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Friday, 11 January 2013 12:00

Chikungunya – La vigilance est de mise Featured

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En ce début 2013, la possibilité d’une nouvelle épidémie de chikungunya est bien réelle. D’autant plus que la chaleur et l’humidité de la saison estivale sont les éléments favorables à la prolifération des moustiques. Malgré le fait qu’aucun cas n’ait été répertorié jusqu’ici, sommes-nous prêts à faire face à une résurgence de ce virus ?
Le chikungunya est une maladie causée par un virus transmis par la piqûre d’un moustique appelé ‘aedes albopictus’. Elle se transmet pendant la journée, à l’heure où les moustiques sont actifs. Ces derniers propagent la maladie d’une personne à une autre.

D’après les statistiques du ministère de la Santé, 10 072 cas de chikungunya ont été enregistrés en 2006. Cette maladie avait touché 30% de la population mauricienne. Cependant, ceux qui ne l'ont pas contracté pendant cette période sont aujourd’hui des sujets à risque car ils n’ont pas développé les anticorps contre ce virus. En cette période estivale, le risque de résurgence du chikungunya est bien réel. Les autorités sont donc sur le qui-vive afin de prévenir cette maladie infectieuse.

Lors de la relance des campagnes de prévention au début de l’année, Lormus Bundhoo, le ministre de la Santé, a invité la population à redoubler de vigilance. « L'île Maurice est toujours vulnérable face au chikungunya et à la dengue. Il peut y avoir une réapparition de ces infections, transmises par les moustiques, à tout moment. Il faut souligner que 5610 inspections ont été faites en 2011 dans des institutions de santé, dont les cliniques privées. »

Le premier cas officiel de chikungunya de cette année a été enregistré le 11 janvier. Depuis, le ministère de la Santé amplifie les campagnes afin de limiter la prolifération des moustiques. De plus, d’après le "Plan opérationnel de prévention et de lutte contre le chikungunya et la dengue dans la République de Maurice" mis en place par le ministère de la Santé en 2009, la participation communautaire et la mobilisation sociale sont des éléments clés de prévention. Ainsi, chaque citoyen a sa part de responsabilité dans la lutte contre les maladies transmises par les moustiques. Éliminer les facteurs qui favorisent la prolifération des moustiques, tels que les ordures et les pneus, figure aussi parmi les principaux objectifs.

Le contrôle des moustiques
La ‘Vector Biology and Control Division’ sous l’égide du ministère de la Santé, est engagée, dans la surveillance de la densité de la population des vecteurs du chikungunya et autres maladies. À l’annonce d’une épidémie, les officiers de cette unité surveillent de près la propagation du virus par rapport aux cas détectés dans le but de limiter leur nombre. Ils soumettent leur rapport à la ‘Communicable Diseases Control Unit’ (CDCU) qui met sur pied un programme de fumigation.


La maladie de "l’homme courbé"
Le chikungunya n’est pas une maladie nouvelle. Le virus a été isolé pour la première fois en 1952-1953 lors d'une épidémie de fièvre qui sévissait sur le plateau du Makonde, dans la province de Newala, en Tanzanie. Le mot qui la désigne est d’origine africaine et signifie en swahili "celui qui marche courbé", en raison des symptômes liés aux douleurs articulaires et musculaires. Depuis sa découverte, les attaques de virus chikungunya sont survenues occasionnellement en Afrique, en Asie du Sud et Asie du Sud-Est.

Les mesures préventives
Un moyen efficace de se tenir à l’abri du chikungunya et de la dengue est de se protéger contre les moustiques. Selon un préposé de la ‘Communicable Diseases Control Unit’ (CDCU), les moustiques ne vivent que trois à quatre semaines. Ils pondent 200 à 300 œufs pendant cette courte période. Par ailleurs, les officiers du sanitaire précisent que ces œufs ont besoin d’eau pour se développer. D’où la nécessité de ne pas laisser l'eau s'accumuler chez vous car l’eau stagnante constitue l’environnement propice pour que les vecteurs se développent. Voici les moyens de se protéger contre ces maladies :
  • Porter des vêtements longs qui couvrent les bras et les jambes.
  • Utiliser des produits antimoustiques (crème, lotion, serpentins, diffuseurs électriques).
  • Évacuer l’eau qui s’accumule sur la toiture des maisons.
  • Vérifier que les conduits d’eau et les gouttières ne soient pas obstrués.
  • Couvrir convenablement les réservoirs d’eau de façon à ce que les moustiques n’y aient pas accès.
  • Se débarrasser de tout objet qui pourrait retenir de l’eau dans l’environnement extérieur (pneus usagés, boîtes de conserve, déchets ménagers).
  • Changer l’eau des vases à fleurs au moins une fois par semaine.
  • Veiller à ce qu’il n’y ait pas de rétention d’eau dans les assiettes sous les pots des plantes.
  • Débroussailler et tailler les herbes hautes et les haies.
  • Défricher et nettoyer régulièrement les terrains inoccupés.
  • Enlever régulièrement les feuilles mortes de votre cour.
  • Ramasser les déchets dans une poubelle couverte.

Des plantes pour prévenir et soigner le chikungunya
Il existe à Maurice une variété de plantes médicinales qui font partie des recettes de grand-mère contre de nombreux maux. En ce qui concerne le chikungunya, certains herboristes ont concocté des tisanes pour prévenir et atténuer les symptômes. Selon Jay Mootoosamy, il existe dans la nature une plante médicinale pour chaque maladie. « On parle souvent de l’utilisation de la citronnelle contre le chikungunya. Il faut bien comprendre que la citronnelle est une plante qu’on utilise pour repousser les moustiques.

Elle est présente sous forme de crème, de lotion et d’encens. Par ailleurs, certaines plantes peuvent atténuer les symptômes du chikungunya tels que la fièvre et les douleurs articulaires. Par exemple, on utilise ‘le bois Fandamane (Aphloia theiformis)’ contre les inflammations et le basilic contre la fièvre et la toux. De nombreuses plantes sont aussi utilisées pour renforcer le système immunitaire permettant ainsi à l’organisme de lutter contre les attaques extérieures », nous explique l’herboriste.

Dr Janine Rivalland, médecin généraliste : « Les douleurs articulaires, symptômes probants »
> Quels sont les symptômes du chikungunya et comment les différencier de ceux de la grippe saisonnière?
Le chikungunya se manifeste souvent sous forme de fièvre, maux de tête et d'éruptions cutanées. Les douleurs articulaires ou musculaires sont les symptômes les plus probants du chikungunya et parfois ils durent pendant une longue période. Par ailleurs, la personne affectée peut avoir des nausées et une sensibilité à la lumière (photophobie). Dès les premières apparitions des symptômes, il est conseillé de consulter un médecin. Celui-ci examinera les signes cliniques et déterminera s’il s’agit du chikungunya ou d’une grippe saisonnière. Il prendra en considération la présence ou non d’une épidémie. Les risques du chikungunya augmentent considérablement en été car les moustiques prolifèrent davantage.

> Existe-t-il des formes sévères de la maladie ?
Il n’y a pas de formes sévères du chikungunya. Cependant, les personnes âgées, compte tenu de leur santé fragile, peuvent souffrir de douleurs articulaires persistantes. On a démontré que les symptômes retrouvés d'un malade à l’autre sont fonction de la différence de réponse immunitaire de celui-ci face au virus du chikungunya. Dans certains cas, l’infection peut être fatale.

> Quelle est la prise en charge du chikungunya ?
Il n’existe aucun traitement spécifique pour le chikungunya. On traite les symptômes. Par contre, vu que ce virus est transmis par les moustiques et qu’il s’agit d’une maladie contagieuse, il est primordial de prendre des précautions. L’utilisation de sprays et de crèmes antimoustiques est alors conseillée.

Témoignages
Christine, 46 ans, habitante de Centre de Flacq : « Il est difficile d'identifier les symptômes »
Il est souvent difficile d’identifier les symptômes du chikungunya. Beaucoup de personnes les confondent avec ceux de la grippe saisonnière. Il convient alors de consulter en urgence un médecin. Christine, 46 ans, nous relate qu’elle était confuse face aux symptômes qu’avait son fils. « Mon fils était le premier à être affecté par le virus du chikungunya dans la famille. En 2006, c’était la première fois que j’entendais parler de ce virus.

On ignorait tout des symptômes et du traitement de la maladie. Un jour, mon fils est rentré à la maison avec une migraine et des douleurs musculaires. Comme c’était la saison de la grippe, je croyais qu’il était tout simplement grippé. Je lui ai préparé une tisane et je lui ai donné des pilules pour atténuer sa migraine. Au bout d’une journée, les symptômes amplifiaient. Il avait de plus en plus mal. Il souffrait aussi de démangeaisons qui laissaient des plaques rouges sur sa peau. Alertée, je l’ai tout de suite emmené à l’hôpital en pensant qu’il s’agissait d’une allergie ou de la varicelle.

Après un bilan sanguin, le médecin m’a informé que mon fils avait contracté le chikungunya. Il nous a dit que cette maladie était contagieuse et que les autres membres de ma famille étaient des sujets à risque. Comme je suis de nature soucieuse, surtout en ce qui concerne ma santé, j’ai immédiatement acheté des encens parfumés à la citronnelle pour faire fuir les moustiques. Ma vie a complètement changé. Je suis constamment sur mes gardes afin de protéger ma famille », nous raconte Christine

Micro-Trottoir
Faut-il craindre une nouvelle épidémie de chikungunya?
Devi Fulena, 67 ans, habitant Castel : « Mieux vaut prévenir que guérir »
« Pour rester en bonne santé, il est primordial de prévenir. En ce qui concerne le chikungunya, il ne faut pas attendre une épidémie pour prendre des précautions. Chez moi, je protège ma famille et mon entourage en gardant ma maison et ma cour propres. »

Harish Rampeearee, 65 ans, habitant St-Paul : « Malgré les précautions, les risques sont présents »
« Avec la montée subite de la température, les risques du chikungunya sont bien présents. Les précautions ne nous immunisent pas contre une infection. Cependant, il est de la responsabilité de chacun de faire preuve de civisme. »

Kishore Nundloll, 52 ans, habitant Camp-Fouquereaux : « L’irresponsabilité des gens augmente les risques »
« À Maurice, beaucoup de personnes agissent d’une manière irresponsable. Elles jettent des ordures sur les voies publiques et cela favorise la prolifération des moustiques. À mon avis, les autorités doivent redoubler de vigilance afin de diminuer les risques. Chez moi, je m’efforce d'éliminer l’eau stagnante. »

Floryse Alexie, 52 ans, habitant Baie-du-Tombeau :« J’ai été traumatisée par le décès de mon voisin »
« Lors de la dernière épidémie de chikungunya, mon voisin avait été infecté par le virus. Il était gravement malade et il est décédé. Depuis, je suis sur le qui-vive. À chaque fois que mes enfants ont de la fièvre, je les emmène à l’hôpital. Je prends des précautions afin de protéger ma famille. Le risque d’une nouvelle épidémie est bien réel. »




Le Défi Quotidien

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