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Sunday, 14 October 2012 10:08

Rapport du PRB - Les fonctionnaires, ces mal-aimés… Featured

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Souvent considérés comme ceux qui perçoivent trop de bénéfices, les fonctionnaires sont des mal-aimés. Le septième rapport du PRB, rendu public mardi, apporte encore une fois des avantages à ces préposés de l’État.
Certains montent au créneau pour affirmer que les fonctionnaires sont trop gâtés, alors les syndicalistes restent insatisfaits. Les critiques à leur égard sont-elles justifiées ? Les revendications des fonctionnaires sont-elles légitimes ?


La tête de Mohun Aujayeb réclamée

Après la publication du rapport du PRB, les critiques ont plu. Surtout venant des syndicalistes, qui n’ont pas caché leur déception suite aux recommandations du document. Ils sont nombreux à dire que les augmentations auraient dû être plus conséquentes, qu’il y a trop d’écart entre les salaires des hauts et des petits fonctionnaires.

Insatisfaits, ils estiment que le directeur Mohun Aujayeb doit démissionner. Même s’il est l’homme à abattre, Mohun Aujayeb reste de marbre. Les critiques ne l’atteignent pas. Mieux, il riposte. Ainsi, il a affirmé : « Je ne suis pas là pour faire plaisir ! »

Des services publics pas aussi irréprochables

Le PRB a accordé une hausse notable aux fonctionnaires. Mais la méritent-ils ? À en croire les plaintes répertoriées dans le 38e rapport annuel de l’Ombudsman pour la période de janvier à décembre 2011, des questions se posent dans les différents ministères. Certains cas interpellent plus que d’autres. Par exemple, au niveau du ministère de l’Éducation et des Ressources humaines, en avril 2012, un certain M.Y s’est plaint du retard en ce qui concerne le transfert de sa fille. Cela pour une raison de proximité.

M. Y. a fait trois demandes auprès du ministère, mais après trois mois, alors que le dernier trimestre touchait déjà à sa fin, toujours pas de transfert. À plusieurs reprises, le plaignant s’est tourné vers le ministère, mais en vain. On lui aurait répondu que les classes étaient toutes remplies. Mais selon lui, il y aurait deux places libres et l’école se situe dans son « catchment area ». Il a alors sollicité l’intervention de l’Ombudsman et sa fille a finalement été transférée.

Aisha H. enseigne depuis une vingtaine d’années dans un collège privé. Pour elle, malgré que beaucoup de personnes ne mâchent pas leurs mots à l’égard des fonctionnaires, ces préposés de l’État sont récompensés pour le travail accompli. « Les fonctionnaires sont des mal-aimés. Il y a pas mal de critiques contre les enseignants. Mais on ne réalise pas que l’enseignement est une profession noble et très exigeante, avec des enfants possédant différents caractères et habilités », dit-elle.

Aisha H. avance aussi qu’avec le coût élevé de la vie, les hausses de salaire sont tout à fait légitimes. Si certains sont mécontents que les fonctionnaires aient droit à des bénéfices, d’un autre côté, il y a des fonctionnaires qui grincent les dents, estimant qu’ils n’ont pas ce qu’ils méritent. « Certes, les hauts fonctionnaires ont droit à des augmentations conséquentes. Ce qui est déplorable, c’est qu’il ne peut y avoir de parité entre toutes les catégories d’employés ».

Permanent Assistant Secretary (PAS) depuis une dizaine d’années, Nalini a évolué au sein de différents ministères. Cette quinquagénaire estime que les bénéfices et les augmentations de salaire auxquels ont droit les hauts fonctionnaires sont tout à fait justifiés. « C’est facile de critiquer et de dire que nous touchons de gros salaires. Mais on ne se rend pas compte de la tâche herculéenne que nous accomplissons. Nous ne recevons que notre dû », soutient cette Sudiste.

Il se dit découragé. Désespéré même. Seeven N., petit fonctionnaire du secteur de la Santé dit ne pas comprendre comment le dernier rapport du PRB a pu être aussi profitable aux gros fonctionnaires, alors les General Workers ne récupèrent que « des miettes ». « Je suis choqué et vraiment déçu. On dirait que leur principal objectif est de rendre les riches plus riches et les pauvres encore plus pauvres. Le fossé s’est agrandi entre riches et pauvres. C’est inadmissible. Les petits fonctionnaires n’ont touché que Rs 600, alors que d’autres... », dit-il, acerbe.

Cet habitant de l’Escalier, âgé de 47 ans, a deux enfants à sa charge. Sa fille de 21 ans ne travaille pas encore et son fils de 10 ans est scolarisé. Il ajoute : « Ce n’est pas juste. Nous allons toujours rester au bas de l’échelle ».    

Le Fossé se creuse

Du côté de la Mauritius Employers’ Federation (MEF), l’économiste Vishal Ragoobur est d’avis que le rapport du PRB est l’affaire de tout un chacun. L’enveloppe allouée est payée par les contribuables. Toutefois, il avance que, vu les attentes du secteur public et même en dehors, il est difficile de satisfaire tout le monde.

« Le secteur privé fronce les sourcils. Or, il faut souligner qu’ils ont des avantages que ceux œuvrant dans le secteur public n’ont pas et vice-versa. Les employés ont droit à des révisions salariales annuellement. Toutefois, cela passe inaperçu, contrairement aux augmentations de la Fonction publique », dit-il.

Vishal Ragoobur ajoute que le PRB est un moyen pour l’État de rémunérer ses employés. Que pense-t-il des critiques concernant le fossé qui se creuse entre les fonctionnaires au bas de l’échelle et les hauts fonctionnaires. « Il faut aussi voir les salaires relativement aux responsabilités, au niveau de compétence et à d’autres critères », commente-t-il.

C’est injuste de dire que les fonctionnaires sont gâtés. C’est le constat de Kris Poonoosamy, haut fonctionnaire à la retraite. Selon lui, avant la rédaction de ce rapport, il y a eu des consultions avec les parties concernées. Les syndicalistes ont soumis leurs propositions, à la suite de quoi, le rapport a été avalisé par le Conseil des ministres. « Vu la situation économique, le PRB a fait de son mieux pour que chaque fonctionnaire soit récompensé. Si, auparavant, l’écart était plus grand, on a essayé de remédier à cela. Le salaire de ceux au bas de l’échelle, comparé à celui des hauts fonctionnaires, avait un ratio de 1 : 8,6. Alors qu’aujourd’hui, il est de 1 : 7,7 », dit-il.

Éducation - Les conditions de travail font grincer les dents

Dans le secteur de l’Éducation, plus que l’augmentation des salaires, ce sont les conditions de travail qui dérangent. Même le ministre de tutelle, Vasant Bunwaree, s’est joint aux voix des protestataires, pour déplorer le fait que les enseignants du primaire n’ont pas eu la considération voulue.

Vasant Bunwaree, ministre de l’Éducation, a déclaré, jeudi, qu’il n’était « pas satisfait pour les enseignants, surtout ceux du cycle primaire. Ils font beaucoup d’efforts. Et je pense surtout aux enseignants du primaire. Ils subissent beaucoup de pression » .

Cependant, le ministre devait admettre que le PRB « a ses contraintes ». Le PRB a expliqué que, si les salaires des enseignants devaient changer, ceux des autres postes équivalents dans la Fonction publique devraient être également revus. « Cela aurait posé des problèmes et je pense que c’est pour cela que le PRB n’a pas augmenté les salaires des enseignants, comme on le souhaitait », a expliqué Vasant Bunwaree.

Pour ce qui est de la disparité entre les salaires des enseignants du primaire et ceux du secondaire, le ministre estime que « le PRB a pris de bonnes mesures et qu’on est sur la bonne voie. Les enseignants du primaire et du secondaire font presque les mêmes études pour pouvoir enseigner et il y a très peu de différence. Le ministère travaillera avec le Mauritius Institute of Education (MIE) pour combler cette différence d’études de deux à trois mois. Ainsi, on pourra revoir les conditions. Ce ne sera pas pour bientôt, mais dans les mois et années qui suivront », a assuré le ministre.

Les enseignants du secondaire s’interrogent après la parution du rapport du PRB. Ils craignent de devoir enseigner une deuxième matière et de remplir plus de périodes d’études. Le rapport fait mention que : « Educators should teach during 30 periods in a week, one or more subjects relating to his academic qualifications ».

« Le rapport du Pay Reaearch Bureau joue sur les mots. Cela risque d’avoir diverses interprétations dans les collèges, et de changer notre journée de travail. Dans les collèges, les recteurs peuvent interpréter comme ils le souhaitent cette partie. Actuellement, les profs enseignent pendant 30 périodes, font deux périodes d’activités et au moins cinq remplacements par semaine. Ce qui tourne autour de 35 périodes de travail », explique Naraindranath Gopee, président de la Government Secondary School Teachers Union (GSSTU).

Recteurs mécontents

Selon Soondress Sawmynaden, président de l’Association des recteurs, le rapport ne plaît pas aux recteurs des collèges d’État. « Ce n’est un secret pour personne que, de nos jours , il est très difficile de gérer les collèges. Il y a un gros problème d’indiscipline, et le rapport aurait pu recommander un poste de Discipline Master.

Dans les collèges privés, il y a des Section Leaders qui facilitent la tâche des recteurs. De plus, dans le privé, les enseignants peuvent faire de la politique ou faire des ‘side business’, contrairement à ceux des collèges d’État », explique ce recteur.

Le président montre aussi du doigt le nombre d’heures recommandées pour les Head of Departments (HoDs) et les Deputy Rectors. Le rapport recommande que les HoDs doivent désormais travailler 30 périodes par semaine au lieu de 25. Quand est-ce qu’ils auront le temps de faire le travail administratif ? Qui plus est, on demande aux Deputy Rectors de travailler 10 périodes par semaine. Ainsi, les Deputy Rectors devront ‘report’ aux HoDs, qui sont hiérarchiquement plus bas qu’eux.  Le GTU réclame le retour de Vijay Kumar Appanah. En effet, le président du Government Teachers’ Union (GTU) estime que l’ancien directeur du PRB aurait fait mieux. Vinod Seegum va, en ce sens, adresser une lettre au Premier ministre pour demander le retour de Vijay Kumar Appanah.

« La GTU et le ministère avaient déposé leurs recommandations conjointement, afin que les enseignants du primaire aient les mêmes salaires que ceux du secondaire. Mais le PRB a ignoré nos recommandations », déplore Vinod Seegum.

Ainsi, les enseignants, regroupés sous le Primary School Common Front, feront une manifestation dans la capitale le 27 octobre. Ils se réuniront au Centre social Marie, Reine de la Paix à 10 heures, pour ensuite se diriger vers le Jardin de la Compagnie.


Vijay Appanah, ancien directeur du PRB : « Je ne suis pas contre les salaires accordés aux hauts fonctionnaires »

> Quelle est votre appréciation de ce rapport du PRB ?
Le rapport du PRB couvre, en général, trois à quatre sujets. Tout d’abord, la révision salariale – qui est primordiale –, les autres conditions d’emploi, les réformes et la révision des structures des différents départements. La question des salaires, en particulier, m’intéresse et je dirai que je ne suis pas contre les salaires accordés aux hauts fonctionnaires, dans la mesure où ils ne sont pas aussi élevés que les salaires déjà octroyés à certains postes comparables au sein des compagnies publiques et privées. Toutefois, j’estime qu’il faudrait revoir la conversion salariale pour ceux qui se situent au bas de l’échelle.

En ce qu’il s’agit des conditions d’emploi, on ne note pas de changements pertinents. Pour ce qui est de la structure des organisations, n’ayant pas écouté les parties concernées, il est difficile pour moi d’émettre une opinion. Or, ce qui est bien, c’est que le gouvernement a pris la décision de repousser la date de la soumission du rapport Errors and Omissions à février prochain au plus tard. Ce serait bien que le PRB revoie les points qui ont été critiqués.

> Prenant en ligne de compte le contexte actuel, quels changements auriez-vous apporté dans ce septième rapport ?
Je serais probablement venu de l’avant avec de nouvelles conditions et des réformes. Si je devais apporter des changements, par exemple, j’aurais mis l’accent sur l’introduction d’un vrai Medical Scheme. D’ores et déjà, je l’avais recommandé dans le rapport du PRB 2008. Plus de quatre ans et demi se sont écoulés, mais toujours rien. Le PRB a encore une fois fait une recommandation dans ce sens.

Bien ficelé, ce concept aurait aidé à améliorer les services des hôpitaux. Avec ce projet, nos quelque 85 000 fonctionnaires et les membres de leurs familles se seraient tournés vers les cliniques privées pour les soins médicaux. La mise sur pied d’un Medical Scheme contribuerait à réduire la pression sur nos hôpitaux, à rendre leurs services plus efficaces, tout en diminuant les coûts. De plus, cela aurait été un coup de pouce pour les institutions de santé du privé. Ce qui aurait été fort intéressant.

> La formule du PRB doit-elle être maintenue ou faut-il changer le présent système ?
Nous avons diverses possibilités. Avant la création du PRB, la Salary Commission – dirigée par un expert étranger – avait pour rôle de réviser les grilles salariales. Le dernier Salary Commissionner, M. Sedgwick avait recommandé la mise sur pied du PRB dans le but d’assurer une sorte de garantie pour les fonctionnaires. Avec le rapport du PRB, la révision salariale permet de couvrir la perte du pouvoir d’achat. Sans le rapport du PRB, les membres de la Fonction publique se seraient retrouvés dans une situation difficile. Je ne pense pas que ce serait une bonne chose d’éradiquer le PRB.

> Que pensez-vous de la demande de démission concernant l’actuel directeur du PRB par certains syndicats ?
Je préfère ne pas commenter cet aspect de la controverse.

Le Dimanche/L' Hebdo

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