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Wednesday, 23 January 2013 12:00

Cinéma – Dans les coulisses de la salle de projection Featured

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Pour beaucoup d’entre nous, une salle de cinéma n’est qu'un grand écran sur lequel passent des films. C’est cependant une manière très simpliste de la considérer quand on connaît toute la logistique avant que le rideau ne se lève. Lumière sur le métier d’opérateur projectionniste…
13h15.La rue La Poudrière grouille de monde comme à son habitude. Placardé d’affiches, le cinéma City Cine ne bouge pas ! Toutes portes ouvertes, il accueille déjà les premiers cinéphiles venus voir le film « Matru Ki Bijlee Ka Mandola ». Un paquet de pop-corn dans la main, leur ticket dans l’autre, ils s’en vont prendre place sur les sièges veloutés de la salle. Les plus impatients lancent en messe basse « Ayo ! Ki ler film là pou commencé ? »

Perché dans sa cabine, Raj Lall, le projectionniste n’a plus une minute à perdre. En deux temps trois mouvements, il sort les pellicules de 35 mm de leurs boîtes en métal avant de les monter. « Les pellicules d’un film nous parviennent dans différentes boîtes en métal. Avant la diffusion, je dois les coller les unes aux autres avant de les monter manuellement sur une bobine qui peut contenir jusqu’à cinq boîtes de pellicules. Quand on fait ce métier depuis six ans, c’est un jeu d’enfant », déclare cet habitant de Pointe-aux-Sables.

En le regardant, on voit bien qu’il s’amuse comme le ferait justement un enfant dans sa cabane. Seul maître à bord, il valse entre sa Victoria 8, presse des boutons illuminés, tout en jetant un coup d’œil dans sa lucarne. S’accordant une pause juste pour essuyer du revers de la main de la sueur sur son front, voilà qu’il repart de plus belle. « Il faut maintenant que j’allume cette lampe de 4000 w. Je l’allume cinq minutes avant la diffusion. Je la laisse chauffer un peu. C’est une des pièces maîtresses de ce diffuseur de la marque Victoria 8. L’autre élément important de cette cabine c’est ce climatiseur. Sans lui, il ferait ici une telle chaleur qu’il m’aurait été impossible de travailler dans cette pièce », nous dit-il.

Il sort son portable et nous le montre : « Il est 13 h 30. Tout est fin prêt. L’heure est venue de lancer le film », nous dit Raj tout sourire et les yeux gorgés d’enthousiasme.  Ça y est, la projection commence ! La petite lumière qui surplombe les pellicules attire soudainement notre attention. « Raj, mais ce n’est qu’une succession de photos ! » « En effet, la machine diffuse 24 images par seconde. C’est fait si rapidement, que cette succession d’images donne à la pellicule la fluidité qui fait que ça devient un film. »

Mais il y a aussi le son qui accompagne l’image. Et là, tout réside dans l’art de savoir doser les décibels : « Un bon opérateur ne va pas diffuser une comédie et un film d’action avec le même niveau de décibels. Le niveau pour une comédie va être moins important que pour un film d’action. Pour ce type de film, je vais augmenter le son pour que les téléspectateurs soient au cœur même de l’action », nous explique cet ancien maraîcher.

Son travail, il l’aime tellement qu’il le respecte. « Les mauvaises langues disent que ce sont les projectionnistes qui sont à l’origine des films pirates. C’est faux! D’une part, parce que nous sommes trop loin de l’écran. D'autre part, le diffuseur fait un tel boucan qu’on ne comprendrait rien aux dialogues du film. C’est un cinéphile lui-même qui filme le film. Personnellement, j’aime trop mon métier pour le traîner dans la boue de la sorte. »

À l’heure du numérique, Raj n’a aucune appréhension au sujet de sa carrière. C’est la magie de tout faire à la main qui lui manquera le plus : « Rembobiner, monter un film, tout surveiller, ce sont autant d’automatismes qui vont me manquer. »
Soudain, Raj interrompt la conversation : «  Vous entendez ce bruit ? C’est le bruit qui annonce que l’entracte est proche." Dans pas longtemps, il va donc changer de bobine pour diffuser la deuxième partie du film. "Excusez-moi. Je reviens dans deux minutes. »

Et voilà que Raj reprend sa valse. Hop ! Il change la première bobine et cale la pellicule. « Comme il y a beaucoup de monde, l’entracte sera d’une durée de 5 minutes. Ce qui lui laisse amplement le temps de nettoyer le ‘gate’. Le ‘gate’, c’est par où le film passe. Lors de son passage, il se peut que de la poussière s’y incruste. Ce qui rendra le film flou. »

Le film défile à nouveau. Debout et jetant de temps à autre un coup d’œil dans sa lucarne, il revient vers nous. « Tout se passe pour le mieux. C’est un soulage­ment. La diffusion d’un film est toujours un stress. Ma plus grosse crainte, c’est qu’il y ait une panne d’électricité. Ça s’est déjà produit. Et on a dû inviter les gens à revenir voir le film ultérieurement. »

16 h 00. Le diffuseur vient d’engloutir la deuxième bobine. Les cinéphiles quittent la salle. En bon professionnel, Raj range ses équipements. C’était sa dernière séance. C’est un autre projectionniste qui prendra la relève pour la séance de 20 h 30. Après avoir grillé une cigarette, il enfourche sa bicyclette pour rentrer chez lui. Le lendemain, il sera là à 9 h3 0 pour s’assurer que la séance de 10 h 30 se passe pour le mieux…




Last modified on Tuesday, 22 January 2013 20:29
Thierry Léon

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