »

Un officier de la CPU : « Tout est une question de demande et d’offre »
À la Consumers Protection Unit (CPU), on explique qu’il n’y a jamais eu d’étude confirmant que les prix des légumes augmentent pendant les périodes de jeûne. « Tout est question de demande et d’offre. S’il y a une forte demande pour tel ou tel légume et qu’il y ait une abondance de ces légumes sur le marché, ils se vendent à un prix raisonnable. S’il y a une grosse demande pour un légume qui manque sur le marché, évidemment ce sera plus cher. Mais en fin de compte, ils ne sont pas aussi chers que cela. Après tout, malheureusement, la période de jeûne pour le Cavadee ou celle du Mahashivratree coïncide avec les changements climatiques.

On peut passer par une période de sécheresse ou par une période de grosses pluies, comme c’est le cas actuellement. Cela a évidemment une incidence sur les prix des légumes », déclare un officier de cet organisme. Il ajoute qu’à son grand étonnement, personne n’est venu se plaindre auprès de la CPU, jusqu’ici, concernant un éventuel abus des prix pratiqués par les marchands de légumes.




Raj Bissessur

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