Cette cohabitation forcée n'est pas de tout repos. Les réfugiés n'ont qu'un souhait : que le gouvernement leur donne un lopin de terre pour y bâtir leur maison.
Le temps semble s'être arrêté pour eux. Assis sur des chaises dans la cour, ou allongés sur des matelas à travers le centre de refuge de Sainte-Croix, les 32 réfugiés attendent.. des jours meilleurs. Ces personnes disent ne plus pouvoir rentrer chez elles : les pluies torrentielles ont tout emporté sur leur passage, meubles, vêtements, effets personnels. Ne laissant plus qu'une eau boueuse et des débris épars... Les enfants courent ici et là. Ayant perdu leur matériel scolaire, ils ne peuvent se rendre à l'école.
« Il n'est pas évident de vivre dans de telles conditions. Je n'ai pas le choix, j'ai quatre petits-enfants à ma charge. Nous ne savons pas où aller », nous confie Suzette Jean-Louis, 58 ans. Elles sont plusieurs dans la même situation. Mère célibataire, Françoise Vanessa ne sait plus à quel saint se vouer. La maison qu'elle louait a été entièrement endommagée.
Depuis mercredi dernier, le centre de Sainte-Croix est devenu le lieu de refuge de ces personnes qui vivaient, pour la plupart, sur des terres de l'état. « Huit jours que nous sommes ici. Aucun représentant des autorités n'est venu s'enquérir de notre situation. Ils auraient pu venir constater de visu dans quelles conditions lamentables nous survivons, dans un centre sans salle de bains. On aurait pu constater comment nos maisons ont été dévastées par les inondations », peste John Ernes, habitant de Vallée-des-Prêtres.
«La vie d'un sinistré dans un centre est loin d'être rose. Nous sommes 32 personnes pour huit matelas ! Ce n'est pas évident. Certains se sont résolus à dormir à même le sol», lâche Marie Jenny Ravina. «Mon nourrisson de huit mois est malade, mais je n'ai pas le choix que de dormir à même le sol. Quand on a tout perdu, il n'y a plus aucune courtoisie de mise. C'est chacun pour soi, Dieu pour tous. Je voudrais tant rentrer à la maison. Mais elle est toujours envahie par l'eau. »
Le centre, c'est aussi la loi de la jungle. Les réfugiés se disputent pour un rien : les prises de bec éclatent à cause des ventilateurs, on se chamaille à cause des vivres distribués par les bénévoles. «Il aurait mieux fallu que les autorités proposent des solutions à nos problèmes. Nos maisons ne sont plus habitables. Nous souhaitons que l'État nous accorde un lopin de terre et des moyens pour y construire des maisons en bois sous tôles », implorent les sinistrés.
Des bénévoles viennent distribuer de l'aide : des vivres pour remplir les ventres affamés et des vêtements pour habiller les plus démunis. Un véritable élan de solidarité s'est installé. «Sans ces précieux gestes de soutien, on se demande bien quel aurait été notre sort», ajoute Marie Jenny Ravina. «Nous n'avons plus rien », lance-t-elle.
Une enquête initiée
A la suite de sa déclaration à la presse samedi, Mireille Martin, ministre de l'Égalité des Genres, du Développement de l'Enfant et du Bien-être de la Famille, a rencontré lundi des représentants des ministères de la Sécurité sociale et de l'Intégration sociale, et de la force policière. La Sécurité sociale et la police enquêteront et renseigneront le ministère sur les besoins des sinistrés qui se sont réfugiés au Centre social de Ste-Croix. Concernant la cinquantaine d'enfants, l'aide du ministère de l'Intégration Sociale a été requise pour des actions appropriées.
Précisions de la Sécu
La présidente de la Commission des Femmes du MMM n'a pas été tendre envers la ministre de la Sécurité sociale, Sheila Bappoo, vendredi. Lysie Ribot a qualifié certains propos de la ministre à l'encontre des sinistrés des pluies torrentielles «d'arrogants et honteux». La ministre Sheila Bappoo estime que les propos tenus par la députée Lysie Ribot lui sont préjudiciables, et souhaite donc apporter des éclaircissements. « Dans un souci d'objectivité, nous n'avons pas voulu imposer d'autres contraintes aux réfugiés.
Ce qui leur a été demandé n'est que juste, nécessaire et réaliste. Comment une telle demande peut-elle être déplacée ou arrogante?» La ministre estime que l'aile féminine du MMM ne se concentre que sur des « futilités » et occulte l'essentiel : d'abord, que les centres de refuge ont été ouverts dans les régions affectées, sitôt l'alerte de pluies torrentielles émise. De plus, de l'eau, des biscuits et deux matelas (!) ont été mis à la disposition des réfugiés. Ce qui n'était pas le cas en 2006. La ministre précise qu'une allocation de Rs 148 est payée à tout réfugié. Un centre de refuge n'est pas un dortoir, seulement un lieu pour mettre à l'abri des réfugiés, en particulier les enfants, tant que dure l'alerte de pluies torrentielles. Depuis ces dix dernières années, la Sécurité sociale n'a cessé d'affiner la structure des centres pour mieux accueillir les réfugiés en cas de cyclone ou d'inondation... On leur a donné une dimension à visage humain...»
18 May 2013

Wednesday, 20 February 2013 11:00
Des sinistrés des pluies torrentielles à Sainte-Croix : « Qu’on nous donne un lopin de terre ! » Featured
Ils ont tout perdu. 32 des 177 sinistrés des pluies torrentielles n'ont nulle part où aller. Sans toit, sans nourriture, sans vêtement, ils disent n'avoir d'autre choix que de rester au centre de refuge de Sainte-Croix.
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Published in Actualités
Adila Mohit
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