> Quelles seront vos priorités ?
Le NESC a été mis sur pied suite à un projet de loi de 2001. Son objectif est d’agir comme un corps indépendant qui fait des recommandations sur les politiques économiques et sociales. Il tente ainsi de trouver un consensus avec les différents partenaires économiques et sociaux. Une de mes priorités sera d’apporter un développement des capacités des acteurs sociaux.
Je souhaite améliorer la protection sociale, dans la mesure où le NESC a un rôle important à jouer pour éradiquer la pauvreté dans le pays. Nous travaillons également sur trois rapports : un sur la sécurité alimentaire, un sur la crise financière internationale et un sur la violence dans les écoles.
> Le NESC est connu pour ses nombreux rapports sur des sujets divers. Mais que fait-on après ?
Selon les dispositions de la loi régissant le NESC, nous sommes là pour formuler des opinions et nous ne sommes pas une instance de décisions. Donc, nous ne pouvons pas mettre en application ce que nous avons proposé. Mais je dois souligner qu’il y a beaucoup de nos recommandations qui sont reprises par le gouvernement.
> Vous parlez de gouvernement, mais vous êtes une émanation étatique. Pouvez-vous aller à l’encontre de l’État ou d’une de ses décisions ?
À notre niveau, nous travaillons selon les dispositions de la loi et en toute indépendance. Nous avons déjà mis le doigt sur les faiblesses de certains secteurs. Et nous n’hésiterons pas à mettre en lumière d’autres faiblesses là où il y en a. Nous ne sommes pas là pour exécuter les décisions des autorités.
> Quelle réforme au NESC pour le rendre plus efficace ?
Le conseil a un rôle très important à jouer. Je dois rappeler que nous avons été appelés, dans le passé, à donner notre avis sur des projets de loi. Il est nécessaire pour nous d’avoir suffisamment d’employés pour que nous puissions fonctionner le plus correctement possible. Juste une parenthèse pour souligner qu’en France, par exemple, le conseil économique et social est sous la responsabilité du Président de la République.
À Maurice, nous sommes sous la tutelle du ministère de l’Intégration sociale. C’est un constat. Mais malgré le fait que nous fonctionnons sous l’égide d’un ministère, le NESC n’est pas un corps paraétatique comme les autres. Et il faut que nous travaillions pour bien faire comprendre cela.
> La mission du NESC est de « favoriser le dialogue entre les partenaires sociaux ». En 10 ans, avez-vous le sentiment d’avoir réussi dans cette tâche ?
Je dois le reconnaître, peut-être bien que nous n’ayons pas eu une visibilité suffisante au niveau du public. Nous avons nos forces, mais aussi nos faiblesses. Puis, il nous faut encore du temps. Mais nous poursuivrons le dialogue social.
> Pensez-vous que les partenaires sociaux prennent en compte vos recommandations ?
Il nous faudra, après 10 ans d’existence cette année, mener une évaluation pour voir comment faire de sorte que la communication autour de ce que nous faisons passe mieux. Il nous faudra faire comprendre aux stakeholders quel est notre rôle.
> Le NESC a publié récemment un rapport sur la réforme électorale. Pensez-vous qu’il aidera à faire avancer les choses ?
Nous avons rendu public un « opinion report » sur la réforme électorale. Nous avons ainsi touché à plusieurs aspects d’une éventuelle réforme, dont le Best Loser System ou encore la représentation féminine. Mais tout cela dépend de la volonté des uns et des autres. Mais je dois souligner que le rapport, dans son état actuel, n’est pas complet.
> En tant que syndicaliste, ne pensez-vous pas que vos collègues prennent parfois des positions trop rigides qui ne favorisent pas un véritable dialogue social ?
Il y a des conditions qui doivent être réunies pour avoir un dialogue social réussi. Prenez mon élection, par exemple... Elle s’est faite à l’unanimité, bien qu’il y ait des représentants de la société civile, mais aussi du patronat. Je pense que les syndicats sont ouverts au dialogue avec comme finalité de faire avancer l’intérêt de tous et, bien sûr, des travailleurs.
> Cette nomination comme président du NESC ne freinera pas votre combat syndical ?
Ce sera en quelque sorte une extension de mon combat de syndicaliste qui dure depuis plus de 30 ans. En tant que président du NESC, je chercherai à faire avancer la société mauricienne dans son ensemble, dont bien entendu les travailleurs.
25 May 2013

Thursday, 02 August 2012 11:08
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Didier Hortense
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