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Wednesday, 29 August 2012 12:01

Gérald Lincoln : «  La crise mondiale va perdurer en 2013 » Featured

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Le Country Managing Partner d’Ernst and Young, Gérald Lincoln, livre son avis sur la situation économique locale. Il énumère les pistes que devrait emprunter le ministre des Finances lors de la présentation du Budget 2013. Il avertit également que 2013 sera une année économiquement difficile.
> Le pays devrait réaliser une croissance inférieure à 4 %, cette année-ci, est-ce une bonne performance selon vous ?
Les chiffres absolus ne veulent rien dire. Il faut se comparer aux autres pays identiques à Maurice, par exemple l’Afrique du Sud affiche un taux de croissance proche de 2 % seulement.  Nous faisons mieux. D’autres pays africains ont, eux, des taux qui tournent autour de 10 % mais qui sont dopés par les ressources naturelles : gaz, pétrole, charbon, entre autres. Nous n’avons que notre soleil et nos belles plages à exporter. Donc, 4 % ce n’est pas mauvais, mais nous devons améliorer la situation.

> Notre dépendance de la zone euro semble être la principale cause de cette léthargie économique. Pourtant, nous avons diversifié notre marché, sans pour autant combler le manque à gagner européen. Qu’est-ce qui ne marche pas ?

Un modèle économique ne se redessine pas en un clin d’œil. Nous avons une forte dépendance d’Europe pour des raisons historiques, mais nous arrivons quand même à diversifier nos marchés rapide­ment. Les derniers chiffres publiés sur le tourisme en font état. Les marchés africain et asiatique sont en plein essor.

> Le Budget approche… Quelles devraient être les priorités auxquelles le ministre des Finances devrait s’atteler ?

La création d’emplois, la compétitivité de Maurice ainsi que la continuité dans notre orientation d’ouverture sur le reste du monde seront sans doute nos priorités.

> Vous êtes de ceux qui pensent que nous devrions ajouter plus de valeur à notre secteur des services. Le fait d’en dépendre ne risque-t-il pas de porter préjudice à notre secteur manufacturier ? Devrions-nous cesser de produire pour concentrer nos efforts sur le secteur des services ?
Ce n’est pas un secteur contre un autre. Les secteurs ne sont pas mutuellement exclusifs.  Les services financiers sont à haute valeur ajoutée et représentent l’avenir du pays. Mais, il ne faut pas pour autant le faire au détriment des autres secteurs, que ce soit manufacturier ou touristique.

> L’Afrique semble être une alternative économique prometteuse, mais Maurice peine toujours à devenir ce fameux hub qui relie le reste du monde à l’Afrique. Pourquoi ?
Je ne pense pas que Maurice peine à devenir la plate-forme de référence pour les investissements en Afrique. Je vois beaucoup de projets venant à Maurice pour investir en Afrique.  Soyons optimistes.  Ce n’est que le début de ce cycle, tout reste encore à faire.  Le gros défi sera le côté « Air Hub ». Comment concurrencer Johannesburg et Nairobi?  Nous aurons un très bel aéroport mais faut-il encore que les avions viennent.

> Vous avez émis certaines réserves par rapport au projet de Blue Economy. Pourquoi ? Est-ce un projet farfelu ?

C’est vrai que j’ai émis des réserves car je n’y vois pas beaucoup de possibilités. Nous parlons de la « Land Based Oceanic Industry »  depuis des années, mais il n’y a rien de concret. L’industrie de la pêche bat de l’aile et reste marginal. Le contrôle que nous avons sur nos eaux est dérisoire. Celles-ci sont souvent pillées par des bateaux étrangers tout près de nos côtes.  Cela dit, la pêche est un secteur d’avenir et est une des ressources qui valent la peine d’être protégées. Et, promouvoir une exploitation saine  est à considérer.

> Assisterons-nous à la reprise économique ?

Maurice n’opère pas dans une bulle. Nous continuerons à souffrir de la récession mondiale.  L’important c’est de rester « ahead of the curve » et de se réinventer continuelle­ment pour limiter la casse et protéger l’emploi et le développement dans le pays. La crise mondiale va perdurer en 2013 mais l’Europe semble vouloir s’organiser pour ne pas s’effondrer.  C’est positif. Je préfère habiter et travailler à Maurice aujourd’hui plutôt qu’en France ou en Angleterre. Je reste confiant en la capacité des Mauriciens de s’adapter au changement et d’innover. Nous avons beau­coup de talents dans ce petit pays.




Last modified on Wednesday, 29 August 2012 07:42
Kervin Victor

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