Cette zone, équivalente à presque mille fois la superficie de notre île, et qui vient d’être étendue suite à un récent accord avec les Seychelles, possède des vastes stocks de diverses espèces de poissons. Pourtant, en 2011, nous avons importé 162 000 tonnes de poissons, fruits de mers et autres produits alimentaires à base de poisson, pour un montant de Rs 9,2 milliards.
Ces importations représentent une hausse par rapport à 2010, année où 156 000 tonnes ont été importées pour un montant de Rs 7,8 milliards. La note d’importation de poissons pour le premier trimestre de 2012 s’élève à Rs 1,9 milliard pour 31 000 tonnes. Alors que nous nous positionnons comme un centre névralgique de pêche pour l’exportation, nous continuons à importer un volume important pour notre consommation locale. À quand une autosuffisance en produits de mer ?
Le secteur « seafood » s’est développé en une industrie florissante au cours des dix dernières années. Les exportations domestiques de poissons et autres produits alimentaires à base de poissons ont atteint 60 905 tonnes en 2010, rapportant Rs 7,7 milliards au pays. En 2011, il y a eu une baisse dans le volume des exportations en 2011, avec 54 867 tonnes exportées. Cependant, la valeur des exportations était presque le même à Rs 7,7 milliards. Le « seafood hub » est appelé à être consolidé dans le cadre de l’élaboration d’une nouvelle économie bleue, avec l’exploitation optimale de nos ressources maritimes.
Cette nouvelle industrie de la mer, qui va au-delà de la pêche, avait été annoncée dans le récent discours programme du gouvernement. Depuis quelques années déjà, les autorités considèrent le secteur de la pêche comme un important pilier de notre économie. L’objectif est de transformer l’île Maurice en une plaque tournante pour le commerce de fruits de mer, de l'entreposage, la transformation, la distribution et réexportation de produits de mer frais, réfrigérés et congelés ou de fruits de mer à forte valeur ajoutée.
Il est aussi question de promouvoir l'aquaculture et attirer des investisseurs étrangers. Dans le cadre de la politique de démocratisation, les pêcheurs traditionnels sont encouragés à devenir entrepreneurs. Outre les facilités modernes disponibles au port franc, le parc infrastructurel du secteur de la pêche s’est récemment doté d’une ‘Fish Auction Market’ à Bain-des-Dames, dont l’entrée en opération se fait toujours attendre.
Les principales entreprises opérant dans le secteur seafood
- Ferme Marine de Mahebourg Ltd
- Seskel Enterprise Ltd
- Pelagic Process Ltd
- Princes Tuna (Mtius) Ltd
- Mer des Mascareignes Ltd
- Froid Des Mascareignes Ltd
- Thon des Mascareignes Ltd
- Dayanand Bholah Seafoods Ltd
- Sea Food Hub Ltd
- Sapmer Ltd
- Bella Amigo Ltd
- Hassen Taher Seafoods Ltd
- Marlin Exports Ltd
Les différents segments :
Artisanale
La pêche traditionnelle pratiquée par les petits pêcheurs à l'intérieur du lagon et à proximité du récif externe, rapporte du poisson frais aux 60 « fish landing stations » le long de la côte de Maurice. Ces pêcheurs utilisent des pirogues en bois de six à dix mètres de long pour pêcher dans les lagons et les récifs extérieurs. Ils utilisent des nasses, des lignes équipées d’hameçons, des harpons, de grands filets et des filets maillants. Les espèces de poissons sont principalement des capitaines, des cordonniers, des rougets, entre autres.
Dans les bancs
Ce type de pêche est pratiqué sur les zones peu profondes du plateau des Mascareignes, appelées les bancs, à environ 500 kilomètres de Maurice, où les campagnes de pêche durent plusieurs semaines. Les prises sont consommées localement et représentent environ 30 % de la consommation totale de poisson à Maurice.
Industrielle
La pêche industrielle concerne principalement l’exploitation des ressources de thon dans l'océan Indien. Celle-ci correspond à environ 40 % des prises annuelles, et fournit le matériau brut à la conserverie de thon locale. Quelques entreprises locales, comme Princes Tuna et Thon de Mascareignes opèrent des conserveries de thons destinées à l’exportation, l’épine dorsale de notre « seafood hub ». Le thon est pêché au moyen de bateaux équipés de sennes coulissantes ou de lignes de fond. Il y a plusieurs bateaux étrangers qui opèrent sous licences octroyées par les autorités mauriciennes.
Port franc
Le port franc joue un rôle clé dans l’industrie du poisson. 43 656 tonnes de produits de la mer ont été importées en 2010, pour ensuite être réexportées. En 2011, 46 871 tonnes de poissons ont été importées par le secteur port franc. La valeur s’élève à environ Rs 1,9 milliard.
Fishing Licence
Type de pêche Frais Espèces
Longline (pêche à la palangre) US $ 6 000 pour une période US $ 2 000 pour 30 jours additionnels
de 90 jours Thon : yellowfin, bigeye, germon
(albacore) marlin, espadon, requins
Purse seine (la senne) US $13,000 pour une période Skipjack (bonite),
de 90 jours small yellowfin, small bigeye
Trawling (chalutage) Déterminé selon le cas en question Petites pélagiques maquereau
Les nouvelles opportunités
L’élevage
L’élevage, ou le ‘fish farming’ à grande échelle, est un des segments à fort potentiel. La Ferme Marine de Mahebourg (FMM), est l’exemple le plus cité dans le domaine de l’aquaculture locale. Cette société s’est engagée dans la production de poissons marins, principalement l’ombrine, en cages installées dans le lagon et utilise des techniques avancées. D’autres sites appropriés pour l’élevage de poissons dans le lagon ont déjà été identifiés dans le sud est de l’île.
Le concombre de mer
Dans plusieurs pays, mais surtout en Asie, le concombre de mer, ou bêche-de-mer est un aliment de base pour les populations, avec une forte demande. Outre l’utilisation culinaire, ils constituent également un nouveau créneau pour l'industrie pharmaceutique, nutraceutique et cosmétique. Parfois, leurs organes internes comme les gonades et les intestins sont mis à fermenter ou à sécher pour donner des produits de niche à haute valeur commerciale utilisés comme suppléments diététiques.
C'est pourquoi des pays comme l'Indonésie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et les Philippines les exportent chaque année en grandes quantités vers la Chine et d'autres marchés asiatiques. Mais la surexploitation a des effets néfastes sur l’écosystème marin. À noter que la pêche du concombre de mer est interdite à Maurice depuis le 1er mars 2012, et ce jusqu’au 29 février 2016. Toute infraction à ce règlement est passible d’une amende maximale de Rs 500,000. Par contre, l’élevage en bassin représente une excellente opportunité.
Le Board of Investment
Le Board of Investment (BoI) a aussi pour tâche de promouvoir le « seafood hub ». Un département dédié au Seafood, sous la houlette du Directeur Seewraj Nundlall, est la vitrine du secteur auprès des investisseurs étrangers. Selon l’organisme, les opportunités disponibles sont : le transbordement de poisson, le traitement de fruits de mer et des activités comme le filetage, l’emballage, la mise en boîte, l’emballage sous vide et la production de repas prêts-à-manger. À noter que le montant total d’investissements directs étrangers dans le secteur agricole et pêche en 2011 était de l’ordre de Rs 177 millions seulement.
Accords internationaux
Maurice a signé plusieurs accords avec l’Union européenne et la Federation of Japan Tuna Fisheries Cooperative associations, permettant à des bateaux européens et japonais de pêcher dans nos eaux. Les bateaux mauriciens peuvent, eux, pêcher dans les eaux seychelloises sous d’autres accords. Les bateaux étrangers doivent obtenir une ‘fishing licence’ auprès du ministère concernée à Maurice.









