01 September 2014
Petites Annonces Gratuite
FacebookTwitterGoogle PlusLinkedin
Facebook Like
Thursday, 17 January 2013 12:00

Maisons de retraite – Vers une vieillesse « paisible » Featured

Rate this item
(2 votes)
Un foyer d’accueil représente, pour certains, un lieu calme et serein pour passer les derniers jours de leur vie, alors que pour d’autres c'est impensable de vivre loin de leur famille. Les responsables de ces foyers parviennent-ils à satisfaire leurs locataires ? 
Plus d’une soixantaine de maisons de retraite opèrent actuellement dans le pays dont 26 subventionnées par l’État. Ces maisons de retraite sont régies par deux législations, notamment « The Residential Care Homes Act 2003 » et « The Residential Care Homes Regulations Act 2005 ». La supervision et la bonne gestion des maisons de retraite tombent sous la responsabilité du Residential Care Homes Board.

Un officier du ministère de la Sécurité sociale, de la Solidarité nationale et de la Réforme des Institutions explique que les pensionnaires d’une maison de retraite ne bénéficient pas d’une pension de vieillesse. Chaque mois, après la collecte des documents par nos officiers, la somme requise est créditée directement sur le compte de la maison. « Nous veillons à ce que tous les frais médicaux soient pris en charge par le ministère. Un officier du ministère s’y rend chaque semaine pour assurer un bon entretien de la maison de retraite.  Il vérifie également que les règles soient respectées par rapport au bien-être des résidents. Par ailleurs, des actions sévères sont prises contre ceux qui transgressent  les règles», soutient notre interlocuteur.

Il souligne aussi le fait que pour certains, « une maison de retraite est un dernier recours pour les vieilles personnes. Ces maisons de retraite doivent, de ce fait, offrir des soins sécurisés, un suivi médical et un maintien de la dignité humaine. Il suffit de respecter les règles et offrir des services de qualité à ces vieilles personnes», affirme-t-il. Les résidents, avancent-ils, doivent pouvoir participer à certaines activités sociales et être autorisés à maintenir un contact avec les membres de leur famille au cours de deux heures de visite par jour. La pratique religieuse du résident doit être respectée.

Le résident doit avoir accès au téléphone qu’il utilisera en toute intimité et sa chambre doit être dotée d’une sonnerie d’alarme. Le détenteur de permis doit impérativement tenir les proches informés en cas de  problèmes. Ces problèmes comprennent, entre autres, une maladie grave, le décès d’un résident, des cas de disparition, vols, cambriolage et allégations de mauvaise conduite », conclut-il

« Sans abris à 74 ans »
Ce cas récent laisse, quand même, à réfléchir en ce qui concerne la fiabilité de ces maisons de retraite. Le directeur d’une " home " refuse de garder une vieille femme âgée de 74 ans. Cette dernière est tombée malade et a été admise à l’hôpital. Son fils, qui vit à Rodrigues, dit qu'il n'a pas été informé de cet incident. Le directeur de la maison de retraite refuse catégoriquement de reprendre la vieille dame malade comme pensionnaire. Le fils ne peut pas démissionner de son poste à Rodrigues. Il est, lui-même, souffrant et sa femme suit des traitements à l’hôpital. C’est impossible pour lui de garder sa mère. Il a fait confiance au directeur de la maison de retraite, mais ce dernier a catégoriquement renoncé à sa responsabilité.

 « Nos résidents sont logés, nourris et coiffés… »
La directrice d’une maison de retraite à l'Ouest du pays partage l'avis qu'il faut assurer  le confort et la sécurité des vieilles personnes. « Notre maison de retraite peut accommoder 52 personnes mais en ce moment nous accueillons 48. Elles sont âgées de 61 à 100 ans. Notre objectif c’est apporter la joie de vivre chez nous. Il est vrai qu’au début ils sont un peu tristes d’avoir quitté le toit familial, mais avec le temps, ils se sentent bien.

Il existe aussi une période d’essai, c’est-à-dire, l’individu peut décider de partir si le lieu ne lui plaît pas.17 personnes y ont été placées par la Sécurité sociale avec leur pension qui est d’environ  Rs 3 300. Avec la collaboration des volontaires,  nous organisons diverses activités. De ce fait, ils oublient la monotonie et se plongent dans un monde animé. Les parties de scrabble, les sorties et l’anniversaire des pensionnaires sont les moments qu’ils savourent pendant leur séjour ici. Cette ambiance de fête est aussi appréciée avec les membres de leur famille. Ce sont eux qui invitent leurs proches à la maison de retraite. Ils ont, ainsi, ce sentiment de satisfaction ce jour-là », dit-elle.

La présidente prend à cœur la santé de ses occupants. « On a recruté une infirmière à plein temps. À cet âge, ils ont souvent des complications de santé. De plus, un médecin et une infirmière de la Sécurité sociale viennent pour examiner chaque occupant. Quand nos résidents sont hospitalisés, nous lui rendons visite chaque matin pour lui donner son bain. On reçoit aussi le soutien d’un psychologue. Un officier, lui, arrive ensuite pour vérifier si les repas sont équilibrés et si nous respectons toutes les règles d’hygiène. En cas de litiges aux règles, le responsable reçoit un avertissement des autorités concernées.  Heureusement, nous n'avons jamais eu ce genre de souci. Nous avons une deuxième maison de retraite. Les personnes handicapées doivent être admises ailleurs car le traitement est différent. Le personnel est formé pour prendre soin d’eux », déclare-t-elle.

Cependant, lors de notre visite dans une autre maison de retraite dans les Plaines- Wilhems, c'est une vue opposée. Il est bien évident que l’espace n’est pas en conformité avec celui exigé selon les règlements.  Cette maison, qui devrait être un havre de paix pour les vieux, semble être autre chose. La question : En dépit des inspections, comment ces maisons de retraite peuvent-elles être dans une situation aussi déplorable ? À l’étage, nous nous sentons incommodés par  une odeur nauséabonde. Quelques  pensionnaires regardent la télévision d’un air perdu, d’autres fixent un jardin aride avec leur trait ridé. Toutefois, ils sont insensibles à tout ce qui les entoure.

Après une brève conversation avec le propriétaire, nous parviendrons à connaître  la raison pour laquelle Marcel (nom fictif) est dans cette maison depuis cinq ans. « Après tout ce que j’ai fait pour mon fils, c’est ainsi qu’il m’a récompensé. À la mort de sa mère, il n’avait que 10 ans et j’ai fait de mon mieux pour lui donner l’amour et l’attention qu’il voulait. J’ai travaillé dur pour lui donner une bonne éducation. J’ai même contracté un emprunt à la banque pour qu’il puisse faire des études supérieures à l’étranger.

Après son mariage, il a décidé qu’il n’avait plus de temps pour moi. Or, j’étais toujours en parfaite santé et je ne dérangeais personne. Quand il m’a annoncé la nouvelle, j’étais stupéfait mais je n’ai pas protesté. Je ne voulais pas qu’on me considère comme un fardeau. Le plus important, c’est avoir un toit pendant les derniers jours de ma vie », relate-t-il calmement.

Pour Leela, âgée de 70 ans, c’est l’enfer de vivre dans un tel endroit. Elle veut à tout prix rentrer chez elle. « Après mon opération, mon fils m’a laissée ici. Il m'a promis qu’il viendrait me chercher après deux jours, mais deux semaines se sont écoulées et j’attends toujours. En chemin, il m’a fait signer des documents et m’a aussi demandé l’endroit où étaient mes bijoux. Chaque minute passée ici est une torture. La nourriture est infecte et il n’y pas d’intimité car je dois partager la chambre avec huit personnes. Mon fils ne répond pas à mes appels et je suis déçue d’un tel comportement de sa part », admet-elle tristement.

La différence des prix
Les maisons de retraite sont disponibles en plusieurs forfaits. Les soins médicaux sont inclus dans tous les forfaits. Tout porte à croire que pour plus de confort, les occupants doivent débourser une forte somme d’argent :

Forfait                                                                                           Prix
Chambre exclusive avec baignoire pour les couples
Service de chambre                                                           Entre 20 000 à 30 000 mensuellement

Chambre pour deux personnes
Repas                                                                               Entre 10 000 à 15 000 mensuellement

Chambre avec plusieurs personnes                                       Entre 5000 à 10 000 mensuellement

Quelques règles fondamentales à respecter dans une maison de retraite  d’après la Residential Care Home Regulations Act 2005
  • Pour les maisons de retraite privées, il est primordial d’opérer avec un permis obtenu au préalable. Le détenteur de permis doit observer toutes les règles afin que le séjour des vieilles personnes soit irréprochable. Sans le permis, le propriétaire est passible d’une amende entre Rs 25 000 à  Rs 100 000 et d’une  peine d’emprisonnement n’excédant pas cinq ans.
  • Des normes d’hygiène strictes doivent être observées et le lieu doit être débarrassé d'insectes nuisibles. Une réserve pour conserver les produits alimentaires et un lavabo pour se laver les mains avant la préparation des repas. Des toilettes attachées à la réception pour les familles qui visitent leurs proches.
  • Certaines spécifications relatives à la chambre à coucher du résident sont exigées. Celle-ci ne doit pas être plus exiguë que 9.3 m2. S’il s’agit d’une chambre commune, elle doit contenir au maximum quatre occupants.  L’espace minimal de chaque résident doit être de 7 m2. L’espace entre deux lits ne doit pas être moins de 0.9 mètre. Chaque chambre doit être dotée d’un lavabo.
  • Les corridors doivent être plus de 1 m 60 en cas d’évacuation d’urgence.
  • Les toilettes doivent être plus de 2m2  et les salles de bains plus de 6m2  .
  • La salle à manger doit pouvoir accommoder tous les pensionnaires en même temps.
  • Smita Beeharry, psychologue : « Les idées reçues sur les maisons de retraite »
  • «Nous avons toujours tendance à penser que les personnes  dans les maisons de retraite sont tristes et délaissées. Si cette même personne vit seule, c’est beaucoup plus difficile de franchir les étapes de sa vieillesse. Or, en étant en communauté, elles sont plus épanouies.
  • Ces personnes sont du même âge et arrivent à mieux se comprendre.  Elles sont, certes, loin de leur famille mais ce vide est très vite comblé quand elles sont en compagnie d'autres pensionnaires. Il est vrai qu’ils sont nombreux à vouloir vieillir avec leur famille. Certains n’arrivent pas à accepter leur vie dans une maison de retraite et l’impact psychologique est néfaste. Or, ce n’est pas une fatalité. Si ces maisons n’existaient pas, où iraient vivre ces personnes âgées ? On ne doit pas généraliser les idées préconçues sur les maisons de retraite. Le choix doit être fait insidieusement pendant la période d’essai.  



Le Défi Quotidien

Email This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.
Zero Tolerance

ZERO Tolérance

Les internautes qui voudraient commenter les articles qui sont publiés sur le site defimedia.info sont avisés qu'ils doivent éviter à tout prix d'utiliser des termes obscènes, racistes, communaux ou diffamatoires. La moindre utilisation d'un terme offensant entraînera le rejet automatique du commentaire soumis.

comments powered by Disqus

Societé Popular Articles

Google+