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Saturday, 13 October 2012 11:30

Ces diplômés mal payés de la fonction publique Featured

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Ils investissent des dizaines de milliers de roupies, parfois des millions et consacrent plusieurs années à faire des études avec comme aspiration d’avoir un salaire qui corresponde à leurs compétences. Mais quand ces diplômés intègrent le monde du travail, ils touchent une paie inadéquate. Le rapport du PRB n’a pas remis les pendules à l’heure.
Avec l’application du rapport du Pay Research Bureau (PRB), le salaire d’un chargé de cours à l’Université de Maurice qui est détenteur d’un doctorat (PhD), soit l’équivalent de près de dix ans d’études universitaires passera de Rs 38 000 à Rs 45 000. Pourtant, ce ‘lecturer’ aura fait des études poussées en Angleterre qui lui auront coûté Rs 5 millions, voire Rs 6 millions. Un simple calcul suffit pour démontrer que son salaire est insuffisant pour couvrir les intérêts sur le capital qu’il a investi pour ses études.

Cet exemple n’est toutefois qu’un cas parmi d’autres. Généralement, les diplômés ne sont pas payés en fonction de leurs compétences. « Quand une personne étudie, elle a certaines aspirations de mobilité sociale. Elle s’attend à obtenir un travail et un bon salaire lui permettant d’atteindre certains objectifs matériels. L’éducation c’est un ‘merit good’ car plus une personne est éduquée, plus la société est éduquée et meilleur c’est pour le pays », soutient le Dr Chandan Jankee, Associate Professor en économie à l’Université de Maurice. Le hic, soutient-il, c’est que l’île Maurice est entrée dans une situation de « inflation qualification ». En d’autres mots, si le nombre de qualifications est en hausse, cela ne se reflète pas en termes de mobilité sociale, de salaire et de conditions de travail. « Ce qui est à l’origine d’ailleurs de la désillusion de certains professionnels. Ils ont investi dans leurs études pour finalement ne pas avoir le job auquel ils aspirent ou si c’est le cas, les salaires qu’ils perçoivent et leur condition de travail ne sont pas suffisants pour couvrir l’investissement et le temps consacré à leurs études », fait-il ressortir.

L’herbe plus verte à l’étranger

Le Dr Yousouf Ismaël, économiste, va droit au but. « Les diplômés sont mal payés à Maurice. Quand certains d’entre eux comparent les salaires qu’ils vont recevoir à Maurice après leurs études à l’étranger, ils préfèrent ne pas revenir car outre-mer ils toucheront un salaire plus intéressant avec une meilleure méritocratie et possibilité de carrière ».

Chandan Jankee renchérit : « Les diplômés sont découragés à intégrer certaines professions ou à continuer à travailler à Maurice. Il y a des professionnels qui préfèrent quitter le pays pour l’étranger où les rémunérations, les carrières, les opportunités et l’avenir paraissent plus rassurants ».

D’autres facteurs sont également pointés du doigt. Le système actuel dans la fonction publique n’incite pas les gens à poursuivre d’autres études. Ainsi, un enseignant qui détient un « Advanced certificate in educational management » percevra avec le PRB un salaire de Rs 14 300 allant jusqu’à Rs 29 400 s’il a au compteur des dizaines d’années de service, soit Rs 1 200 de plus qu’un enseignant qui n’a pas ce certificat. « Ce n’est pas assez et loin d’être motivant ! » fait ressortir Rashid Imrith, président de la Government General Services Union. D’autre part, une personne ayant un BSc qui a postulé pour un poste où la qualification minimale requise est le HSC obtiendra un salaire dont le « Scheme of service » est basé sur le HSC.

« Les jeunes ne veulent pas intégrer la fonction publique vu qu’il y a un manque de transparence en termes de promotion et de méritocratie. Il est connu que dans la fonction publique, les relations comptent plus que les compétences », décrie Yousouf Ismaël. Et de poursuivre : « C’est dommage que toutes les décisions soient prises par le management et les plus vieux du service. Or, les jeunes veulent avoir la satisfaction de partager les connaissances apprises et mettre en place de nouvelles initiatives et idées ».

Rashid Imrith ne mâche également pas ses mots. « Dans la fonction publique, il n’y a pas de « incentives » pour retenir les employés. On remarque même qu’il y a une politique pour décourager les gens à entrer dans le secteur. Ce qui a pour effet de ne pas rendre la fonction publique aussi efficace qu’elle  aurait dû être ». Autant de facteurs dissuasifs qui ne peuvent que décourager et exaspérer nos jeunes diplômés !

Ce n’est pas mieux dans le privé

Les diplômés sont loin d’être mieux lotis dans le secteur privé où l’on se base souvent sur les pratiques salariales dans la fonction publique pour établir une grille salariale. Pour attirer des compétences, le secteur privé offre parfois un salaire légèrement plus élevé que dans la fonction publique. « Toutefois, contrairement au secteur privé, la fonction publique prône la transparence car la grille salariale est connue », indique Chandan Jankee.

Les solutions

Comment peut-on améliorer le sort des diplômés ? « Il faut donner des ‘incentives’ pour attirer les compétences, les retenir et les récompenser s’ils font du bon travail. Les salaires dès le départ doivent être intéressants surtout dans les secteurs où on a besoin de compétences », soutient Yousouf Ismaël. Chandan Jankee se prononce pour la création des institutions voire même d’un ministère de l’Émigration qui permettra aux professionnels d’émigrer en vue d’avoir un meilleur avenir, une amélioration de leur niveau de vie et d’atteindre leurs objectifs. « C’est leurs familles et la future génération qui va en bénéficier ainsi que le pays en termes de rentrée d’argent », soutient-il. Rashid Imrith estime que l’État doit d’abord définir un salaire minimal de Rs 15 000 pour tous les employés de la fonction publique et ensuite établir des critères basés sur les qualifications, les responsabilités, les risques du métier, les heures de travail, le temps de service, notamment.




Last modified on Tuesday, 21 May 2013 09:25
Christina Vilbrin

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