22 October 2014
Petites Annonces Gratuite
FacebookTwitterGoogle PlusLinkedin
Facebook Like
Wednesday, 20 February 2013 12:03

Dossier – L’économie de l’eau : un défi national de taille Featured

Rate this item
(1 Vote)
L’eau, c’est la vie, dit-on. Une pénurie d’eau fait souffrir non seulement les ménages, mais aussi l’industrie.
Alors que des activités grosses consommatrices d’eau se mettent en place, l’offre arrive difficilement à égaler la demande. Des investissements massifs dans des nouveaux barrages apporteront certes une solution mais, entre-temps, on essaye de limiter le gaspillage et de capter au maximum l’eau de pluie.

Les derniers relevés de la Central Water Authority (CWA) démontrent que nos réservoirs n’ont pas vraiment grandement bénéficié des récentes pluies torrentielles, sauf Piton du Milieu et La Nicolière, qui affichent un taux de remplissage de 100 % alors que Mare-Aux-Vacoas demeure à 78,6 %, Midlands à 72,8 % et Mare Longue à 61 %. La Ferme est loin derrière avec un niveau de 41,8 %. Pourtant, certains régions ont eu jusqu'à 166 mm de pluie.

La raison principale est que les grosses averses ont eu lieu hors des ‘catchment area’ des réservoirs, avec pour résultat que les eaux excessives, après avoir inondé routes et maisons, et détruit des champs de légumes, ont fini à la mer.
En 2011, le pays a récolté une moyenne de 1,945 mm de pluies, soit une hausse de 7,7 % par rapport à 2010. Toutefois, le volume d’eau potable traitée par les différentes stations a connu une baisse de 9,4 % de 2010 1 2011, soit de 223 millions mètres cubes à 202 millions mètres cubes.

46 % de ce volume provient des réservoirs et 54 % des nappes souter­raines. L’eau qui demeure un sujet d’importance nationale a aussi été source de nombreux conflits à travers le pays, avec des citoyens frustrés manifestant leur colère dans la rue, suite à des coupures d’eau. Du côté des gros projets, le Bagatelle Dam est en construc­tion au coût de Rs 3,4 milliards et sera prêt vers la fin de 2014. D’autres barrages sont prévus au Sud du pays.
 
Usage industriel
L’industrie utilise de grosses quantités d’eau. Mais toute l’eau utilisée par l’industrie n’est pas forcément consommée. Les industries les plus gourmandes en eau sont les industries de transformation : le secteur agroalimentaire, par exemple, a besoin de beaucoup d’eau potable. Le segment ‘seafood’, qui est en plein essor, ne peut fonctionner sans un volume d’eau adéquate. D’ailleurs, la presse a fait état des difficultés subies par Thon des Mascareignes, la semaine dernière, à cause d’un manque d’eau, causant un sérieux manque à gagner. 

Le recyclage du papier est une autre activité qui nécessite beaucoup d’eau. Cette contrainte a même eu raison d’une entreprise de recyclage de papier basé à La Tour Koenig. Faute d’une fourniture d’eau adéquate, l’entreprise n’a pu atteindre ses objectifs. D’autres activités dépendant énormément sur un large volume d’eau sont la teinturerie, la construction et la fabrication des boissons gazeuses.

La consommation d’eau industrielle est extrêmement variable d’un pays à l’autre car elle dépend du niveau de développement de chaque nation. Dans certains pays, presque toute l’eau consommée est utilisée pour l’agriculture : c’est le cas, par exemple, en Inde ou au Mexique, qui utilisent 90 % de leur eau à des fins d’irrigation. Dans les pays industrialisés, en revanche, la consommation d’eau industrielle n’a fait que croître depuis la révolution industrielle du XIXe siècle.
 
Zones industrielles
Paradoxe ou planification inappropriée, nos zones industrielles se trouvent plus ou moins dans des zones arides ou la pénurie d’eau se fait toujours sentir. Prenant l’exemple du recyclage de papier, alors qu’une usine basée a la Tour Koenig a dû avoir recours à grands frais aux camions-citernes privés, une autre usine de recyclage similaire, Etchelle Papers, située à Cluny, s’approvisionne principalement de l’eau de pluie. Pour la zone économique de Jin Fei, on a dû investir dans un nouveau conduit la reliant à La Nicolière.
 
Quantité d’eau nécessaire pour la fabrication
300 à 600 litres d’eau pour 1 kg d’acier
500 litres d’eau pour 1 kg de papier
300 à 400 litres d’eau pour 1 kg de sucre
100 litres d’eau pour 1 litre d’alcool
60 à 400 litres d’eau pour 1 kg de carton
35 litres d’eau pour 1 kg de ciment
1 à 35 litres d’eau pour 1 kg de savon
1 à 2 litres d’eau pour 1 kg de matière plastique
 
Usage domestique
 65 % de l’eau vendue par la CWA sont destinés à l’usage domestique. La demande augmente d’année en année. Cette demande est aussi accentuée par un nouveau mode de vie caractérisé par l’usage d’équipements modernes comme les nettoyeurs à haute pression et les piscines.
 
Usage agricole
L’une des contraintes majeures affectant le secteur agricole est bien évidemment le manque d’eau. Le secteur de l’élevage ne peut évoluer efficacement sans un volume d’eau adéquat car l’eau est cruciale tant pour l’alimentation du bétail que pour le maintien de l’hygiène. Dans le cadre du renforcement de notre sécurité alimentaire, de nouveaux projets d’envergure ont vu le jour, comme la culture du riz dans le Sud, sur plus de 300 hectares.

La Mauritius Research Council est en train d’expérimenter la culture du blé à Maurice. Le rapport ‘Food Security Strategy’ souligne que plus d’un millier d’hectares de terres agricoles sont abandonnées en raison de l’indisponibilité de l’eau. Le rapport préconise également l’installation des facilités d’irrigation pour encourager la culture sur les terres abandonnées.

D’autre part, le plan fait la part belle aux nouvelles idées comme la culture du mais, des grains secs, la création des vergers et la transformation des tomates, de la cassave ou encore du fruit à pain. Il est aussi question de relancer l’élevage afin de produire plus de lait et de viande. Cela entraînera aussi une plus grande culture du fourrage. Pour atteindre ces objectifs, le secteur agricole aura besoin de l’eau. La pression est donc énorme sur les ressources en eau du pays.

Combien d’eau ?
Pour produire un kilo de maïs, il faut 238 litres d’eau. Le volume pour d’autres denrées de base :
  • 346 litres d’eau pour 1 kg de banane
  • 524 litres d’eau pour 1 kg d’orge
  • 590 litres d’eau pour 1 kg de pomme de terre
  • 590 litres d’eau pour 1 kg de blé
  • 900 litres d’eau pour 1 kg de soja
  • 1 600 litres d’eau pour 1 kg de riz pluvial
  • 5 000 litres d’eau pour 1 kg de riz inondé
  • 5 263 litres d’eau pour 1 kg de coton
  • 16 000 litres d’eau pour 1 kg de bœuf
 
Usage commercial
 Avec plus de 420 000 véhicules sur nos routes, le lavage de voitures est subitement devenu un créneau intéressant. Des centres de lavages poussent à travers l’île et cette activité requiert beaucoup d’eau. Même des centres qui se vantent de laver ‘sans eau’ se servent de l’eau pour certaines opérations. Jusqu’ici, il n’y a aucune législation spécifique qui régit cette activité bien que, de temps en temps, dépendant du niveau des réservoirs, les autorités interdisent le lavage des voitures. Dans la plupart des cas, c’est l’eau potable de la CWA qui alimente les réservoirs des centres de lavages.

Eau et loisirs
Les loisirs liés à l’eau sont nombreux et varient selon la situation géographique : Outre les sports nautiques, il y a aussi des activités récréatives comme les parcs aquatiques parsemés d'attractions diverses tels que des piscines, des toboggans, des vagues artificielles, etc. D’autres activités ont lieu sur des lacs naturels ou des étendues d’eau alimentées artificiellement.

Le business de l’eau
La vente de l’eau potable est devenue une activité très lucrative. Après l’eau de table, c’est maintenant les fontaines d’eau qui sont à la mode. Les entreprises préfèrent avoir recours aux fontaines d’eau pour abreuver leurs employés et les visiteurs. Alors que l’eau potable du robinet nous coûte moins de demi-sous le litre, le litre d’eau embouteillée revient à au moins Rs 18. La vente de l’eau en bouteille explose. L’eau se vend également par camion.

Les camions-citernes sont constamment sollicités par les usines et les hôtels. Des villas RES sont, elles, obligées d’avoir recours aux camions privés pour faire le plein des piscines. La pénurie d’eau et l’urgence d’économiser ont fait germer des idées aux petits entrepreneurs. Ainsi, l’on peut trouver sur le marché des systèmes de collecte d’eau de pluie fabriquée localement. Des bricoleurs ont également conçu leurs propres systèmes.

Empreintes sur l’eau
L’empreinte en eau est un indicateur de l’usage direct et indirect de l’eau par le consommateur ou le producteur. L’empreinte en eau d’un individu, d’une communauté ou d’un commerce est définie comme le volume total d’eau douce nécessaire pour la production de marchandises et services consommé par l’individu, la communauté, ou produit par le commerce. Selon le ‘Water Footprints of Nations’, la consommation d’eau par tête d’habitant par an est comme suit :
  • 2,483 m3 aux États-Unis
  • 2,332 m3 en Italie
  • 1,875 m3 en France
  • 1,682 m3 en Suisse
  • 1,150 m3 au Japon
  • 1,103 m3 en Pologne
  • 700 m3 en Chine
  • 675 m3 en Éthiopie
La moyenne mondiale est de 1,243 m3 par personne par an.

Maurice île Durable
Dans le contexte de Maurice île Durable (MiD), il est prévu de sensibiliser la population sur le gaspillage d’eau. Il est aussi recommandé de collecter l’eau de pluie. À cet effet, une ‘Rainwater Harvesting Scheme’ a été mise en place pour financer les équipements. Le MiD Fund a aussi fait l’acquisition des aérateurs à être fixés aux robinets dans le secteur public pour réduire le débit d’eau tout en maintenant le confort d’utilisation. Les autorités exigent aussi que les projets hôteliers et IRS sur le littoral se dotent d’une unité de dessalement de l’eau de mer et de recyclage des eaux.




Last modified on Wednesday, 20 February 2013 09:18
Shaffick Hamuth

Email This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.
Zero Tolerance

ZERO Tolérance

Les internautes qui voudraient commenter les articles qui sont publiés sur le site defimedia.info sont avisés qu'ils doivent éviter à tout prix d'utiliser des termes obscènes, racistes, communaux ou diffamatoires. La moindre utilisation d'un terme offensant entraînera le rejet automatique du commentaire soumis.

comments powered by Disqus

Economie Popular Articles

Google+