Après ces menaces, Elvissen Adaken décide de consigner une déposition. C’est accompagné de son rédacteur en chef, Nawaz Noorbux, qu’il s’est rendu aux Casernes centrales pour porter plainte à la Cybercrime Unit.
Vendredi matin, Radio Plus avait diffusé une bande sonore de l’intervention du PPS Dhiraj Khamajeet lors d’une réunion privée. On entend des déclarations explosives de l’élu du numéro 9, Flacq-Bon Accueil, face à ses mandats, grâce au micro caché du journaliste Elvissen Adaken. Le député évoquait des irrégularités lors des procédures de recrutement dans la Fonction publique. Le PPS avouait clairement favoriser ses mandants. « Si j’ai 50 jobs ‘dans ma poche’, moi, en tant que politicien ‘lor coaltar’, que dois-je faire ? Dans mon propre intérêt, je prends les jobs et je les donne à ces personnes. C’est d’ailleurs dans mon intérêt de donner des jobs. J’ai tout le temps fait ainsi. Ce n’est pas en 2011 ki mo pou change mo l’habitude », disait, entre autres, l’élu. Le PPS va plus loin en suggérant que dans le dernier budget, le Premier ministre Navin Ramgoolam a fait de sorte que les élus puissent effectuer des recrutements dans la Fonction publique, dans chaque ministère, en courtcircuitant les prérogatives de la PSC.
Après ces propos qui ont fait mouche, Dhiraj Kamajeet avait présenté ses excuses. Dans un communiqué émis vendredi soir, il les avait qualifiés de malheureux. « J’ai dû tenir de tels propos pour calmer les agents hostiles à mon égard. Il n’a jamais été dans mes intentions de passer outre les prérogatives des institutions lors du recrutement des fonctionnaires… »
Trop tard. Les paroles du député ont suscité de vives réactions dans le monde syndical. Transparency Mauritius en a même profité pour porter plainte à la commission anticorruption, lundi. Affaire à suivre.









