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Monday, 28 January 2013 12:00

Vona Corona – Une histoire familiale devenue nationale Featured

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Il est le dernier d’une fratrie de cinq frères à perpétuer la tradition, mais l’âge et la fatigue ont fini par le convaincre de passer le relais à son fils Nawaz.
À Rose-Hill, et bien au-delà, Vona Corona est devenue un nom commun, grâce au travail assidu des frères Jeewon. Mastan, le dernier des frères, remonte le passé pour décrire les premiers jours où il fallait s’échiner pour grappiller quelques roupies.

À côté du Plaza, au rez-de-chaussée des Arcades Ritoo, son fils Nawaz a ouvert un salon de sorbets, avec une cafétéria où l’on peut déguster, sans se presser, une bonne glace ou un café. L’endroit est calme et familial. À l’image de Mastan, aujourd’hui âgé de 67 ans et qui a toujours eu le sens familial. Les dimanches, devant le Plaza, c’est son gendre qui tient le magasin pour le plus grand bonheur des petits et grands. À quelques minutes de là, un cousin en fait de même à l’ombre des arcades Sunassee.

Mastan a 15 ans lorsqu’il se lance dans la fabrication des glaces. Il n’est pas seul. Ses quatre frères, Adam, Haroon, Soleiman et Acoop, ont eux aussi appris, auprès de leur père, les secrets de ce sorbet dont ils sont les seuls à savoir le concocter à Trèfles. À l’époque, les rues de Rose-Hill sont peu éclairées et à Tréfles, elles sont presque toutes poussiéreuses, mais il suffit de peu pour égayer les habitants. C’est à cette tâche que se dévouent les frères Jeewon.

Chaque frère son territoire
« Les temps étaient vraiment durs. Le lait, le glaçon, le sucre et la vanille étaient chers, mais on était en famille et on ne sentait pas trop le poids des dépenses. Et puis, c’était un autre temps, les gens n’avaient pas les moyens de dépenser à gauche et à droite », raconte Mastan.

La confection des glaces commençait vers sept heures. On déversait cinq litres de lait qu’on avait fait bouillir dans une sorbetière, puis on y ajoutait du sucre et de la vanille. Le plus dur était de tout battre sans s’arrêter, durant presque deux heures afin d’obtenir une pâte fine, et homogène.

« Il fallait à chaque fois remettre dans la sorbetière la couche de crème de lait », poursuit Mastan. Vers 10 heures, la glace était prête et il ne restait plus aux frères Jeewon d’enfour­cher leurs tricycles, spécialement aménagés pour conserver la fraîcheur de la glace qui était vendue dans des cornets de papier. « Chaque frère avait une sorte de territoire. Certains descendaient jusqu'à Port-Louis, en passant par Beau-Bassin. Moi, j’allais jusqu'à Gymkhana. 

On se répartissait les collèges et les cinémas des Plaines-Wilhems.» La clientèle était loin d’être gagnée, même pour une glace qui s’échangeait à cinq sous. « Cinq sous, c’était dur à dépenser pour des familles pauvres, c’était un peu du luxe de les dépenser en sorbet. » Le succès des ventes dépendait des saisons : « En été, on restait sur les routes jusqu'à 9 h du soir ; en hiver, on rentrait vers 5h. Il fallait se débrouiller pour tout vendre. » Vers les années 60 sont apparues les fameuses cups de Lyons Maid, vendues plus chères mais, à aucun moment, elles n’ont menacé le business des frères Jeewon. "Notre produit était fait à la main et était toujours à la portée des petites bourses », fait valoir Mastan.

Plus tard, le papier cédera la place aux cornets en farine, que les Jeewon fabriqueront eux-mêmes après avoir consulté les catalogues. Et bientôt, soucieux d’améliorer la présentation de leurs glaces, la famille investira dans les ‘cups’, en provenance d'Afrique du Sud et revendus à Maurice par un commerçant portlouisien. "On ne pouvait pas en acheter beaucoup car c’était assez cher et fragile. »

« Aucun excès n’est permis »
Jusqu’au début des années 2000, les frères Jeewon tiendront leur commerce contre vents et marées, face à la concurrence des supermarchés et leur force de persuasion publicitaire. « Notre seul atout demeure nos prix qui nous assurent des recettes stables et une faible marge de profits », fait ressortir Nawaz, qui a choisi de quitter une longue carrière dans l’hôtellerie pour maintenir la pérennité de l’entreprise familiale. Depuis qu’il a fait enregistrer le nom Vona Corona, il est conscient de la nécessité de contenir les dépenses. « Il y a des frais fixes dont il faut s’acquitter. Aujourd’hui, il est impératif de maintenir la boîte, car elle nous fait toujours vivre », fait observer Nawaz.

En 2000, son père s’est vu offrir la citoyenneté d’honneur de la ville de Beau-Bassin/Rose-Hill par le maire de l’époque Deven Nagalingum. Une reconnaissance qui fait chaud au cœur, car Mastan incarne le Rosehillien typique, humble, bosseur et tolérant. Le dur labeur n’a pas fait de lui un homme riche, mais juste un individu qui a su élever dignement ses trois enfants. L’année dernière, au mois de décem­bre, l’entreprise a eu quelques commandes, auxquelles s’ajoutent les recettes conjoncturelles de la cafétéria.

Mais celles-ci ont été réinjectées dans les frais d’opération afin de maintenir les finances saines. « Aucun excès n’est permis, renchérit Nawaz. Les prix des denrées sont en hausse constante, et il y a la concurrence. Notre souci est de maintenir les prix de nos produits tout en offrant la qualité, c’est cet équilibre qui importe le plus. »

Vona Corona s’affiche sur le billboards
Vona Corona était connue des seuls habitants des Plaines-Wilhems. Plus maintenant,depuis que l’afficheur Trait d’Union a placardé des dizaines d’affiches sortant de leur milieu géographique et de leur commerce certaines figures locales, à l’occasion de son 15e anniversaire. « Cela nous a fait un bien immense car nous sommes aujourd’hui connus de toute l’île Maurice et surtout, nous n’aurions jamais eu les moyens de nous offrir une telle pub », concède Nawaz.



Last modified on Monday, 28 January 2013 13:52
Pradeep Kumar Daby

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