01 November 2014
Petites Annonces Gratuite
FacebookTwitterGoogle PlusLinkedin
Facebook Like
Thursday, 29 November 2012 12:00

Enfants de détenus Featured

Rate this item
(0 votes)
Les enfants de détenus sont les victimes invisibles du crime. Ils n’ont commis aucun mal, et pourtant ils subissent la stigmatisation et la douleur liées à la criminalité. Lumière sur ces innocents condamnés après l'emprisonnement d'une mère ou d'un père.
Dans l’ombre d’une famille déchirée…
La prison a, certes, d’autres conséquences moins visibles, qui ne touchent pas seulement le ou la détenu(e). Des familles entières en sont affectées, au sein desquelles les enfants sont les plus vulnérables. Qu’ils soient sous la tutelle d’un proche ou confiés à d’autres « gardiens », leur sécurité et leur bien-être sont souvent menacés. Et bien qu’ils aient droit à des soins et à une protection spécifiques, on oublie trop souvent leur situation : ils sont alors négligés et susceptibles de subir de mauvais traitements.

Personne ne peut remplacer un père ou une mère. Avec un parent en détention, l’enfant se retrouve souvent seul dans son univers à lui. L’impact psychologique d’avoir un parent en prison sur l’enfant est complexe. La séparation est une bien dure épreuve pour lui. Pour le psychologue Vijay Ramanjooloo, « l’enfant d’un détenu grandit certainement avec un “handicap”. Un enfant épanoui se révèle être celui qui évolue au sein d’une famille avec le père et la mère. L’absence d’un des parents a définitivement un impact psychologique sur l’enfant. Certains parviennent tant bien que mal à maîtriser la situation, tandis que d’autres y échouent, si son encadrement n’est pas favorable. L’accompagnement de l’enfant est vital pendant cette étape de sa vie, l’entourage a un rôle clé. »

Edley Maurer, de l’ONG SAFIRE, souligne l’ampleur des conséquences d'une rupture entre l'enfant et son parent incarcéré. « Malheureusement, les enfants de détenus sont trop souvent ignorés et négligés. Ce n’est pas évident pour un enfant de vivre cette période noire de leur vie. L’enfant grandit mieux au sein de sa famille et ceux qui n’ont pas cette chance se perdent souvent dans leur parcours de vie. Beaucoup de ces enfants vivent avec un des grands-parents, et ces derniers n’arrivent pas toujours à bien les suivre quotidiennement. La stigmatisation sociale et l'isolation que subit l'enfant peuvent le conduire à la délinquance. Avec la collaboration d’autres membres de l’organisation, on a pour but de les guider vers un avenir meilleur. »

Vijay Ramanjooloo, psychologue : « Rester authentique avec son enfant »
> Quel est l’état psychologique de l’enfant durant cette phase ?
Dans la vie d’un enfant, la présence de deux parents est primordiale. Sans un des deux, l’enfant souffre d’un handicap. Il n’arrive pas à accepter que son père ou sa mère ne soit plus sous le toit familial. C’est un moment très difficile pour lui de gérer ce changement drastique. À chaque instant de sa vie quotidienne, il vit ce manque. À un âge où il est toujours dépendant de ses parents, l’enfant ressentira ce vide. A chaque fois qu’un proche mentionnera le nom de son père ou de sa mère, il revit ce calvaire. Pour lui, c’est une réalité trop dure à accepter. L’enfant peut même avoir d’autres complica­tions si la situation n’est pas traitée convenablement.

> Comment lui éviter des dommages psychologiques en lui révélant la vérité ?
Beaucoup de gens n’ont pas le courage d’avouer à l’enfant qu’un de ses parents est en prison; or, cela pourrait entraîner plus de complications. Il est important de lui dire la vérité, car celle-ci, un jour ou l’autre, triomphera. L’enfant sait lorsqu’on lui ment, et cela le déstabilise davantage. Il perd confiance et souffre encore plus.

L’approche est importante dans ce cas, par exemple, la vérité doit être dévoilée avec un certain tact, dépendant de son âge et de la gravité de l’acte du parent emprisonné. Premièrement, il faut expliquer à l’enfant le concept d’être puni après avoir commis un délit. Un citoyen est sanctionné par la justice quand il enfreint des lois. C’est en même temps une méthode constructive pour guider l’enfant vers un avenir meilleur, et un moyen moins pénible de lui faire comprendre la société. Chaque individu doit être responsable de ses actes : si l’enfant réussit à saisir et accepter cela, il peut mieux se situer.

> Le contact permanent entre l’enfant et le parent en détention est-il recommandé ?
Le contact entre eux est essentiel pour assurer leur bien-être psychologique. Quel que soit l’endroit où les parents sont détenus, leurs enfants doivent pouvoir leur rendre régulière­ment visite. Il ne faut surtout pas oublier que, au début, l’enfant aura du mal à gérer tous ces changements. Ainsi, le processus doit être effectué étape par étape. Chaque enfant vit l’emprisonne­ment d’un parent et réagit différemment.

Donc chaque situation devrait être prise en considération dans toutes les interactions avec lui et toutes les décisions le concernant. L’enfant doit être bien accompagné pendant cette période, et on doit aussi lui consacrer suffisamment de temps pour qu’il puisse accepter la vérité. Chacun fait son deuil différemment et l’enfant est encore plus vulnérable. Il che­mine­ra lentement, mais sûre­ment vers l’acceptation.

Leurs rencontres renforceront les liens, malgré la distance. L’État prévoit une assistance psycho­logique à ceux qui en ont besoin. Le tuteur ou autre parent peut ainsi utiliser de ce service pour faciliter les choses.

Un enseignant du prévoc raconte : « C’est triste de voir un enfant se perdre »
Jaddoo, un enseignant du prévoc, nous fait le poignant récit qui suit : « Le père de Mevin (prénom fictif), 11 ans, a été incarcéré cette année-ci pour coups et blessures sur son épouse. Avec des parents qui se disputent toujours, l’enfant était déjà affecté psychologiquement. Mais après l’arrestation de son père, il s’est absenté plus souvent et sa perfor­mance en classe s’est détériorée. On n’était pas au courant de ce fait, jusqu'à ce qu’un collègue prenne l’initiative d’en savoir plus sur son comportement bizarre en classe.

Il ne parlait jamais et il semblait inquiet à l’approche des examens. Après les résultats, nous avons constaté que Mevin arrivait difficilement à assimiler ce qu’il apprenait en classe. Il ne disait rien pour ne pas subir les moqueries de ses camarades et se repliait sur lui-même. Mevin est un élève très obéissant, mais il n’arrive plus à suivre en classe, et c’est triste de voir un enfant avec un tel potentiel se perdre ainsi. En tant qu’enseignant, on est responsable de son comportement à l’école, mais ce qui se passe chez lui est hors de notre portée. »






Last modified on Thursday, 29 November 2012 15:19
Shalini Raggoo

Email This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.
Zero Tolerance

ZERO Tolérance

Les internautes qui voudraient commenter les articles qui sont publiés sur le site defimedia.info sont avisés qu'ils doivent éviter à tout prix d'utiliser des termes obscènes, racistes, communaux ou diffamatoires. La moindre utilisation d'un terme offensant entraînera le rejet automatique du commentaire soumis.

comments powered by Disqus

Societé Popular Articles

Google+