> Comment jugez-vous les discours du Premier ministre ? Sont-ils trop politisés ?
Raj Meetarbhan : J’ai l’impression que nous avons eu comme un dévoilement des institutions où nous ne réagissons pas et acceptons beaucoup de choses qui ne sont pas du tout normal. Est-ce que c’est normal qu’un Premier ministre se rend à Curepipe, lors de l’inauguration d’un gymnase où vous vous attendez qu’il parle sur la politique sportive dans les villes, mais qu’il parle en tant qu’un leader de parti et répond à son adversaire politique ?
Lors de la commémoration de l’Abolition de l’Esclavage, également, vous vous attendiez à un message du chef du gouvernement en cette occasion, mais encore une fois, c’est le discours d’un politicien. Il y a un problème lorsqu’il porte la casquette du Premier ministre, lorsqu’il porte celle du leader de parti. Si vous regardez la MBC, vous réaliserez que cela existe tous les jours. Vous ne savez plus quand est-ce que Navin Ramgoolam s’adresse au pays en tant que Premier ministre, ou quand il s’adresse à ses partisans, ou encore lorsqu’il fait de la politique…
> Quelle est la démarcation entre les deux ?
Raj Meetarbhan : La démarcation est très claire. Lorsque vous vous trouvez dans une fonction officielle et que vous parlez de l’intérêt du peuple, vous agissez comme un chef du gouvernement. Lorsque vous tenez un discours partisan et que vous faites de la politique politicienne, vous agissez là comme un leader de parti… Prenons le cas actuel, sur les discussions autour de Best Loser… Navin Ramgoolam profite de toutes les occasions pour nous donner son point de vue sur le sujet. Nous aurions dû avoir un débat à la télévision, retenant les différentes opinions. Un débat qui vient faire la pédagogie de tout le monde. Je crois que les idées de Navin Ramgoolam auraient pu avancer de cette façon. Croyez-vous qu’avec la MBC médiocre, que nous avons, pensez-vous qu’un débat contradictoire, qu’un débat qui ferait la pédagogie des gens… Croyez-vous que cela est possible aujourd’hui ?
> En tant qu’observateur, comme jugez-vous la situation ?
Dev Virahsawmy : Il existe certains politiciens dépassés qui se comportent comme des prostitués qui prétendent être toujours vierges. Nous devons nous poser premièrement la question : c’est quoi la politique ? C’est un art, une science qui nous permet d’organiser et de développer la société. Tous les grands événements ont une dimension politique. Il est donc tout à fait normal qu’un dirigeant politique soit obligé de faire un commentaire politique lorsqu’il y a de grands événements comme l’Abolition de l’Esclavage qui est fondamentalement politique. Il ne faut pas nier qu’à l’île Maurice aujourd’hui, l’item qui est sur l’agenda de la politique est celui du Best Loser… Est-ce qu’il faut le garder ou non ? Il y a donc tout un débat autour du sujet. Tout le monde intervient, tout le monde est intéressé avec le sujet. Surtout qu’il est lié aux sensibilités culturelles, religieuses et ethniques.
> Est-ce que l’attitude de Paul Bérenger n’est pas compréhensible, en considérant que Navin Ramgoolam n’a pas un CV tout à fait vierge? Dans le passé, il a dévoilé la politique énergétique du pays à la communauté tamoule en pleine fonction, parce que le promoteur était de cette communauté ?
Dev Virahsawmy : Je ne suis pas là pour défendre Navin Ramgoolam. Il est assez grand pour le faire. Je demande si c’est normal qu’un dirigeant politique, lors de la célébration de l’Abolition de l’Esclavage, tienne un discours politique pour parler de la lutte pour la liberté, le développement de différentes ethnies et surtout la place des afros créoles à l’île Maurice. Que Navin Ramgoolam ait parlé de l’énergie en présence d’un tamoul ou qu’il ait parlé d’un autre problème en présence d’un musulman… C’est autre chose…




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