02 September 2014
Petites Annonces Gratuite
FacebookTwitterGoogle PlusLinkedin
Facebook Like
Tuesday, 06 March 2012 12:00

Privatisation : une nécessité ? Featured

Rate this item
(0 votes)
Un sujet qui fait actuellement débat au niveau de la Cargo Handling Corporation et à la Central Water Authority (CWA). Le journaliste Nadarajen Pillay en a fait son thème dans l’émission « Pour ou Contre ». Il a accueilli sur son plateau, l’économiste Pierre Dinan, le consultant en gestion, Palmesh Palanee et le syndicaliste, Deepak Benydin. Extraits.
>  C’est quoi la privatisation ?
Pierre Dinan : La privatisation, c’est lorsque le gouvernement vend plus de 50 % des actifs qu’il possède au sein d’une compagnie de l’État au secteur privé. De ce fait, ce dernier en prend le contrôle.

> On parle beaucoup de partenaire stratégique.  Quels sont les différents types de partenaires stratégiques ?

Palmesh Palanee : Différents types de partenariats stratégiques peuvent être développés, par exemple, un partenaire stratégique qui devient un investisseur majoritaire prend le contrôle de la compagnie ou de la corporation. On peut également développer un
parte­nariat où le partenaire stratégique apporte son savoir- faire, sans pour autant devenir un investisseur.  Toutefois, il peut aider la compagnie à pénétrer de nouveaux marchés. Il apporte surtout l’innovation et la compétence à la compagnie.

> Pourquoi faut-il privatiser ou avoir recours à un partenaire stratégique ? Est-ce que c’est dans l’intérêt national  ou se laisse-t-on dicter par le Fonds monétaire international ?
Deepak Benydin : J’ai toujours dit que la politique de privatisation est un ‘diktat’ du Front monétaire international et de la Banque mondiale.  Je ne dis pas que le gouvernement doit tout contrôler mais de nombreux services essentiels, comme la Santé, l’Éducation, la distribution de l’eau, entre autres, restent sous le contrôle de l’État. C’est dans l’intérêt des plus démunis de la société.

Pierre Dinan :
Je ne comprends pas comment soudainement on a inclus le FMI et la Banque mondiale dans ce débat.  On parle d’un problème bien mauricien face auquel des entreprises publiques auront de grosses difficultés. Comme l’a dit M. Palanee, parfois on a besoin de la compétence étrangère  pour nous aider dans le domaine du marketing, et des finances, entre autres. Un exemple type est Air Mauritius. C’est une petite compagnie, dans un petit pays,  qui éprouve de grosses difficultés face à la crise actuelle.  Le Kenya, un pays plus grand que le nôtre, a trouvé un partenaire stratégique pour Kenya Airways. Ce qui a l’air de marcher. Cela dit, une compagnie peut se retrouver dans une situation où elle a besoin de personnes compétentes. Je ne dis pas que les Mauriciens ne sont pas compétents, mais avec le support d’une plus grande compagnie, on pourrait avoir une plus grande ouverture sur le monde et pour le renouvellement de notre flotte aérienne. C’est l’idée du partenariat stratégique.

> Êtes-vous d’accord pour la privatisation de la CWA.
Palmesh  Palanee :
Les problèmes de la CWA ne datent pas d’aujourd’hui.  Ce n’est pas maintenant qu’on va  dire qu’il faut trouver des «  quick fix solutions »  et un partenaire stratégique.  C’est une solution trop facile.  À la base même, il y a un dysfonctionnement de cette corporation.

> Prenons, par exemple, Air Mauritius, c’est une compagnie qui était gérée par les Mauriciens et qui jouissait d’une très bonne santé économique avant de faire face à des difficultés. Cela dit, est-ce qu’on a besoin d’un partenaire stratégique ?
Palmesh  Palanee :
Air Mauritius a une fonction fondamentale pour le pays, notamment dans le domaine touristique, le service cargo… Avec la globalisation, nous ne pouvons plus nous considérer comme une  économie insulaire. Nous faisons  partie intégrante de l’économie mondiale. D’où la raison pour laquelle Air Mauritius accentue ses efforts  pour aider davantage dans cette économie mondiale.

> Ne croyez-vous pas dans la compétence des Mauriciens ?
Palmesh Palanee :
Le pays compte beaucoup de personnes compétentes,  mais il faut aussi  qu’on ait «  the right person in the right place » et les compétences voulues.

Deepak Benydin :
Les Mauriciens ont fait leurs preuves tant sur le plan local qu’interna­tional. Prenons le cas de Mauritius Telecom. Sincèrement, je ne pense pas que le partenaire stratégique y ait un apport positif. Tous les profits réalisés par cette compagnie sont les fruits des efforts et des sacrifices des fils du sol. Il faut bien analyser les contextes et ne pas pratiquer aveuglément la politique de privatisation.

>Vous dites que France Telecom n’a aucune contribution au sein de Mauritius Telecom.
Deepak Benydin :
Bien sûr.

>  Qu’en pensez-vous, Pierre Dinan.

Je ne suis pas d’accord. Autant que je m’en souvienne, France Telecom  possède 40 % des actifs de Mauritius Telecom.  Donc, 40 % de profits vont à France Telecom et 60 % à Mauritius Telecom donc, pour les Mauriciens car le gouvernement est partenaire majoritaire au sein de la compagnie. Cela dit, je ne comprends pas très bien cette accusation. Je ne suis pas ici pour défendre France Telecom, mais je constate que nous sommes satisfaits du service téléphonique. Concernant le point soulevé par Palmesh Palanee sur la CWA, je dirais que ce n’est pas une question de privatisation.

Privatiser, c’est quand on donne tout à un étranger, y compris des tuyaux percés. Nous n’en sommes pas là. Tout va rester pour le pays,  mais il faut assurer sa gestion et tout le monde sait très bien que le remplacement de ces tuyaux percés  coûtera très cher.  Il nous faut aussi un apport en capital.  Il faut se rappeler que sous le premier gouvernement Ramgoolam en 1995-2000, une grosse compagnie française avait été invitée pour assurer la gestion de la CWA.  

> Cela n’a pas marché...
Pierre Dinan :
Comment cela n’a pas marché ? Après le changement de gouvernement, il y a eu la politique de « lève paké allé. » Peut-être qu’aujourd’hui, nous serions déjà loin. Ce que je veux dire, c’est quand on parle de partenaire stratégique, ce n’est pas nouveau.

> Deepak Benydin : J
’aimerais attirer l’attention sur le fait que dans des grands pays comme la France, par exemple, à la municipalité de Grenoble et même à La Réunion, là où on a privatisé le service de distribution d’eau, les grandes organisations comme la Lyonnaise des eaux, Vivendi,  ont été impliquées dans des affaires de corruption.  Il ne faut pas aussi oublier que la privatisation est souvent accompagnée d’augmentations de prix. L’eau est un droit humain, elle est accessible au grand public à un prix abordable. Si par malheur, ce service tombe entre les mains du secteur privé, je crains fort que des personnes se trouvant au plus bas de l’échelle ne meurent faute d’eau.




Last modified on Tuesday, 06 March 2012 12:26
Annick Daniella Rivet

Email This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.
Zero Tolerance

ZERO Tolérance

Les internautes qui voudraient commenter les articles qui sont publiés sur le site defimedia.info sont avisés qu'ils doivent éviter à tout prix d'utiliser des termes obscènes, racistes, communaux ou diffamatoires. La moindre utilisation d'un terme offensant entraînera le rejet automatique du commentaire soumis.

comments powered by Disqus

Interview Popular Articles

Google+