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Friday, 18 January 2013 11:52

Emploi à bord des bateaux de croisière – Pas toujours la joie Featured

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Être payé pour faire le tour du monde. C’est ce qui attire en premier lieu de nombreux jeunes Mauriciens qui souhaitent travailler sur des bateaux de croisière. Hormis les privilèges qu’offrent ces navires à ses employés, la vie sur l’océan reste, néanmoins, très dure.
Chaque année, on compte un millier de Mauriciens voguant à bord des bateaux de croisière sur les océans, non pas pour y faire du tourisme, mais pour travailler. Cependant, pour eux, ce type de travail est souvent synonyme de vacances. Ce n’est qu’une fois sur place, qu’ils déchanteront rapidement. C’est en tout cas ce que nous confirme Atmaram Gopal, directeur d’Odyssey International Mauritius (OIM).

Cette compagnie assure le recrutement de jeunes Mauriciens pour le compte d’Oceana Cruise, de Regent Seven Seas, de Seaborn Cruise et de Norwegian Cruise Line. « Beaucoup de Mauriciens, avant de prendre le large, pensent qu’ils partent en vacances et oublient le fait qu’ils y vont pour travailler. Ce qui peut être problématique car, une fois sur le bateau, il se peut qu’ils trouvent la vie très dure à bord », soutient Atmaram Gopal.

Selon le directeur d’OIM, travailler sur les bateaux de croisière attire beaucoup de jeunes à Maurice. Il nous explique les critères de recrutement. « Nous recrutons des jeunes de 21 ans et plus. Si la personne est âgée de moins de 21 ans, il n’aura pas accès aux boissons alcoolisées à bord du bateau, selon les règlements américains.

La personne doit avoir au minimum une année d’expérience dans l’hôtellerie et doit impérativement être à l’aise en anglais », poursuit ce dernier.

Pour Atmaram Gopal, ce qui attire encore plus les Mauriciens, c’est le salaire qu’offrent les compagnies de croisière, mais rappelle toutefois que le travail n’est pas une mince affaire. « Le salaire est très attrayant. Un jeune peut gagner jusqu’à quatre fois de plus que ce qu’il gagne à Maurice. Il est recruté sur une base contractuelle et son contrat dure 7 ou 8 mois. Certaines compagnies de recrutement paient le billet d’avion de la personne choisie, alors que d’autres non », dit-il.

Une chance à saisir
L’International Cruise Recruitment Services Ltd (ICRS) a été fondée en 2005 par Dewanand Goboodun. Cette agence se spécialise dans le recrutement du personnel pour les bateaux de croisière. Pour Dewanand Goboodun, pouvoir travailler sur un bateau de croisière est une chance unique à saisir à tout prix. « L’expérience que nos Mauriciens acquièrent sur ces paquebots est un grand plus pour le pays.

Ils travaillent sur des paquebots 5-étoiles et 5-étoiles plus. Le salaire est au-delà de leurs espérances. Un commis de cuisine gagne entre Rs 6 000 à Rs 7 000 à Maurice alors que sur un bateau, il peut gagner jusqu’à Rs 24 000 », nous dit ce dernier. Hormis le salaire et l’expérience, une personne travaillant sur un bateau peut se voir promue très rapidement, contrairement à la procédure de promotion dans les hôtels de Maurice. « Un commis de cuisine peut se retrouver chef de cuisine très vite », soutient notre interlocuteur.

En ce qui concerne les critères de sélection, selon son agence, le postulant doit être âgé de 21 ans et plus. Il doit avoir au minimum deux ans d’expérience dans le secteur de l’hôtellerie et une qualification de l’École Hôtelière Sir Gaëtan Duval. « Si un jeune veut postuler pour travailler sur un paquebot, il doit envisager une carrière d’une durée de 5 ans au minimum. Il peut renouveler son contrat s’il aime vraiment ce travail », affirme-t-il.

Dewanand Goboodun a lui-même passé treize années de sa vie comme employé de bateau de croisière. Au cours de sa carrière, il a servi à bord du Cunard Line Ltd et a également eu l'honneur de servir la reine Elizabeth et le duc d'Édimbourg, ainsi que des stars comme Rod Steward et Neil Diamond. « J’ai été sommelier, puis chef sommelier. Je travaillais 10 heures par jour, ce, 7 jours sur 7. C’est vrai que nous n’avons pas beaucoup de repos, on arrive à se reposer à chaque fois que le bateau accoste », relate ce dernier.

Chaque candidat est examiné par un médecin de l’agence et celui de l’ICRS est un médecin sud-africain. Ceux souffrant de maladie comme l’Hépatite B & C ne sont pas choisis. Les postulants portant des tatouages ou des piercings visibles sur certaines parties du corps ne sont pas choisis non plus. Selon le directeur de l’ICRS, il y aurait de nouvelles règles qui obligeraient, à partir de 2013, la formation maritime de chaque candidat.

Quand l’État s’y intéresse aussi
Depuis 2011, les jeunes, qui sont intéressés à travailler sur les bateaux de croisière, peuvent bénéficier d’une formation spécialisée dans ce domaine. Le 14 décembre 2010, l’école Hôtelière Sir Gaëtan Duval propose un plan de formation aux jeunes âgés entre 21 ans et 35 ans.

Derrière ce programme se trouvent quatre ministères, soit celui de l’Éducation, du Travail, du Transport maritime et du Tourisme. Ces quatre ministères se sont joints afin de donner plus de chances aux jeunes Mauriciens qui rêvent d’embrasser une carrière dans ce domaine.

Ce programme gratuit propose des formations au niveau de la sécurité des passagers et la restauration. Les cours en restauration sont proposés à l’École Hôtelière alors que les cours en sécurité sont offerts par la Mauritius Maritime Training Academy, à Pointe-aux-Sables, pour une durée de six semaines.

Pour être éligibles pour ce programme, les candidats doivent être âgés entre 21 et 35 ans. Les autres critères de sélection sont : le poids, qui doit être entre 50 à 80 kg, et le fait de parler couramment l’anglais et le français est indispensable. De plus, les candidats devront être en bonne santé physique et de ne porter aucun tatouage visible.
Suite à cette formation, les candidats seront dirigés vers les compagnies de recrutement. C’est le ministère du Travail qui se charge du placement des postulants dans les différentes compagnies de croisière.

Témoignages
Quand l’herbe n’est pas si verte ailleurs…
Gino, 35 ans, garde un mauvais souvenir de son passage sur un bateau de croisière. C’est déçu et démotivé qu’il a mis fin à son contrat de 8 mois avant la fin de ce dernier. « J’ai commencé mes démarches pour un emploi comme commis de cuisine sur un paquebot en 2006. Après deux années de longues procédures, j’ai enfin eu ce que je croyais être la chance de ma vie. J’ai démissionné de mon travail que j’occupais depuis une quinzaine d’années, j’ai vendu ma moto, j’ai mis fin à mon bail pour pouvoir y aller », raconte ce dernier.

C’est aux États-Unis que Gino doit embarquer à bord du bateau. Il prend l’avion de Maurice et passe par Dubaï, fait escale en Europe et, de là, il part pour Seattle. « J’étais seul et je n’avais jamais pris l’avion de ma vie auparavant. Je me suis même égaré à l’aéroport de Dubaï, mais jusqu’ici tout se passait plus ou moins bien. Mais, une fois sur le navire, rien n’était comme prévu. Je n’ai rien reçu de tout ce qu’on m’avait promis à Maurice.

On m’avait dit que je ne travaillerais que 10 heures par jour, mais je me suis retrouvé à travailler jusqu’à 15 heures par jour sans repos pour le même salaire. J’étais très fatigué et le fait que j’étais loin de ma famille n’arrangeait pas les choses. J’ai mis fin à mon contrat trois mois seulement après mon embarcation », se souvient Gino.

Même s’il a fait beaucoup de sacrifices pour pouvoir partir, Gino dit ne pas regretter d’être revenu. « Etre avec ma famille est ce qu’il y a de plus important », dit-il.

Comme Gino, bon nombre de Mauriciens se heurtent à bien des difficultés une fois à bord, alors qu’ils voyaient en ce travail une aventure à ne pas rater. En 2010, un habitant de Plaine-Magnien, Satianand Buddaru, employé à l’époque de la Royal Caribbean Cruise, se jette par-dessus bord du navire « Explorer of The Sea » au large des côtes américaines. Il était alors âgé de 26 ans et travaillait comme barman.

Après son décès, les spéculations allaient bon train. Si certains disaient que c’est à cause d’une affaire de cœur qu’il a mis fin à ses jours, d’autres en revanche pointaient du doigt les conditions difficiles dans lesquelles travaillent les employés des navires. Ce qui a attisé encore plus la rumeur est le fait qu’en moins d’une année, deux autres membres de l’équipage de la Royal Caribbean Cruise se sont aussi jetés par-dessus bord volontairement.

Nasreen, loin de son amour
Nasreen est une jeune mère de famille dont l’époux travaille depuis novembre 2011 sur un paquebot. « Il travaille comme serveur. J’ai une fille de 3 ans et je dois admettre que la vie sans mon époux est très difficile. Je dois tout gérer toute seule. Il m’envoie de l’argent tous les mois, mais c’est sa présence qui me manque le plus. Ma fille le cherche de temps en temps », nous dit-elle d’une voix brisée.

Même s’ils sont loin l’un de l’autre, l’amour et l’affection qu’ils se portent grandissent de jour en jour. « Il m’appelle tous les jours quand il n’est pas là. En juin, il est revenu, car il était en vacances. Nous avons passé deux mois formidables ensemble, nous sommes allés au restaurant, nous sommes restés collés l’un à l’autre et en septembre il est reparti », pleure encore Nasreen.

Si cette dernière admet que ce travail est une aubaine financièrement, elle a hâte que son époux arrête définitivement cette activité. « Nous avons beaucoup de projets d’avenir ensemble et, dans quelque temps, il rentrera à la maison pour toujours », espère-t-elle.






Melanie Duval

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