Ce mercredi soir, la jeune femme ne s’est pas contentée de demeurer à la maison pour se reposer. Elle a préféré accompagner son concubin dans une maison de jeu à Rose-Hill. C’est d’ailleurs dans ce quartier que Karen dit exercer le plus vieux métier du monde. Il est 19h30 quand elle marche aux côtés de son homme, âgé de 28 ans. Soudain, le couple tombe sur un groupe de cinq individus, armes tranchantes en main. La jeune femme est contrainte au silence par un agresseur qui lui a placé un cutter sous la gorge. Karen est effrayée et tremble comme une feuille.
Elle implore ces individus de l’épargner, vu sa grossesse. Hélas, ses supplications semblent tomber dans les oreilles de sourds. « Pane gagne letemps faire narien. Mo dire zot mo enceinte de cinq mois », se désole Karen. La scène qui suivra continuera de hanter Karen pendant longtemps. L’individu qui la menaçait l’agresse sauvagement, causant une vilaine entaille au cou.
La jeune femme doit son salut à l’intervention de son concubin. Aidé par un volontaire, il conduit Karen au poste de police de Rose-Hill. La jeune femme qui commence à se vider de son sang est transportée dans un véhicule de la police à l’hôpital Victoria, à Candos.
La jeune femme ne comprend toujours pas comment elle a pu être victime de cette sauvage agression. «Je ne connais aucun de ces individus. Je me demande s’ils ne se sont pas trompés de cible. Je leur ai entendu crier après une certaine ‘ Wendy’», relate Karen.
La jeune femme avait craint un instant pour la santé de l’enfant qu’elle porte dans son ventre. Elle ne cesse de remercier le ciel après avoir appris que le bébé est hors de danger. « Ene chance mo zenfant pane gagne narien. Li bien grave ce kine arriver», soupire Karen. Elle n’arrive pas à oublier l’horrible cauchemar qu’elle a vécu : « Mes agresseurs en voulaient à ma peau. Ils ne nous ont rien volé. Ils nous ont entourés et ont placé le cutter directement sous la gorge. Avaient-ils l’intention de me tuer ? » ne cesse-t-elle de s’interroger.
Ce soir-là, insiste Karen, elle ne faisait qu’accompagner son concubin qui devait rencontrer un proche au Casino. A-t-elle été victime d’un règlement de comptes ? Karen, qui fait le trottoir depuis l’âge de 17 ans, insiste que jamais elle n’a eu de problèmes avec ses clients.
Bientôt mère d’un troisième enfant, Karen n’envisage pas pour autant d'arrêter de faire le trottoir. « Je ne sais ni lire ni écrire. Je n’ai pas été scolarisée longtemps. De nos jours, c’est très difficile de trouver un emploi lorsqu’on ne sait ni lire ni écrire. Mon compagnon ne voit pas d’un bon œil que je me prostitue, mais la réalité est que nous avons une famille à nourrir». Comment faire avec le gros ventre qu’elle présente aujourd’hui pour attirer le client ?
Entre-temps, les policiers de Rose-Hill sont en chasse pour retrouver les agresseurs de la jeune femme.




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