29 July 2014
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Monday, 27 August 2012 12:17

Pouvoir d’achat – La corbeille ménagère plus chère et plus légère Featured

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Il y a une semaine, l’huile comestible a subi une hausse de 3.5 %. Il y a une semaine, l’huile comestible a subi une hausse de 3.5 %.
La corbeille ménagère coûte de plus en plus cher, bien qu’elle soit plus légère. Les denrées alimentaires sont disponibles à des prix exorbitants et les consommateurs tournent en rond avant de s’en approvisionner.
Avec la flambée des prix, la tendance est d’acheter ce qui est strictement indispensable, tout en ayant pris au préalable connaissance des brochures disponibles. Les associations de consommateurs affirment que le Mauricien achète ce qui est essentiel et en quantité réduite.

Avant de se rendre à la boutique du coin ou dans une grande surface, les ménagères réfléchissent à deux fois à ce dont elles auront besoin. Le plus pratique : tout écrire sur un morceau de papier. C’est un moyen de faire des économies, assurent certaines femmes.

Hausse de l’huile comestible de 3,5 %
L’huile comestible a subi une hausse de 3,5 %. Depuis le lundi 20 août, le sachet d’huile d’un litre qui se vendait à Rs 52,80 est passé à Rs 54,65 et en bouteille elle coûte Rs 59,20 contre Rs 57,20. Dans les milieux concernés, c’est principalement la hausse du dollar qui est pointé du doigt. Le riz, les grains secs et le lait en poudre qui sont des denrées de base coûtent dorénavant entre 5 % à 25 % plus cher, fait ressortir Suttyhudeo Tengur, président de l’Association for the Protection of the Environment and Consumers (APEC).

Cependant, il se veut rassurant. Il existe, selon notre interlocuteur, une variété de commodités disponible à Maurice qui permet à tout le monde de manger à sa faim. « Que vous soyez riche ou pauvre, vous pouvez acheter de quoi vous nourrir. Pour cela, il faut acheter intelligemment. Certains préfèrent manger de la nourriture de marque, mais il faut savoir qu’il existe aussi les mêmes produits et ayant les mêmes valeurs nutritives dans d’autres articles qui ne sont pas reconnus mais qui sont bons. Ils viennent d’Égypte, du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Asie. Ces derniers sont aussi bons que ceux venant d’Europe », dit-il.

Le président de l’APEC admet, toutefois, que la vie est chère à Maurice. Cette situation provoque malheureusement l’endettement chez certaines personnes. « Lorsque les personnes font leurs provisions, il est un fait que les caddies ne sont plus remplis comme auparavant car elles n’achètent que le nécessaire. Cette situation permet aux consommateurs d’acheter intelligemment », poursuit Suttyhudeo Tengur. Cependant, il identifie un autre problème, mais qui, selon lui, n’est pas la priorité des autorités.

« À Maurice, il y a le problème de structure de prix. Les prix augmentent parfois de façon exagérée et personne ne veut se pencher sur la question pour apporter une solution. Certains importateurs font la pluie et le beau temps. Il y a un contrôle de prix sur les articles disponibles dans les boutiques et les grandes surfaces, mais il n’y a aucun contrôle sur les prix que pratiquent les importateurs. Les autorités devraient se pencher dessus pour résoudre le problème des prix pratiqués », avance-t-il.

Jane Ragoo : « Il nous faut retourner à la terre »
Le retour à la terre est primordial. Jane Ragoo, de la Confédération des travailleurs du secteur privé, encourage le public à planter.

Dans l’interview de Jane Ragoo au Défi Plus du 18 août dernier, elle souligne «que le salaire du Mauricien ne lui permet plus de consommer comme avant et de manger équilibré. Il n’arrive plus à consommer des produits de qualité pour s’assurer d’une bonne santé ».

Le pouvoir d’achat des Mauriciens a définitivement baissé. Tous les Mauriciens passent par des moments difficiles, souligne Jane Ragoo. « Tous sont unanimes à dire qu’ils connaissent des moments difficiles. Pour faire des provisions, il faut aller à la chasse des supermarchés en feuilletant des brochures. Nous ne pouvons plus acheter comme auparavant », dit-elle.

La porte-parole de la Confédération affirme qu’«ils sont nombreux les enfants qui restent à la maison, lorsque les parents font les provisions. C’est un moyen d’éviter d’acheter beaucoup. Car les enfants n’ont d’autre réflexe que de demander aux parents d’acheter ce qu’ils veulent. Pour ne pas leur déplaire, les parents préfèrent les laisser à la maison », affirme notre interlocutrice.

Jane Ragoo suggère à tous de retourner à la terre. « Cherchez de vieux pneus ou convertissez une partie de votre cour en potager. Vous pourrez y planter des laitues, brèdes chinoises, lalos, bringelles, des légumes fins pour votre propre consommation. Cela permet de manger bio et ce que je fais dans mon quartier à Flic-en-Flac, c’est d’échanger les légumes avec les voisins. J’ai aussi des poules qui donnent des œufs. Ce genre de consommation nous permet d’économiser. Retourner à la terre est sain et élimine le stress », ajoute-t-elle.

C’est le même constat que fait Suttyhudeo Tengur. « Le coût de la vie suit une courbe ascendante depuis le mois de janvier et a atteint une hausse de presque 20 % en moyenne. Un foyer modeste de quatre personnes doit en moyenne débourser Rs 280 de plus, par mois pour se nourrir », dit-il. Avec les augmentations de prix, la situation devient de plus en plus précaire pour les consommateurs. C’est ainsi qu’il propose aussi de se tourner vers une politique de diversification agricole avec des technologies de pointe.  

Le salaire moyen du Mauricien tournerait autour de Rs 6 000 à Rs 7 000 et cela toucherait environ
200 000 Mauriciens. Cependant, Jane Ragoo affirme que sur le terrain, il y a plusieurs femmes qui ont un salaire de moins de Rs 4 500. « La question est : comment fait-on pour vivre avec Rs 4 500 ? Je pense qu’il faut se pencher sérieusement sur le sujet et trouver des solutions adéquates », soutient-elle.

Jane Ragoo s’interroge également sur la possibilité des enfants pauvres à poursuivre des études tertiaires. « C’est un fait que si quelqu’un est embauché sous contrat, il n’a pas la possibilité de prendre un emprunt. Si son salaire est bas, il ne peut non plus aspirer à acquérir un emprunt. Donc, est-ce que l’enfant issu d’un tel milieu ne peut aspirer à étudier ? Tout cela devra être revu. »

Il y a, malheureusement, une certaine perception que les Mauriciens sont passifs et ne descendent pas dans la rue quand il y a des augmentations de prix. La syndicaliste invite ainsi les Mauriciens à sortir de chez eux. « Nous organisons une manifestation pacifique le samedi 1er septembre à Rose-Hill, afin de dénoncer les injustices que subit la population, dont la baisse de son pouvoir d’achat. Avec la nouvelle loi du travail, les patrons continuent à dominer les travailleurs.

Il n’y a qu’à voir dans une entreprise où les travailleurs voulaient se syndiquer, le patron a changé sa façon de parler et a satisfait toutes les demandes des travailleurs, en leur demandant de ne pas se syndiquer. C’est pour cela que nous demandons à tous de réfléchir et de nous rejoindre samedi prochain », avance notre interlocutrice.
Cette manifestation se fait en partenariat avec d’autres syndicats qui se sont constitués en une plate-forme. Ils débuteront leur marche devant la poste de Rose-Hill pour se diriger vers le Plaza.

L’ACIM souhaite la mise en place d’un comité de surveillance de prix
Jayen Chellum ne passe pas par quatre chemins. Le pouvoir d’achat des Mauriciens, surtout de ceux qui sont au bas de l’échelle, dégringole.

Augmentation des prix de l’eau, de boissons gazeuses, du pain et récemment de l’huile… Tout cela pèse lourd sur le budget de la ménagère. Jayen Chellum, le président de l'Association des Consommateurs de l'île Maurice (ACIM), tire à boulets rouges sur les différentes augmentations que subissent les différents produits alimentaires. « Tous ces produits qui augmentent sont liés au taux du dollar et ont un effet sur d’autres produits et d’autres services. Cela a une répercussion sur le pouvoir d’achat. L'alimentation qui forme une grande partie du budget familial », avance-t-il.

Jayen Chellum affirme également que même les bourses de ceux de la classe moyenne ont subi une érosion prononcée du pouvoir d’achat. Cela se voit, dit-il, sur le nombre de produits que ces ménages peuvent acheter. « Au final, le consommateur voit une différence dans le nombre de produits qu’il achète mensuellement ou chaque semaine. La quantité de produits achetés a diminué considérablement et cela pose un problème au niveau du social. »

Notre interlocuteur apporte certaines solutions aux problèmes. Il dira que le gouvernement se trompe en pensant qu’il n’a pas de responsabilité sur le contrôle de prix. Il estime que l’État a un devoir moral de veiller à ce qu’il n’y ait pas d’abus sur le marché par rapport aux produits essentiels. D’un point de vue général, il dira que l’Observatoire des prix n’a pas un grand effet pour encourager le consommateur à bouger d’un endroit à l’autre.

« Depuis 2008, l’ACIM a demandé au gouvernement de mettre en place un comité de surveillance pour veiller aux différents paramètres des prix. Avec la baisse de la roupie, cela a une répercussion sur les produits importés. Il nous faut donc veiller à ce qu’il n’y ait pas d’abus des compagnies importatrices sur les produits mis sur le marché », soutient Jayen Chellum.

Il estime que les consommateurs doivent faire attention avant de s’approvisionner. Faire un budget est donc recommandé. La tentation des consommateurs à s’accrocher aux jeux de hasard est grande. « Lorsque la cagnotte est élevée, le consommateur préfère y investir au lieu d’acheter ses provisions. Je pense donc que les autorités devraient aussi penser à encourager les gens à planter. Mettre à leur disposition des terrains pour la culture collective aiderait énormément les consommateurs. »

Micro-trottoir
Rikesh : « Une différence de prix chaque mois »
Cet habitant de Quatre-Bornes et père de deux enfants avoue qu’il consulte les brochures des grandes surfaces avant d’acheter ses provisions. « Chaque mois, lorsque je vais faire mes provisions, il y a une différence dans les prix. Ainsi, je cherche des brochures pour savoir quels sont les meilleurs prix et je choisis l’endroit où c’est moins cher, surtout pour les couches. »

François : « Je vis des promotions »
François, un habitant de Baie-du-Tombeau et père de deux enfants, déplore que les prix augmentent trop. «Les prix ne cessent d’augmenter. Je regarde les brochures et j’achète quand il y a des promotions. »

Prisheen : « Les prix sont abordables »
Prisheen habite Terre-Rouge et vit encore sous le toit parental. Elle estime que les prix des denrées sont plus ou moins abordables. « Les prix des denrées alimentaires sont abordables. Cependant, le salaire moyen doit augmenter pour que tout le monde puisse manger à sa faim. »

Sameerah : « Les prix sont parfois élevés »
Sameerah est une habitante de Camp-de-Masque. Elle contribue au budget familial et pense que les prix doivent baisser. « Il faut toujours bien regarder avant de faire son choix. Avant d’acheter un produit, il faut voir la qualité et attendre les promotions. »



Annick Daniella Rivet

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