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Wednesday, 20 February 2013 12:00

Dr Harrish Bheemul : « On est loin d’être un Knowledge Hub de qualité » Featured

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Le Dr Harrish Bheemul, Directeur Général de Train to Gain Co. Ltd (t2g), jette un pavé dans la mare. Alors que le Mauritius International Knowledge Investment Forum a pris fin hier, ce nominé à plusieurs récompenses professionnelles en Angleterre comme le ‘Outstanding Contribution to Adult Education’ et le ‘Britain’s Outstanding Younger Scientists, Engineers and Technologists’, estime qu’on est loin d’être un centre de connaissance d’excellence.
> Comment s'est passée votre rencontre, la semaine dernière, avec des entrepreneurs informatiques américains qui souhaitent recruter des ingénieurs mauriciens ?
D’abord, je dois avouer que la ‘response’ a dépassé nos attentes. Nous avons dépassé notre objectif de 200 %. Le premier jour de la visite de l’équipe d’USM Business Systems était catastrophique à cause de la pluie torrentielle. Le plan a été un peu bouleversé mais l’équipe derrière l’organisation de la visite d'USM a travaillé d’arrache-pied pour la reprogrammation des événements.

Les rencontres avec le Board Of Investment (BoI), le ministre du Travail et celui des Technologies de l’Information et de la Communication, le Human Resource and Development Council, et Ceridean, entre autres, ont été très bénéfiques. 98 candidats ont été présélectionnés et ont rencontré l’équipe d’USM-t2g à l’hôtel Labourdonnais, le samedi 16 février.

Les candidats ont eu l’occasion de rencontrer le Chairman et moi-même et ont assisté aux présentations de Train to Gain Co. Ltd(t2g) et principalement de l’USM Business Systems. Les présentations ont été suivies de ‘group interviews’ où les « skills sets » des candidats ont été jaugés.

Maurice possède des ingénieurs informatiques extrêmement talentueux ainsi que des talents à venir dans ce domaine. Cette semaine, on va compiler une liste de candidats sélectionnés qui feront face à deux entretiens techniques avec des experts dans le domaine, et aussi un troisième entretien lié aux ressources humaines. Les candidats sélectionnés seront connus vers la fin de ce mois-ci. Ensuite, on entamera les procédures nécessaires pour l’obtention des visas. Les candidats sélectionnés auront un ‘training’ spécifique par l’équipe de t2g-USM.

Pour le projet d’implémenter USM Business Systems à Maurice, ça bouge vraiment vite. L’information et le mécanisme de support sont en abondance et on est en train de développer un « smart strategic plan ».

> Combien de professionnels mauriciens seront recrutés au final ?
Initialement, on voulait 150 ingénieurs, mais il semble que ce ne sera pas possible. Cela dépendra des entretiens techniques.

> À la lumière d'une nouvelle édition du Mauritius International Knowledge Investment Forum (MIKIF) tenue au début de la semaine, êtes-vous convaincu que Maurice a les moyens de devenir un centre d'étude d'excellence au niveau de la région ?
MIKIF 2013 est un peu plus grandiose que l'an dernier et c’est une véritable plate-forme pour les délégués des différents coins du globe de se rencontrer pour avoir un débat sur l’aspect pédagogique mais aussi explorer le « ‘business side' of education’ ». Néanmoins, pour l’instant, nous sommes très loin d’atteindre cet objectif. Parmi les 65+ établissements privés que nous avons ici, il n’y a que 5 que je recommanderai, soit 8 %.

Il faut continuer de bosser dur pour encourager des institutions de classe mondiale à s’implémenter à Maurice. Cela fait déjà quatre mois que la Tertiary Education Commission n’a pas de directeur-exécutif, ce qui n’est pas un signe encourageant pour un investisseur étranger, et ça fait plus de six mois que le ministère de l'Enseignement supérieur a fait un appel de candidatures. L’exécution et la prise de décision sont trop lentes. Alors qu’on aspire à devenir comme Singapour, on ne travaille pourtant pas comme eux.

MIKIF 2013 est une autre plate-forme que le Board of Investment offre au secteur de l‘enseignement tertiaire, mais malheureusement, on n’arrive pas à en profiter. Pour répondre à votre question, Maurice a le potentiel de devenir un centre d'étude d'excellence au niveau de la région, mais cela va prendre beaucoup de temps, compte tenu de la vitesse d’exécution et des ressources humaines que nous avons en ce moment.

> Nos universités ne jouissent donc pas d'une réputation extraordinaire, l'Afrique du Sud à titre d'exemple, a de meilleurs atouts, n'est-ce pas ?

La réputation est un « by-product » de la qualité. J’ai déjà visité plus de 30 institutions tertiaires à Maurice et le Charles Telfair Institute est sans doute le plus impressionnant. Quand vous avec un Charoux à la tête et un Edison dans le « senior management » du board, les choses ne peuvent que s'améliorer.

Il me semble que le projet de l’Open University va peut-être contribuer à un meilleur niveau avec le Dr Sukan à la tête. Quand j’étais à l'Isitech Business School, je n’ai jamais eu une seule visite « on the spot » de la TEC, ou de la MQA, pour vérifier la qualité du processus du recrutement ou du « teaching and learning ». Je ne blâme pas les officiers de la TEC. Loin de là, mais plutôt l’efficacité du système et son fonctionnement. On adopte un system britannique, mais l’implémentation n’a pas été faite comme il le fallait. Il y a aussi le « business aspect » qui, souvent, est au détriment de la qualité.

Il y a aussi un aspect dangereux qui menace le secteur de l’enseignement tertiaire, celui du blanchiment d'argent surtout, car il y a aussi l’aspect immobilier en jeu. On sait très bien qu’une Business School a essayé d’acheter un bâtiment à Ébène pour Rs 126 millions, alors qu’elle n’avait même pas une dixième de la valeur du bâtiment dans son compte en banque. Est-ce que la TEC a fait une enquête à ce sujet ? Non ! Un ex-employé étranger dans un autre Business School à Ébène touchait presque Rs 500 000 comme salaire de base. Est ce que c’est normal ? Est-ce qu’on doit avoir un barème salarial pour les institutions privées ? Peut-être ! Il faut être très vigilant car la réputation internationale de ce secteur est en jeu avec le MIKIF.

> Quelles sont les faiblesses de notre projet de « Knowledge Hub » ?
On est loin d’être un « Knowledge Hub » de qualité. Est-ce que l’encadrement existe pour permettre à Harvard, ou Oxford, ou la London School of Economics d’ouvrir une branche à Maurice ? Non. C’est sur ce « benchmark » qu’on doit travailler, notamment une « world class education », une « quality education ». Mais il nous manque une bonne compréhension de ce projet, un manque de ressources humaines de qualité, l'absence de leadership dans les institutions, et de vitesse d’exécution.

En somme, l’approche holistique est à revoir. Mais il ne faut pas baisser les armes. Nous devons nous unir et soutenir le ministère pour faire de ce projet un succès. Le ministère devrait également ouvrir la porte à des gens de qualité pour faire partie de ce projet. À l'heure actuelle, les attentes sont unilatérales, tout comme l’est le MIKIF.

Kervin Victor

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