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Thursday, 21 February 2013 11:00

Affaire Sik Yuen – L’escalade

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Le clash entre Xavier-Luc Duval et Michael Sik Yuen risque d’avoir des conséquences sur les relations entre le PMSD et le PTr au gouvernement. Les jours à venir seront déterminants.
Le clash entre Xavier-Luc Duval et Michael Sik Yuen finira-t-il par une division au sein du gouvernement ? Si l’on en est pas encore là, ce qui est sûr, c’est que la situation risque fort de gangrener les bonnes relations entre PMSD et PTr.

D’autant plus que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a laissé comprendre qu’il soutient son ministre du Tourisme (voir hors-texte). Une prise de position qui n’est très certainement pas appréciée dans le camp de Xavier-Luc Duval pour lequel la priorité est la réintégration de Robert Desvaux à la tête de la MTPA, « avec ou sans Michael Sik Yuen comme ministre », dit une source bleue.

Partira, partira pas ? C'est l'autre question d'actualité. Pour le moment, l’option la plus valable est la seconde. Alors que son leader de parti, Xavier-Luc Duval, aussi No 3 du gouverne­ment, veut que Michael Sik Yuen donne sa feuille de route en tant que ministre, celui-ci ne veut pas en entendre parler.

« Il reste un ministre de la République de Maurice et membre du PMSD. Il n’a pas soumis sa démission ni comme ministre, ni comme membre du parti et n’envisage pas de le faire », a indiqué Vincent Seetaram, attaché de presse au ministère du Tourisme, s’exprimant sur les instructions de son ministre, Michael Sik Yuen.

Cette déclaration suit la décision du Bureau politique du PMSD d’accepter la proposition de Michael Sik Yuen. « Il a dit que s’il se sent dans l’impossibilité de reprendre Robert Desvaux, il démis­sion­­nera en tant que ministre et siégera comme simple député du PMSD », dit Xavier-Luc Duval. « Il me l’a dit à plusieurs reprises, ainsi qu’au secrétaire général et d’autres députés du parti. »

En fait, Michael Sik Yuen avait été invité à s’expliquer, tout comme Robert Desvaux, devant le Bureau politique des bleus qui a eu lieu mercredi après-midi au bureau du ministre. Durant toute la journée, le ministre était toutefois injoignable et ne s’est pas pointé au Bureau politique.

Prérogative
« De par son absence, on comprend qu’il a reconfirmé l’offre qu’il nous a faite de « step down » et de siéger comme backbencher du PMSD », devait affirmer Mahmad Kodabaccus, secrétaire général des bleus, lors d’un petit point de presse après la réunion de cette instance du parti. Il a ajouté que la nomination d’un autre ministre, qu’il soit bleu ou pas, est la prérogative du chef du gouvernement.  Quant à Robert Desvaux, « sa réintégration à la MTPA coule de source ». Ce qui n’est pas si sûr avec l’intention de Navin Ramgoolam de continuer le grand nettoyage dans les corps parapublics, comme il l’a déclaré mercredi après-midi.

Pourtant, la direction du PMSD en fait une priorité. Robert Desvaux doit retourner à la présidence de la MTPA, insiste-t-on dans le milieu proche de Xavier-Luc Duval. Et les bleus s’attendent à ce que tout soit clair d’ici vendredi.
Outre que la problématique Sik Yuen commence à s’étendre comme une flaque d’huile sur les relations entre le PTr et le PMSD, elle crée déjà la division chez les bleus. Lindsay Morvan a démissionné mercredi matin comme directeur de communication du PMSD ainsi que de toutes les instances du parti. Déjà en congé politique depuis le 6 février, l’événement du jour a précipité sa décision de claquer la porte. S’étant vu reprocher par Xavier-Luc Duval d’offrir publiquement son soutien à Michael Sik Yuen, Lindsay Morvan a préféré tirer une croix sur le PMSD, tout en restant « fidèle au gouvernement ».

Xavier-Luc Duval devrait préciser davantage sa position ce jeudi à l’occasion d’une conférence de presse dédiée au sujet politique du moment.

Navin Ramgoolam sur Sik Yuen : « Il doit pouvoir assumer son rôle de ministre »
«C’est une faus­seté. Ce sont des ‘wishful thinkers’. » C’est le commen­taire du Premier ministre au sujet des informations ayant trait à la démission de Michael Sik Yuen comme ministre. D’ailleurs, soutient Navin Ram­goolam, certains commencent même à faire des calculs. Pour le Premier ministre, une chose est claire : « Michael Sik Yuen est un ministre et il doit pouvoir faire fonctionner son ministère. »

Des sympathisants de Michael Sik Yuen à la mairie de Curepipe, mercredi soir.

Dans la foulée, tout en se gardant de commen­taires sur la révocation de Robert Desvaux de la présidence de la MTPA, le Premier ministre parle d’un « tsunami » à venir de son côté après le congrès du Parti travailliste, prévu le week-end pro­chain. Invité à donner plus de précisions concer­nant ce « tsunami » Navin Ramgoolam affirme : « Voyez mon parcours... À ma connais­sance, je suis le seul Premier ministre qui révoque un ministre, pas parce qu’il y a un ‘case’ contre lui, mais parce que je ne suis pas satisfait. » Est-ce là une allusion à un remaniement ministériel ?
« Non ! », rétorque Navin Ramgoolam qui dit faire plutôt allusion aux nominés.

Xavier Duval : « Aucun commentaire sur ce qu'a dit le PM »
Même s’il souhaite que Michael Sik Yuen « tienne sa promesse » de quitter le fauteuil de ministre du Tourisme s’il n’accepte pas la réintégration de Robert Desvaux à la présidence de la MTPA, Xavier-Luc Duval affirme qu’il « est clair que j’ai toujours de l’estime pour lui ».

Il rappelle qu’il s’est « bien occupé de lui » en lui offrant sa chance de devenir conseiller municipal puis maire de Curepipe, président de Events Mauritius, puis député et ensuite ministre du Business pour finalement le recommander au poste de ministre du Tourisme. Dans sa déclaration à la presse après le bureau politique du PMSD, le vice-Premier ministre et ministre des Finances a soutenu ne pas voir clair dans les intentions de Michael Sik Yuen. « Je ne comprends pas sa réaction », a dit le No 3 du gouvernement Ramgoolam en précisant qu’il n’y a « aucun problème entre le PMSD et le PTr ». Il ajoute que « je suis étonné par toutes ces rumeurs qui circulent. C'est un problème interne. »

Xavier-Luc Duval n’a cependant pas voulu faire de commentaires sur la déclaration du Premier ministre. « Je ne vais pas dévoiler ma stratégie », soutient-il. À la presse, le Premier ministre a affirmé que ceux qui pensent que Michael Sik Yuen ne sera plus ministre sont des « wishful thinkers ».

Ganoo : « Cette crise rend le GM plus vulnérable »
C’est la seconde grosse crise que traverse le gouvernement Ramgoolam depuis les dernières élections générales, après le départ du MSM en juillet 2012. Pour le leader de l’Opposition et du MMM, Alan Ganoo, « avec ce qui se passe au sommet de l’État, c’est clair que c’est une autre crise majeure qui entame la crédibilité du gouvernement ainsi que sa stabilité ».

Ajoutée aux récents scandales et aux problèmes sociaux et économiques du pays, « cette crise vient rendre le gouvernement encore plus vulnérable, le handicape dans son action et l’empêche de prendre des décisions difficiles pour le bien du pays. C’est une situation malsaine ». Pour le leader de l’Opposition, il est « intéressant de noter que le PM, malgré l’importance du PMSD par rapport à la majorité du gouvernement au Parlement, fait des déclarations humiliantes et blessantes pour le PMSD et son leader ».

Alan Ganoo ne pense cependant pas que cela provoquera un éclatement du gouvernement, puisque le PM a besoin des bleus pour conserver sa majorité alors que le PMSD
« n’a pas le courage politique de confronter le Premier ministre ». Le mieux pour Maurice, « ce sont des élections générales anticipées ». Cette crise sur l’échiquier politique a été abordée, mercredi après-midi, pendant la réunion entre les dirigeants du MSM et du MMM, au domicile de sir Anerood Jugnauth, à La Caverne, Vacoas. Paul Bérenger y a également assisté. Outre ce thème, d’autres sujets d’actualité ont été abordés.

Lormus Bundhoo : « Aucun commentaire »
Lormus Bundhoo, secrétaire général du Parti travailliste (PTr), n’a pas souhaité faire de
« commentaire pour le moment » en relation avec la situation au PMSD. Face aux questions de la presse, mercredi après-midi à Goodlands, il a affirmé « qu’importe la décision au PMSD, cela n’affectera pas l’alliance au pouvoir. Nous sommes sereins, mais il est préférable d’attendre l'issue de cette affaire ».

La séquence des événements
Vendredi 15 février : Malgré la deman­de faite par Xavier-Luc Duval d’at­ten­dre avant de révoquer Robert Desvaux de la présidence de la Mauritius Tourism Promo­tion Authority (MTPA), Michael Sik Yuen ira quand même de l’avant. Robert Desvaux reçoit sa lettre le même jour et exprime sa stupéfaction à la presse. Le Premier ministre parle de grand nettoyage à venir dans les corps parapublics.

Dimanche 17 février : Mahmad Koda­bac­cus, secrétaire général du PMSD, affirme ne pas savoir « comment on est arrivé à cette situation. Cela crée un malaise au PMSD. Nous devons trouver un moyen de mettre un terme à cela ». Au niveau de la direction du parti, la balance penche plutôt en faveur de Robert Desvaux. Il a été décidé que les deux principaux concernés soient entendus par le Bureau politique qui tranchera.

Lundi 18 février : Michael Sik Yuen rencontre Mahmad Kodabaccus ainsi que d’autres dirigeants des bleus et expose son point de vue. Même chose pour Robert Desvaux.

Mardi 19 février : Xavier-Luc Duval rencontre le Premier ministre et la question sera évoquée. La réunion se serait déroulée à la satisfaction des deux. Le leader du PMSD parlera aussi à Michael Sik Yuen. Ce dernier explique pourquoi il ne veut plus travailler avec Robert Desvaux, alors que Xavier-Luc Duval insiste pour que Robert Desvaux soit réintégré. La rencontre est cordiale, mais chacun reste sur son point. Il laissera entendre qu’il est prêt à démissionner comme ministre pour siéger comme backbencher bleu.

Mercredi 20 février : Michael Sik Yuen est injoignable pour l’état-major du PMSD. Il ne se rendra pas au Bureau politique de son parti. Les dirigeants du PMSD interprètent cela comme une démission de son poste de minis­tre et n’y objectent pas. Or, Michael Sik Yuen laisse savoir à la presse qu’il reste, alors que Navin Ramgoolam affirme qu’un minis­tre « doit pouvoir assumer son rôle de ministre ».




Last modified on Thursday, 21 February 2013 11:35
Meemah Aumeer-Daharee

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