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Monday, 16 January 2012 12:00

Leela Devi Dookun : « Il est important de promouvoir n’importe quelle langue » Featured

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La présidente de la Commission de l’éducation du MSM, Leela Devi Dookun, accueille favorablement l’étude de la langue créole dans le cycle primaire. «  Si l’étude d’une langue peut rassurer une personne et l’aider  dans son identité, dit-elle, c’est déjà une bonne chose ». Elle était l’invitée du Grand Journal animé par  Karishma Beeharee. 
> Comment vous portez-vous après votre accident ?
Heureusement, je me porte très bien. Je profite de l’occasion pour  remercier  tous ceux qui m’ont apporté leur soutien et sympathie  notamment à travers leurs prières.

>  La rentrée scolaire coïncide avec l’introduc­tion du créole dans le cursus scolaire. En tant que ­présidente de la Commission éducation du MSM, comment accueillez-vous cette décision ?
D’abord, j’aimerais faire ressortir que la rentrée scolaire est une étape importante dans la vie d’un enfant.  Elle vient avec son lot d’aspiration  et d’espoir pour les jeunes. Donc, il faut que cette rentrée soit faite dans les meilleures conditions  afin que les enfants se sentent bien dans leur peau dès le premier jour.  Cela dit, toutes les parties concernées - les responsables des écoles, les enseignants, les parents et le ministère de l’Education doivent travailler de concert pour faire de la rentrée scolaire une réussite.

Vous me parlez de l’introduction du créole  à l’école. Je pense qu’il est très important de promou­voir n’importe quelle langue. La promotion d’une langue est aussi l’enrichissement de la culture. Le créole sera proposé comme une langue enseignée et sujet à des examens. Je trouve que c’est une bonne initiative. J’ai noté, au fil des années, l’étude d’une langue ancestrale, par exemple l’hindi et le man­darin ne se limitent pas seulement qu’à un groupe ethni­que.  Des enfants issus de toutes les commu­nautés étudient ces langues. Je trouve que c’est bien car l’Inde et la Chine seront les puissances économi­ques de demain.

>  L’introduction du créole à l’école vise aussi les enfants qui ont des difficultés de compréhen­sion. De par votre expérience dans le domaine éducatif, pensez-vous que cela va aider les élèves concernés ?
Je pense qu’il ne faut pas faire l’amalgame entre la langue créole qui est utilisée comme un médium d’enseignement et  l’étude de cette langue.  L’utili­sation du créole comme médium d’enseigne­ment n’est pas nouveau.  Les enseignants utilisent cette langue quand leurs élèves ont des difficultés à com­prendre certains sujets.  Mais l’introduction d’une langue comme sujet d’enseignement est différente.

> L’enseignement du créole est aussi critiqué. Certains se demandent où cette étude mènera-t-elle les élèves concernés ?
Si l’étude d’une langue peut rassurer une personne et l’aider en termes de son identité, c’est déjà bien.  Qu’est-ce qui va se passer après dépendra de la stratégie et la politique du gouvernement.

>  Que pensez-vous du Summer School Programme ?
Dans le passé, les enfants, du primaire et du secondaire jouissaient vraiment de leur passage scolaire.  Mais ces derniers temps, on a l’impression  que ce n’est plus le cas. Dès leur entrée au  primaire, les enfants sont pris dans l’engrenage de la compétition. Ils n’ont qu’un but : réussir aux examens du CPE. Il y a la pression  des leçons particulières et les enfants n’ont pas le temps d’apprécier leurs passages à l’école.  Maintenant, on leur demande de venir suivre des classes de rattrapage durant les vacances de décembre.  Est-ce qu’on n’impose pas une pression additionnelle sur ces enfants durant la période de fin d’année ?  Je pense qu’après une année d’école, les vacances de décembre sont bien méritées.  J’aimerais également dire que le rattrapage est important mais il doit se faire au cours de l’année scolaire et de façon continue.

> En fin d’année, il a été question de la réforme du CPE, il y a eu un forum regroupant le ministre de l’Education et des acteurs du monde éducatif. Le ministre Vasant Bunwaree  pense qu’une solution pourrait être trouvée d’ici 2014. Est-ce que la Commission d’éducation du MSM s’est penchée sur la question du CPE ?
Quand on parle de cycle primaire, on pense au développement intégral de l’enfant. Il ne doit pas se limiter qu’à l’obtention d’un certificat  pour trouver une place dans un collège.  La Commission d’éducation du MSM qui a penché sur la question, pense que le curriculum du primaire doit être revu pour permettre l’épanouissement total de l’enfant. C'est-à-dire que le cursus même doit être revu.  En 2000, nous avons enclenché une réforme de l’Education. Nous avons commencé avec des facilités d’infrastruc­tures… Mais il y avait une deuxième phase qui comprenait tous les aspects pédagogiques. Là quand on parle de réforme du cycle primaire, réforme du CPE, on ne doit pas penser qu’aux examens. Il faut  revoir le programme scolaire.  Le ministre Vasant Bunwaree a  parlé d’une solution d’ici 2014, mais force est de constater que jusqu’ici nous n’avons pas vu son programme ou son plan qui va nous mener vers cette solution.  

> Les amendements apportés à l’Education Act pour abolir les leçons particulières en Standard III vont-ils dans  la même direction de ce que vous visez ? C'est-à-dire diminuer la pression sur les enfants ?
Quand vous dites que cela va diminuer la pression sur les élèves, allons dire que oui, mais aussi longtemps que  ces examens com­pé­titifs-là, nous serons dans la même situation.  Le ministre de l’Education a certes dit que le gou­vernement va régulariser les leçons particulières, mais jusqu’ici on ne sait pas comment cela va se faire.  Les enseignants qui donnent des leçons particulières dans les écoles doivent se faire enregistrer, fair enough, mais il y a aussi des  personnes qui ne se trouvent pas dans le système éducatif mais  qui donnent des leçons particulières. Est-ce que ces personnes doivent aussi se faire enregistrer ?  C’est un sujet qui suscite beaucoup d’interrogations.

> Quand on parle d’éducation, on ne peut occulter le fait que la violence et l’indiscipline sont en hausse dans le milieu scolaire. Comment gérer cette situation ?
Premièrement, je dirais que si nous avons un système qui privilégie la compétition et qui exerce une pression intense, forcément les enfants vont réagir d’une façon plus agressive.  Mais on ne peut pas permettre de telles choses. Il faut aller à la source pour régler ce problème.  C’est sûr que s’il y a l’indiscipline dans le milieu scolaire, c’est que quelqu’un n’assume pas pleinement ses respon­sabilités. La solution se trouve au sein de l’école.

Mario Boutia

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