24 November 2014
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Friday, 15 February 2013 12:00

Journée mondiale de la radio – Son rôle, son importance et ses défis actuels Featured

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La Journée mondiale de la radio a été célébrée le mercredi 13 février. L’émission « Talk of the Town » lui était consacrée. Aujourd’hui, la radio est au cœur du quotidien de chacun.
Les défis qui l’attendent sont multiples et pour en discuter les invités étaient Azaghan Chenganna, chargé de cours en Communication Studies à l’Université de Maurice et Me Ashok Radhakissoon, ancien président de l’Independent Broadcasting Authority (IBA) et qui fut un des précurseurs de la radio privée.

Azaghan Chenganna : « C’est un intermédiaire important entre les institutions et le public »
> Pensez-vous que de nos jours, une radio privée est un service essentiel ?
Ce qui est important de souligner, c’est que la radio privée est partie prenante du quotidien des Mauriciens. Lors des pluies torrentielles de mercredi, la radio était présente pour les accompagner, les guider et les informer.

> Est-ce que, parfois, elle ne se substitue pas aux autorités ?
Dans le passé, seules les autorités étaient détentrices de l’information. Avec l’arrivée de la radio privée, il y a eu des changements majeurs dans la mesure où elle est devenue un médiateur. C’est un intermédiaire important entre les institutions et le public.

> La radio a-t-elle occupé un espace laissé vacant par les autorités ?

Effectivement, avec l’arrivée des radios privées, les autorités ont dû se remettre en question et mettre l’information à la disposition du public. Ce dernier est gagnant. Cela fait aussi partie de l’exercice démocratique.

> Les spécificités des radios privées mauriciennes existent-elles ailleurs ?
Le talk-show est un genre utilisé à travers le monde. L’arrivée des radios en 2002 a été comme un bol d’air frais dans la société mauricienne. Elles permettent au public de s’exprimer et de démocratiser ses paroles. Il y a eu un changement de culture. Le Mauricien a le droit à la parole et c’est tant mieux pour notre démocratie.

> Avec les nouvelles technologies, l'on peut écouter la radio avec son portable et l’auditeur prend ainsi connaissance des dernières nouvelles. Comment voyez-vous cette évolution ?
Le Mauricien est devenu curieux, il veut connaître les dernières nouvelles en ce qui concerne les breaking news. Le portable lui permet d’être un citoyen bien informé. L’évolution de cette radio facilite l’accès à l’information. Par ailleurs, le citoyen se met aussi à la place du journaliste en témoignant. La popularité des radios privées est de permettre au public de participer et la langue créole a davantage ouvert cet espace de communication.

Me Ashok Radhakissoon : « Les radios font beaucoup pour la démocratie »
> Vous avez participé à l’aventure des ondes privées et libres. Pouvez-vous nous donner les circonstances dans lesquelles cela s’est produit ?
C’est l’histoire de la libéralisation des ondes à Maurice. Elles ont été libérées sur papier par le gouvernement de 2000. Subséquemment, avec un nouveau gouvernement, l’autorité de régulation, l’Independent Broadcasting Authority (IBA), a été créée. J’ai eu le privilège d’être le premier président de cette autorité. Ma première tâche a été de donner les licences aux nouveaux opérateurs, radio ou télévision.

Le conseil d’administration d’alors est allé vers le public pour demander qui voulait faire de la radio ou de la télévision, privée ou commerciale. Nous avions plusieurs dossiers. Il y a eu des auditions publiques. Suite à quoi trois radios ont été sélectionnées pour obtenir une licence. Un porteur de dossier pour une télévision a également été retenu. Mais nous n'avons pu libéraliser la télévision, parce que notre conseil d’administration d’alors avait reçu une directive du Conseil des ministres qui stipulait de ne pas aller de l’avant.

Cela se fera plus tard. Aujourd’hui, nous réalisons que s’il y avait la télévision privée, cela aurait été une aubaine pour notre démocratie. Les radios privées ont donné un nouvel essor au traitement de l’information. Les auditeurs sont devenus des partenaires privilégiés, ce qui est très interactif. L’information est traitée différemment.

> Quel est votre regard sur l’évolution de la radio ?
Je pense qu’il voudrait mieux les appeler des radios commerciales privées et ce ne sont pas des radios libres non plus. Les trois radios commerciales privées ont pu mener leurs projets à bon port. Leurs trois premières années ont été une période d’apprentissage où il y a eu à l’époque certains dérapages dans le traitement de l’information. S’il fallait leur donner une note pour les trois premières années, je leur donnerais 7 sur 10, jusqu’à ce que chacune ait su trouver son propre ton, son audience et sa tonalité. L’essentiel est que l'information soit traitée et analysée pour donner un autre type de communication afin de satisfaire l’audience mauricienne. Je pense que les radios ont tenu la gageure et sont aujourd’hui des radios respectables et respectées. Peut-être sans le savoir, les radios font beaucoup pour la démocratie.

> Comment interprétez-vous la mise sur pied de la Media Commission ?
Une Media Commission n'est pas une mauvaise chose. Nous avons des régulateurs dans le secteur financier, des télécommunications, entre autres. L'on doit principalement se demander ce que l'on fera avec une telle commission ? Est-ce que ce sera un organe de régulation qui agira par contrainte ? Est-ce que cela réduira l’espace démocratique ?

Est-ce que cela apportera une res­triction dans l’accès à l’antenne des Mauriciens ? Il y a beaucoup d'interrogations. Si c’est une commission qui a à la tête des personnes responsables qui ont à cœur l’avenir du secteur dans son ensemble, c’est une bonne chose. Oui pour le contrôle et non pour la restriction. Nous sommes en train de parler de la Media Commis­sion en théorie, attendons de voir ce qu’elle en sera sur papier. Une commission en elle-même ne me fait pas peur pour la démocratie. Il ne faut pas oublier qu’autour de cela, il y a une Constitution qui nous donne le droit de nous exprimer.

Last modified on Friday, 15 February 2013 15:23
Annick Daniella Rivet

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