20 December 2014
Petites Annonces Gratuite
FacebookTwitterGoogle PlusLinkedin
Facebook Like
Monday, 15 October 2012 10:22

Prakash Boolauck, ministère de l’Agro-industrie : « Nous ne pouvons pas atteindre l’autosuffisance »

Rate this item
(0 votes)
À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, le journaliste Jugdish Joypaul s’est intéressé à la situation dans le secteur agricole à Maurice. 
Il recevait sur le plateau de « Pour ou contre ? », Prakash Boolauck, Principal Extension Officer au ministère de l’Agro-industrie, Hemraz Rampal de la Mauritius Agricultural Cooperative Federation et Anju Gowreesunkur, nutritionniste au ministère de la Santé...

>  Quelle est l’importance de la Journée mondiale de l’alimentation ?
Prakash Boolauck : La Journée de l’alimentation avait été proposée par une délégation hongroise lors de la 20e conférence annuelle de la Food Agricultural Organisation.

Le but : sensibiliser les populations à travers le monde sur l’importance de l’alimentation et mettre l’accent sur le fait que des millions de personnes, quelque part dans le monde, souffrent de la famine et voir comment nous pouvons améliorer la production alimentaire dans le monde. À ce  jour, plus de 150 pays célèbrent la Journée mondiale de l’alimentation.

> La pomme de terre peut être consommée de plusieurs façons. Mais il semblerait qu’elle n’est pas recommandée aux diabétiques ?
Anju Gowreesunkur : La pomme de terre est un légume qui est très riche en amidon. Ce dernier est  un hydrate de carbone, d’où la raison pour laquelle, la pomme de terre est considérée comme un féculent. La pomme de terre est aussi une grande source d’énergie. 100 grammes de ce féculent ont un apport de 85 calories.

À Maurice, nous avons l’habitude de manger du pain ou du riz accompagné de pomme de terre… et sans s’en rendre compte, nous consommons un excès d’énergie. Et si cette énergie n’est pas dépensée, nous sommes sur la voie de l’obésité.  Pour répondre à votre question, les diabétiques peuvent consommer de la pomme de terre.

C’est une fausse conception que de croire que cela augmentera le taux de sucre dans le sang. La façon de cuire la pomme de terre est très importante. Si l’huile est utilisée à volonté durant la friture, c’est mauvais surtout pour les diabétiques et les personnes obèses. Il est très important de ne pas prendre deux sources d’énergie lors du même repas. C’est une mauvaise habitude que nous voulons changer chez les Mauriciens à travers des programmes éducatifs.

> Quelle est la situation au niveau du secteur agricole ?
Hemraz Rampall : Les terrains agricoles sont limités. Nous menons campagne pour que chaque pouce de terrain soit cultivé. Nous avons aussi remarqué qu’année après année, le même terrain est cultivé et perd finalement de sa fertilité. Le changement climatique  a aussi des effets négatifs sur la production agricole car, il y a de grosses pluies sur une courte période, et la sécheresse est de plus en plus prolongée.  

Ce qui nous a poussés à venir avec un programme d’irrigation dans les zones non irriguées, c'est-à-dire sur les terres agricoles qui dépendent essentiellement de la pluie pour l’irrigation.  

Malgré qu’elles soient de courte durée, les grosses pluies provoquent les crues des rivières et par extenso une érosion des terres. Mais un des plus gros problèmes auxquels fait face le secteur agricole, c’est la main-d’œuvre. Je pense qu’il sera très difficile de résoudre le problème de main-d’œuvre, pour la simple  raison que l’éducation est gratuite et obligatoire jusqu'à 16 ans. Un jeune qui réussit à ses examens du HSC va faire des études universitaires où, s’il est académiquement faible, va apprendre un métier dans un centre spécialisé.  Il peut devenir planteur, agro-processeur mais pas laboureur. 

À Maurice, la topographie de nos terres ne nous permet pas de mécaniser à 100 %. La préparation de la terre, l’épandage des pesticides, entre autres,  peuvent se faire mécaniquement. Certaines récoltes, dont  celle de la pomme de terre, peuvent aussi se faire à la machine, mais ce n’est pas le cas pour tous les légumes, par exemple les haricots dont la récolte doit se faire à la main.  Il nous faut toujours  une main-d’œuvre pour certaines récoltes.

> Que fait l’AREU pour encourager le développement agricole ?
Prakash Boolauck :   Effectivement,  Maurice  importe ses  produits alimentaires de base. Mais nous ne restons pas les bras croisés. Nous avons entrepris des recherches pour voir si nous pouvons produire certaines variétés de riz à Maurice. Déjà, une compagnie s’est lancée dans la production de cette denrée et a déjà fait sa première récolte.  C’est un fait que nous ne pouvons pas atteindre l’autosuffisance alimentaire à Maurice, vu notre superficie, mais nous  observons  une hausse dans la production locale (légumes et fruits locaux).  Elle est passée de 93 000  tonnes en 2008   à 116 000 tonnes  en 2012.

C’est vrai qu’il y a un manque de main-d’œuvre. Au niveau de l’AREU, nous avons une unité qui assure la formation  destinée aux professionnels (ceux qui sont déjà dans le domaine agricole)  pour les aider à devenir des petits entrepreneurs. Notre programme est aussi destiné aux nouveaux  qui font leur entrée dans ce domaine. Nous avons aussi lancé un cours de NTC3 pour les jeunes, avec le concours du MITD. Tous ces cours sont dispensés à notre Farmer’s Training School à  Wooton. Nous assurons aussi une formation sur une base ad hoc,  pour former les gens dans des secteurs qui souffrent d’un manque de main-d’œuvre.

> Vous avez évoqué l’importance de la pomme de terre pour un plat équilibré et un régime équilibré.  Quels sont les conseils que vous donnez au niveau de la cuisson.
Anju Gowreesunkur : Nous avons constaté que nous utilisons beaucoup d’huile dans la préparation de nos aliments. Nous avons hérité de nos habitudes culinaires de nos grands-parents, qui n’étaient pas informés sur les méfaits  de l’excès d’huile.  C’est pour cette raison que le ministère de la Santé met l’accent  sur la façon de cuire. Une des façons utilisées pour la préparation de la pomme de terre est la friture. Nous expliquons aux gens d’utiliser moins d’huile pour la friture.  Il y a plusieurs personnes qualifiées au Salon de la pomme de terre, pour  donner des recettes sur la préparation de la pomme de terre. Il y a aussi des équipements pour frire la pomme de terre sans huile…

Mario Boutia

Email This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.
Zero Tolerance

ZERO Tolérance

Les internautes qui voudraient commenter les articles qui sont publiés sur le site defimedia.info sont avisés qu'ils doivent éviter à tout prix d'utiliser des termes obscènes, racistes, communaux ou diffamatoires. La moindre utilisation d'un terme offensant entraînera le rejet automatique du commentaire soumis.

comments powered by Disqus