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Wednesday, 30 January 2013 12:01

Dossier – Métro léger et transport public : Concurrence ou complémentarité ? Featured

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C’est parti pour le métro léger. Cette fois-ci, le projet est bien sur les rails, avec le premier coup de pioche donné en 2014. Entre-temps, les réunions s’activent avec la Singapore Corporation of Enterprise, en attendant le lancement des appels d’offres en septembre prochain. Cependant, le projet inquiète des opérateurs et travailleurs du transport public.
C’est le 27 avril 2012 que le Conseil des ministres a donné son feu vert au projet. Depuis, des travailleurs du transport et des opérateurs voient rouge. Le début des travaux était initialement annoncé pour cette année, mais aux dernières nouvelles, ce sera pour 2014.

Le coût du projet est estimé à plus de Rs 10 milliards et il est possible qu’il soit réalisé sous un ‘Public Private Partnership’. Le tracé, long de 28 kilomètres, comprendra une douzaine d’arrêts entre Port-Louis et Curepipe. Au ministère des Infrastructures publiques, c’est le Professeur Koshik Reesaul qui est en charge du dossier.

Au-delà de son aspect fascinant, le métro léger provoque aussi des craintes, notamment parmi les travailleurs du transport. Les opérateurs d’autobus se sentent également concernés, surtout ceux opérant sur le tracé proposé.

À la United Bus Service (UBS), compagnie qui opère principalement entre Port-Louis et Curepipe, on laisse entendre que ce projet est suivi de près. « Il est vrai que le projet nous affectera, mais nous sommes aussi confiants que les autorités trouveront une solution afin de ne pas pénaliser les compagnies d’autobus et les travailleurs », a déclaré Alim Bundhoo, Traffic Manager, à Le Défi Économie. Du côté des travailleurs, ceux âgés de plus de 45 ans craignent qu’ils ne pourront recommencer une carrière dans un autre secteur, s’ils perdent leur emploi alors que les plus jeunes trouvent, eux, une opportunité d’intégrer le nouveau projet. Par contre, la question divise les associations des consommateurs.
 
Le rôle de la SCE
Le consultant principal travaillant sur ce dossier, la Singapore Corporation Enterprise (SCE), aura pour tâche de déterminer un tracé idéal entre Port-Louis et Curepipe. Le consultant devra aussi analyser les coûts du projet et développer un design préliminaire. La SCE verra également si une extension au nord et au sud est possible. Les honoraires s’élèvent à Rs 180 millions. Le choix du gouvernement s’est porté sur la SCE suite à une visite officielle du Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, à Singapour en septembre 2010. Les propositions singapouriennes ont été examinées par des experts du ‘Government Railways’ en Inde.
 
Market Sounding
Le gouvernement a effectué un ‘Market Sounding Exercise’ en décembre dernier afin d’attirer des firmes intéressées à diverses étapes : la conception, la construction, l’opération, l’entretien et le financement. Au cours de l’exercice, les participants ont pu avoir des détails précis sur le projet.

L’APEC : Le développement n’a pas de prix
Pour Suttyhudeo Tengur, de l’Association pour la Protection de l’Environnement et des Consommateurs (APEC), le développement n’a pas de prix. « Nous accueillons ce projet malgré son coût élevé car tout projet de développement a un impact économique positif. Le développement n’a pas de prix », soutient-il. À notre question s’il aurait souhaité voir l’extension du projet, il a répondu qu’on doit à présent se contenter de la mise sur pied du projet sur le tracé Port-Louis-Curepipe. « Déjà, on a pris tout ce temps pour commencer le projet, donc toute extension viendra par phase ».

Sunil Jeewoonarain : Les autobus individuels pas concernés
Sunil Jeewoonarain, Président de la Bus Owners Cooperative Society, Quatre-Bornes, estime que le projet n’affectera pas directement les autobus individuels. « Le trajet Curepipe – Port Louis est assuré par de grandes compagnies, donc nous n’avons rien à craindre. Du moins pour le moment. Cependant, nous surveillons le déroulement du projet, car s’il y aura une extension, alors cela nous interpellera, car à ce moment, tout le pays sera concerné ».

L’ACIM : Ce projet plombera notre économie
Jayen Chellum, de l’Association des Consommateurs de l’Île Maurice (ACIM), maintient sa position. « À l’ACIM, nous sommes contre le projet de métro léger parce que nous sommes convaincus que ce projet aura un impact très négatif sur notre économie », a-t-il déclaré à Le Défi Économie. Jayen Chellum explique que son association travaille actuellement sur un dossier pour justifier son opposition. « Nous allons très prochainement présenter nos arguments pour démontrer pourquoi ce projet sera néfaste pour l’économie ».

Raffick Bahadoor : Les taxis pas épargnés
Raffick Bahadoor, Président du Taxi Proprietors Union et membre du Front Commun des Syndicats du Transport, est d’avis que le projet affectera les taxis également. « Même le projet du permis à points est lié. C’est la stratégie du gouvernement pour forcer les gens à abandonner leurs voitures et à utiliser le métro. On nous impose ce projet, sans qu’une étude ait été faite sur les impacts socio-économiques. Nous espérons que le gouvernement aidera ceux qui seront pénalisés ».

Frankie Tang : Il faut aussi réformer le transport public
L’économiste Frankie Tang est d’avis que le métro léger apportera que du bien au pays. « Tous les pays développés ont adopté ce style de transport, alors pourquoi pas nous ? Ce projet cadre bien avec nos diverses ambitions. Avec l’expansion du tourisme et le secteur des services, la mobilité urbaine devient conséquente.

On ne peut continuer à dépendre sur les voitures. Toutefois, il faut aussi réformer le transport public qui offrira un service complémentaire au métro léger. Il est temps d’introduire des cartes prépayées, de revoir les routes des autobus, et d’offrir la possibilité de voyager sur plusieurs lignes avec une même carte ». Pour l’économiste, les passagers qui doivent changer plusieurs autobus pour leur trajet quotidien sont pénalisés car ils doivent payer plusieurs fois, même si la distance totale parcourue est minime.

Un ‘Travel Pass’, valable sur plusieurs lignes, est la solution idéale, selon lui. « Nous devons aussi bouger vers le ‘cashless travel’, cela réduira également les attaques sur les receveurs. Les lignes d’autobus doivent être retravaillées afin de les rendre plus ‘friendly’. On peut, par exemple, créer des mini-gares à travers le pays, ce qui réduira le nombre de bus entrant Port-Louis ou les autres villes, car bon nombre de ces bus sont presque entièrement vides au moment d’arriver à Port-Louis. Ces mini-gares deviendront aussi des pôles économiques créant des emplois. Tout est possible. Il suffit d’y réfléchir », nous dit-il.

L’ICP : Une bonne décision pour le pays
Yousouf Jhugroo, de l’Institute for Consumer Protection (ICP), affiche une satisfaction complète face au dénouement du dossier de métro léger. « On en parle depuis bientôt trois décennies, entre-temps la situation sur nos routes s’est empirée.

Le transport public laisse à désirer, et aucune réforme majeure n’a été entreprise, à tel point que les membres du public se sont organisés eux-mêmes pour se débrouiller, ce qui a donné naissance aux fameux taxi-marrons, aux ‘van lecol’, aux fourgons transportant les travailleurs et aussi à l’explosion de l’utilisation de deux-roues. Il était temps que le gouvernement prenne une décision finale.

Ceci dit, j’espère que le projet aboutira et qu’il sera réalisé en toute transparence, car un investissement d’une telle envergure implique des centaines de contrats publics. Que les petits entrepreneurs y trouvent leurs comptes dans un véritable esprit de démocratisation ». Yousouf Jhugroo espère aussi que le transport public connaisse des changements importants. « Il est aussi temps de moderniser le transport par autobus. Le chaos a trop duré et le public voyageur mérite mieux. Le transport public coûte cher, mais le service est déplorable. Les consommateurs en ont assez ».

Afribrains : Étendre le projet au Nord
Pour Afribrains, la disponibilité des navettes gratuites dans les centres-villes permettra à beaucoup de laisser leurs voitures à la maison. « Les gens doivent obligatoirement prendre leurs voitures parce que les bus ne vont pas là où ils travaillent. Marcher des kilomètres à partir d’une gare est une véritable corvée. Par contre, une navette régulière et gratuite qui fait le tour d’une ville facilitera le déplacement des gens.

Concernant le métro-léger, Afribrains estime qu’à l’époque où l’idée d’un transport alternatif fut lancée, la congestion routière à Maurice était concentrée entre Curepipe et Port-Louis seulement. Or, aujourd’hui, c’est peut-être pire ailleurs, alors pourquoi limiter le projet entre Port-Louis et Curepipe ? Pour le cabinet de consultants, une extension immédiate vers Terre Rouge aura un impact très positif sur le trafic routier venant du nord, car les autobus venant du nord et de l’est pourraient terminer leur trajet à Terre Rouge au lieu d’entrer à Port-Louis.

De la même façon, on peut transférer la gare Victoria à Montebello et Coromandel afin que les passagers empruntent le métro léger pour rallier Port-Louis. Il suffit aussi d’aménager une grande aire de stationnement à Terre Rouge et à Montebello, afin que les gens y laissent leurs voitures et empruntent le métro. Le métro léger doit être la connexion entre les quatre coins du pays et Port-Louis, sinon, ce sera un éléphant blanc. « Ensuite, il faut penser et planifier à long terme, pour les prochains 20-30 ans.

Donc, on doit, dès maintenant, songer à l’extension vers Grand-Baie et l’aéroport. Imaginez-vous, pendant les cinq dernières années, nous avons investi plus de Rs 25 milliards pour augmenter notre parc automobile. Ce chiffre est double si on compte les dix dernières années. Cet argent aurait plus que suffi pour doter le pays tout entier d’un système de rail, » estime Afribrains.



Last modified on Wednesday, 30 January 2013 08:30
Shaffick Hamuth

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