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Thursday, 17 January 2013 11:00

Le Chef Inspecteur Hector Tuyau : « Je suis un rebelle » Featured

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Rencontré dans sa demeure à Rose-Hill, le CI Hector Tuyau explique sa démarche de saisir de la Cour suprême, avec son collègue Bhoojawon, pour réclamer le droit aux policiers de se syndiquer. Il dit être un homme en colère et un rebelle.
> Pourquoi avoir saisi la justice pour réclamer le droit aux policiers de se syndiquer ?
Le combat de mon collègue Bhoojawon et moi repose sur ce que notre Constitution garantit à tous les citoyens de notre République : la liberté de se syndiquer. Pourquoi les policiers n’ont-ils pas les mêmes droits ? Ce droit de nous syndiquer nous permettra tous de faire nos revendications, de nous battre pour un meilleur traitement.

> Actuellement, ces droits vous sont-ils
reniés ?
Au sein de la police, à la moindre incartade, les policiers subissent des transferts et des suspensions. Nous n’avons aucun droit.

> Au départ, quand quelqu’un postule pour être policier, il devrait savoir que le droit de se syndiquer ne lui sera pas octroyé…

Quand une jeune recrue intègre la force policière, elle ne s’attarde pas sur ces choses-là. Puis, si cette personne veut embrasser cette carrière, elle va quand même se faire embaucher.

> Que pensez-vous de la défense de l’État ?
L’État se base sur l’existence de la Fédération de la police et argue que cette instance peut nous défendre. Faux. Cette fédération est gouvernée sous la section GN 110/67 et ne s’occupe que du « welfare » et de l’efficience de la police. La Fédération n’a pas le pouvoir pour se pencher sur la discipline, la promotion et les conditions de service. Un policier travaille plus de 51 heures par semaine, sans être payé pour ses heures supplémentaires. Les limiers du CCID et de l’Adsu travaillent une centaine d’heures par semaine sans être rémunérés, ni en termes financiers ni en congés. D’où notre décision de saisir la Cour pour réclamer notre droit selon notre Constitution. Un policier syndiqué sera motivé, alors qu’actuellement il est frustré.

> Quand vous dites que les policiers devraient avoir le droit de se syndiquer, est-ce à dire qu’ils pourront aussi entamer des grèves ?
Dans notre affidavit, c’est clair que nous ne revendiquons pas le droit à la grève. Nous sommes conscients que la force policière est un service essentiel.

> Est-ce une bataille personnelle ?
Mon collègue Bhoojawon et moi menons cette croisade au nom de tous nos collègues, surtout ceux qui ne sont pas des hauts gradés. Nous avons le soutien de nos camarades policiers, des syndicalistes et des travailleurs sociaux.

> Et si tout ce combat tombe à l’eau ?
J’ai confiance en notre judiciaire qui est impartial. Les ‘regulations’ de la police vont à l’encontre de la Constitution et c’est pour cela que je suis confiant.

> Peut-on dire de vous que vous êtes un rebelle dans l’âme ?

Si réclamer mes droits fait de moi un rebelle, alors, oui, je suis un rebelle.

> Ne craignez-vous pas que toute cette affaire en Cour joue contre votre carrière ?
C’est une appréhension légitime. Toutefois, je me suis jeté dans une cause juste. S’il y a persécution sur ma carrière, je me tournerai vers des instances appropriées.

> Êtes-vous un policier frustré ?

Je ne suis pas frustré, je suis en colère contre la façon dont les policiers sont traités par la hiérarchie et par certains politiciens.

> Avez-vous un message pour le Commissaire de police ?

Pas nécessairement. Le CP applique ce que les ‘Standing Orders’ lui dictent. Pour ma part, je revendique un droit fondamental pour le bien de tous les policiers.

> Pourquoi personne avant vous n’avait entrepris une telle démarche ?

Ils ont peur des représailles. Ce n’est pas mon cas. Il faut un commencement à tout.

> Comment se fait-il qu’un officier qui menait jusqu’ici des enquêtes, soit confiné à un poste de police qui n’a rien à faire avec les enquêtes ?
Cela fait 20 ans que j’ai été affecté à l’Adsu et j’ai arrêté des dizaines de trafiquants de drogue. Je me considère comme un bon limier qui a fait ses preuves avec d’autres de mes collègues. Le 26 septembre 2011, aussitôt que mon collègue et moi avons saisi la Cour pour réclamer le droit aux policiers de se syndiquer, j’ai été muté au poste de police du port. C’est un transfert punitif et un moyen de me fermer la bouche.

> Pensez-vous que, quelque part, vous gêniez ?
Peut-être que je gênais. Je sais que certains ont applaudi quand on m’a transféré de l’Adsu pour me cantonner au port. Mais, je suis un coriace.

Last modified on Thursday, 17 January 2013 09:18
Jean Claude Dedans

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